Calandre

Calandre

Caladrius

Le caladrius détourne la tête si le malade est destiné à mourir. Illustration du XIIIe siècle.

Le caladrius, calandre ou caladre est un oiseau légendaire et fabuleux du Moyen Âge, très présent dans les bestiaires où il est décrit comme ayant la taille d'un corbeau ou d'un héron et possédant de grands pouvoirs de guérison. Ainsi, selon la légende, tout malade que le caladrius fixait dans les yeux était destiné à vivre, tandis que ceux dont il détournait le regard étaient condamnés à mourir. Symboliquement, le caladrius représente le Christ, la pureté et la Vierge, son pouvoir guérisseur dépendant également de la croyance que l'on a en lui.

Sommaire

Étymologie

Cette créature aurait été nommée « albinos » par les anciens, car il n'a aucune couleur sur les ailes, le bec et la queue[1]. De nombreux synonymes et variations orthographiques existent pour cet oiseau imaginaire : caladres, caladrio, calandre, calandrius, calatrius, caradrius, charadrius, kaladrius ou encore kalandria[2]. Les mots « calandre » et « calandrelle » désignent à présent une espèce d'alouette[3].

Description

Il était perçu comme doté d'une tête d'aigle, d'un long cou et de la queue d'un serpent, et paré d'un beau plumage d'un blanc immaculé. Sa taille avoisinerait celle du héron[3] ou du corbeau[1]. La caladrius est plutôt solitaire et raffiné[1] et est considéré comme un oiseau nocturne qui niche dans les rochers[4]. Son chant est considéré comme agréable dans le roman d'Auberi[5].

En réalité, le caladrius pourrait être inspiré d'un oiseau de rivière, ou peut-être d'une Bergeronnette grise, dont les marques du visage forment un crâne, ce qui aurait pu impressionner les peuples du Moyen Âge[6].

Facultés

Le caladrius est capable de soigner les malades.

On disait le caladrius capable de guérir les gens des maladies incurables, faculté qui en aurait fait l'oiseau favori de la cour des rois. Le caladris était réputé venir se poser auprès des malades, s'il tournait la tête, la personne en question était destinée à mourir. Pour guérir un mourant, il fixait le malade, lui prenait ainsi sa maladie et volait ensuite vers le soleil pour la brûler. Les caladrius étaient élevés dans les palais royaux pour annoncer, principalement, la mort des suzerains[1]. Cette faculté le préservait de tout commerce : les éventuels acheteurs n'approchaient que par curiosité, pour savoir si l'oiseau allait détourner sa tête d'eux, puis rentraient s'enfermer chez eux[6].

Son pouvoir de guérison varie selon les sources : il peut guérir uniquement la jaunisse selon Élien le sophiste en regardant dans les yeux le malade, pour d'autres, le caladrius utilise la moelle de sa cuisse pour sauver les malades[4]. Sa fiente guérit la cécité[7].

Le caladrius ne doit pas être tué, ni mangé[2], car c'est un animal sacré selon le Deutéronome[3].

Symbolique

La faculté de prendre sur lui les maux des hommes pour les guérir a fait du caladrius un symbole du Christ qui endosse le poids des pêchés des hommes[1]. Le fait que l'oiseau ne puisse guérir que ceux qu'il regarde signifie que son don de guérisseur dépend de la croyance que l'on avait en lui[1]. Il est également symbole de pureté et dans le Rosarius, écrit anonyme, est identifié à la Vierge[3]. Ponce de Léon utilise le caladrius pour parler de la préscience divine, la prédestination et la grâce[4].

Mentions

Le caladrius est cité par de nombreux auteurs tels que Philippe de Thaon, Guillaume Le Clerc de Normandie[3], Plutarque, Élien le sophiste, Honoré d'Autun, Hugues de Fouilloy, Alexandre Neckam et dans le Souda[2]. Le caladrius est également cité dans les romans médiévaux[5]. Le bestiaire de Pierre de Beauvais offre une description détaillée du caladrius, appelé ici caladre :

« Si un homme est frappé d'une maladie, on peut savoir grâce au caladre s'il vivra ou mourra. Si la maladie de cet homme est mortelle, aussitôt que le caladre le voit, il détourne les yeux du malade, et l'on sait dès lors que celui-ci mourra. Et si la maladie n'est pas parmi les mortelles, le caladre regarde le malade et il rassemble en lui même toutes les infirmités de celui-ci, puis il s'envole dans les airs en direction du soleil, et là il brûle toutes les infirmités du malade et les disperse, et c'est ainsi que le malade est guéri. »

— Pierre de Beauvais, Bestiaire

Le Bestiaire divin de Guillaume Le Clerc de Normandie aborde également une description du caladrius, appelé caladre ou chaladre[4] : « C'est un oiseau blanc comme la neige, que l'on trouve au pays de Jérusalem. On l'apporte devant les malades : ceux vers lesquels ils se tournent doivent guérir, car il attire vers lui tout le mal ; ceux au contraire dont il s'écarte mourront certainement. »

Héraldique

Le caladrius est également présent sur des armoiries. Il fait par exemple l'objet d'un cimier de l'armorie de Keith William James[8].

Notes et références

  1. a , b , c , d , e  et f Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Éditions le pré aux clercs, Paris, 14 septembre 2007, 435 p. (ISBN 978-2842283216), p. 270 
  2. a , b  et c (en) David Badke, « Caladrius » sur http://www.bestiary.ca/, Medieval Bestiary. Consulté le 2 septembre 2009
  3. a , b , c , d  et e (fr) Josy Marty-Dufaut, Les animaux du Moyen Âge réels et mythiques, Autres temps, 2005 (ISBN 2845211651) 
  4. a , b , c  et d (fr) Guillaume Le Clerc de Normandie, Le Bestiaire divin 
  5. a  et b (fr) Richard de Fournival, Le bestiaire d'amour: suivi de La réponse de la dame 
  6. a  et b (en) Caladrius sur http://www.eaudrey.com/myth/index.html
  7. (fr) Claude Laurent, « Caladrius » sur http://pages.infinit.net/celte/, 2002, Chateaux celtes et chimères. Consulté le 3 septembre 2009
  8. (fr) Keith William James sur http://www.gg.ca/. Consulté le 3 septembre 2009

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

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