- Loi De 1948
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Loi de 1948
La loi dite de 1948 (loi n° 48-1360 du 1 septembre 1948 portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement) est une célèbre loi française, qui a très durablement façonné le marché immobilier français.
Sommaire
Avant 1948
Les loyers sont bloqués ou contrôlés depuis 1914, et, par comparaison avec l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui n'ont pas appliqué ce blocage, la construction de logements nouveaux a été particulièrement anémique après la guerre. Les investisseurs n'ont pas intérêt à construire, et, quand ils le font, c'est pour une qualité en proportion des loyers qu'ils pourront percevoir (donc, basse) ; cette faible qualité n'est pas un obstacle à la location, du fait de la pénurie générale. S'y sont rajoutés les destructions de guerre, et l'accroissement considérable de la demande du fait des bouleversement sociologique de l'époque (exode rural, etc.).
La loi de 1948
La Loi portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement fut votée le 1er septembre 1948.
Elle représentait un compromis : globalement, on touchait peu aux conditions régissant les logements existant (toujours bloqués) en revanche on instaurait la liberté des loyers pour les logements neufs ou complètement rénovés.
Dans le détail, il y avait des conditions de localisation[1], de vétusté, confort, etc. Sous ces conditions, les locataires bénéficiaient de loyers stables et d'un droit absolu au maintien dans les lieux.
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Effet de la loi de 1948
En dépit des espoirs, la loi ne résolut pas les problèmes de logement (avant 1973, c'était trouver un logement - et non trouver un travail - qui était difficile). Son résultat fut un maintien de la pénurie, motivant de nouvelles politiques coûteuses (notamment par le mécanisme de l'exonération fiscale) pour contrebalancer la démotivation des investisseurs.
Pour les investisseurs privés, l'essentiel du marché restait constitué de logements règlementés, ce qui biaisait négativement leur perception et réduisait leur capital disponible. Le coût des constructions nouvelles imposait des loyers considérablement plus élevés que dans le parc locatif général, compliquant la commercialisation. Il était bien prévu un rattrapage progressif des loyers soumis à la loi, mais, dans les faits, les gouvernement successifs n'ont pas pris le risque politique de mécontenter les nombreux locataires et l'écart se maintint.
Faire sortir un immeuble de la loi de 1948 était même devenu quasiment un métier, compliqué mais rémunérateur (grâce à l'écart entre la valeur d'achat, réduite par cette loi, et la valeur de revente possible, sur le marché normal), en profitant des conditions données par la loi et au fur et à mesure des libérations (souvent suite à un décès). Le parc des logements « loi de 1948 » s'est progressivement réduit, notamment sous l'effet de la loi de 1986 qui visaient expressément à mettre fin à ce régime, en interdisant toute relocation sous son empire.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
- Contrôle des loyers
- Domicile (l'art. 5 de la loi de 1948 invente la notion d'« abandon de domicile » pour ce qui est du maintien des personnes dans les locaux)
- 5-7, rue Corbeau
- Histoire des luttes pour le logement (France)
- Crise du logement
- Spéculation immobilière
- Glossaire de l'immobilier
Liens externes
- La loi sur Légifrance.
- Les articles de loi immobilier sur Alliance-Habitat.
- étude de Vincent Bénard pour l'Institut Turgot.
- Portail du droit français
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