- Analogisme
-
L'analogisme est une des quatre ontologies, avec l'animisme, le totémisme et le naturalisme, définies par Philippe Descola dans le livre Par-delà nature et culture[1]. L'auteur prend comme critère les intériorités et les physicalités, soit en ressemblance soit en différence[2]. Dans l'analogisme, il y a « différence des intériorités » et « différence des physicalités ».
Sommaire
Différence des intériorités
Selon l'analogisme, les non-humains n'ont pas une intériorité identique à celle des humains, en termes de subjectivité, conscience, communication, conscience de soi, mémoire, intentionnalité, sentiment.
Différence des physicalités
Les non-humains n'ont pas la même physicalité que les humains, non seulement en termes de corps, mais encore en termes de mode d'existence, d'usages, d'habitat, de régime alimentaire, de mode de reproduction.
Caractéristiques de l'analogisme
Le concept-clef est celui de « chaîne des êtres » : le monde serait composé « d'un nombre immense de liens se déployant en ordre hiérarchique depuis les sortes d'existants les plus humbles, à peine détachées de la non-existence, en passant par toutes les gradations possibles jusqu'à l'ens perfectissimum, chacune de ces sortes d'existants se distinguant de celle qui lui est immédiatement supérieure et immédiatement inférieure par le plus petit degré possible de différence » (Arthur Lovejoy). « Le sacrifice est présent dans les régions où dominent les ontologies analogiques », du fait que la forte différenciation à la fois physique ET psychique favorise une distanciation des autres formes de vie, de l'autre en général.
Les régions où domine l'analogisme sont l'Inde brahmanique, l'Afrique de l'Ouest, la Chine ancienne, la zone andine, le Mexique précolombien[3].
Notes et références
- Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005
- Descola 2005, p. 176
- Descola 2005, p. 317
Wikimedia Foundation. 2010.