Nukhbat al-Fikr

Nukhbat al-Fikr

Nomenclature du sujet

Cet article relate les principaux points sur les meilleures réflexions choisies [avis, pensées, analyses, thinking] des spécialistes de hadith par rapport à la classification des hadiths (نخبة الفكر, Noukhbat al-Fikr), en Français. Le livre original a été écrit par Ibn Hajar Asqalani.

Catégories du nombre de rapporteurs à chaque étape de la chaîne de transmission du hadith[1] (إسناد ,isnad) par rapport aux hadiths et à l'information sur les hadiths (الخبر, al-khabar) :

1. Sans un nombre spécifique de rapporteurs [2]
2. Plus que deux voies [2]
3. Deux voies [2]
4. Une voie [2]

  • Le Premier signifie qu'il y a un très grand nombre de personnes qui a transmis le hadith (المتوتر, mutawatir), et communique un savoir sûr (علم اليقين, 'ilm al-yaqin) quand sa condition est remplie[2];
  • Le second est un hadith rapporté qui est bien connu et célèbre (مشهور, mashhur) et il est aussi nommé comme un hadith « bien transmis, bien diffusé » (المستفيض, mustafid) selon quelque opinion[2];
  • Le troisième est un hadith rapporté qui est rare, mais fort (العزيز, ‘aziz). Ce n'est pas la condition [minimale] pour l'authenticité du hadith, contrairement à quiconque le prétend[2]. À n'importe quelle étape de la chaîne de transmission, il y a seulement deux rapporteurs du hadith en question[1];
  • Le quatrième est un hadith rapporté qui est étrange (الغريب, gharib)[2]. À un certain moment de la chaîne de transmission, seulement un rapporteur relate le hadith[1].

Toutes ces catégories sur le nombre des rapporteurs de hadith, sauf la première (mutawatir), sont appelées isolées (أحد, ahad), c'est-à-dire qui est relaté par un nombre important de personnes mais dont le nombre n'atteint pas celui du mutawatir[3]. Ces dernières (ahad) incluent les hadiths acceptés et les hadiths rejetés, puisque le fait de les utiliser comme évidence dépend des vérifications effectuées sur le statut des rapporteurs, contrairement à la première catégorie (mutawatir)[2]. Par-contre, ils peuvent contenir quelque chose qui évoque un savoir inductif [savoir qui va du particulier au général [4], savoir théorique] (علم النظر, 'ilm nadhari) avec des indicateurs extérieurs, selon quelque opinion préféré des savants, préféré à un autre[5].

Pour le hadith étrange [singulier, inhabituel] (الغرابة, gharaba), sa singuliarité peut se trouver :

1. Au début de la chaîne de transmission du hadith (السند, sanad)[6];
2. Ou elle n'est pas au début[6].

  • Le premier est un hadith rapporté de manière entièrement unique, qui revient de la singularité absolue (فرد المطلق, fard mutlaq) [par exemple : un seul narrateur pour un hadith, un seul compilateur/narrateur pour un hadith,des narrations venant d'une seul localité][6];
  • Le second est un hadith rapporté de manière relativement unique (فرد النسب, fard nisbi), c'est-à-dire qu'il a été rapporté par plus d'un compagnon, mais il y a un endroit dans la chaîne de transmission ou il n'y a qu'une personne qui le rapporte[7]. Il est rare que le terme 'unique' (fard) est utilisé pour celui-ci sans qualification, car le terme 'gharib' est davantage utilisé par les savants pour fard nisbi, alors que le terme 'fard' est davantage utilisé par les savants pour fard mutlaq[7][6].

-[Significations correctes, acceptation, caractères correctes] de la véracité [de l'authenticité] (الصحيح لذاتة, sahih li dhatih) d'un hadith et de ses transmetteurs (ruwwat, روات)

Les hadith isolés (ahad) sont transmis soit par :

1. Un juste, une personne dans la droiture (عدل, 'adil)[8];
2. Une personne qui est tout à fait juste (تام الضبط, tamm ad-dabt) [8];
3. Avec une chaîne continue (sanad)[8];
4. Qui n'est pas déficient (معلل, mu'alal)[8];
5. Et qui ne comporte pas d'anomalie, d'irrégularité (شاذ, shadhdh), condition en elle-même du hadith qui le rend véridique. Son classement se fait en fonction des variations dans ces conditions. Donc, le sahih d'al-Bukhari est la première source véridique, puis s'en suit avec le sahih Muslim, et les sources qui regroupent leurs critères (شرطهما, shartahuma)[8].

-[Significations correctes, acceptation, caractères correctes] d'un hadith bon [juste] (الحسن لذاتة, hassan li dhatih) d'un hadith et de ses transmetteurs (ruwwat, روات)

Si l'exactitude du hadith diminue, alors on utilise la condition en elle-même du hadith qui le rend bon, juste. Il est considéré bon quand il comporte plusieurs voies, ou rapporteurs. Si la classification d'un hadith est composite [ex : un hadith bon/ authentique ou hasan sahih], cela s'explique par une indécision concernant les rapporteurs quand ce qu'il rapporte est unique [que ce soit bon ou authentique]; sans quoi ce doit être fait en examinant les deux chaînes [celle qui est bonne et celle qui est authentique][8].

-Des additions provenant de narrateurs fiables

Une addition venant d'un narrateur de chacun de ces deux types de chaîne [bon/authentique] est accepté, tant que ces additions ne contredisent pas [ce qu'a rapporté] une autre personne qui est plus digne de confiance[9].

  • Si l'addition est contraire à quelque chose qui est supérieur [plus probable] (أرجح, arjah), le plus fort et le plus convaincant [ce qu'on retient] est ce qui est rapporté comme bien conservé (المحفوظ, mahfudh), et son opposé est ce qui est rapporté comme étrange, irrégulier (shadhdh)[9];
  • Si, en plus d'être contraire à quelque chose qui est plus probable, l'addition est jugée faible (الضعف, da'if) le plus fort et le plus convaincant [ce qu'on retient] est ce qui est rapporté comme bien reconnu (المعروف, ma‘ruf), et son opposé est ce qui est rapporté, mais qui est nié (المنكر, munkar)[9].

Quand ce qui est rapporté est en accord avec un hadith relativement unique (fard nisbi) il est appelé chaîne corroborante [qui confirme ou authentifie] (المتابع, mutabi'). Si le contenu d'un hadith (متن, matn) semble le ressembler, alors ce qui est rapporté est un ~témoignage [witness-report] (الشاهد, shahid). Le fait de vérifier, d'examiner les voies d'une transmission pour ces derniers est appelé une évaluation [considération] (الاعتبار, i'tibar)[9].

-Contradictions et objections
Ce qui est accepté (المقبول, maqbul)

  • S'il n'y a aucune contradiction ou objection (المعارضة, mu‘araḥa), alors il est décisif [concluant, précis](المحكم, muḥkam)[9];

S'il est contredit par une autre chose égale à lui [dans son authenticité, sa justesse]:

  • Si une conciliation, une concordance (الجمع, jam') est possible, on le nomme comme conciliable (مختلف الحديث, mukhtalif al-hadith)[9].
  • Si ce n'est pas possible et un autre fait antérieur est formellement établi (ثبت, thabit), alors l'un d'eux est quelque chose de rapporté qui est abrogeant (الناسخ, nasikh) et l'autre est quelque chose de rapporté qui est abrogé (المنسوخ, mansukh)[9];
  • Si ce n'est pas le cas, la supériorité est recherchée et favorisée (الترجيح, tarjiḥ)[9];
  • Si aucun est confirmé ou nié (التوقف, tawaqquf)[9].

-Les hadiths rejetés et ses divisions
Ce qui est rapporté est rejeté à cause de :

1. Lacunes (السقط, saqt)[10]
2. Médisances, calomnies (طعن, ta'n)[10]

Lacunes :

Les lacunes sont soit :
1. Au début de la chaîne (sanad) du côté du compilateur[10];
2. À la fin de la chaîne après les Successeurs (التابعى, tabi'i)[10];
3. Ou ailleurs[10].

  • Le premier [cas] est quelque chose qui est rapporté qui se définit comme suspendu (المعلق, mu'allaq)[10];
  • Le deuxième définit ce qui est rapporté comme insensé, non utilisé (المرسل, mursal)[10];
  • Le troisième:

o Si la lacune consiste en deux ou davantage de narrateurs de manière consécutive, alors ce qui a été rapporté est problématique, défaillant (المعضل, mu'dal)[10];
o Si ce n'est pas le cas, alors c'est une chaîne de rapporteurs brisée (المنقطع, munqati')[10].

Les lacunes peuvent être:
1. Évidentes[10];
2. Ou cachées[10].

  • Le premier point peut être reconnu par un manque de rencontre [entre des rapporteurs interconnectés]. Donc là se trouve le besoin d'une biographie de ces rapporteurs[10].
  • Le second concerne ce qui est rapporté et qui est définit par un trucage (المدلس, mudallas), relatif avec une expression qui implique des rencontres possibles, comme par exemple : « D'un tel et un tel... », « Il a dit… », (عن قال, 'an, qala). De plus, ce qui est rapporté comme insensé subtil [hadith narré d'un contemporain que le rapporteur n'a pas rencontré ou n'a pas rencontré en tant que narrateur, comme un Compagnon du Prophète salla Allahu 'alayhi wa salam qui était bébé, ex : Musa ibn Talha] (مرسل الخفي, mursal khafi)[11].

Médisances, calomnies :

Elles sont causées par l'une d'elles :
1. Le narrateur ment[12];
2. Une accusation de mensonge[12];
3. Le fait de faire des grandes erreurs[12];
4. Le fait d'être irréfléchi, insouciant (غفلته, ghafla)[12];
5. Une personne débauchée, un pervers, une personne moralement corrompue (فسقه, fasiq)[12];
6. Une personne qui délire (وهمه, wahm)[12];
7. Une personne contredisant les autres (مخالفته, mukhalafa)[12];
8. Le fait d'être inconnu (جهالته, jahala)[12];
9. Le fait d'être un innovateur[12];
10. Le fait d'être oublieux, de perdre la mémoire de manière chronique[12];

  • Le premier définit ce qui est rapporté comme fabriqué, forgé (الموضوع, mawdu')[12];
  • Le second définit ce qui est rapporté comme rejeté, abandonné (المتروك, matruk)[12];
  • Le troisème définit ce qui est rapporté comme réprouvé, nié (munkar) selon un opinion, comme le sont les quatrièmes et cinquièmes points[12];
  • Quand le délire, la « folie » (wahm) est découverte à travers des indications extérieures (القرائن, qara’in) et dans le regroupement des voies de transmission du hadithand, alors ce qui est rapporté est définit comme déficient (mu‘allal)[12];
  • À propos du fait de contredire les autres (mukhalafa), si cela résulte de :

o Changer la formulation dans la chaîne, ceci se définit par ce qui est rapporté comme interpolé, interrompu (مدرج الإسناد, mudraj al-isnad)[13];
o Rassembler ce qui a été rapporté par un compagnon, mais qui est suspendu (mawquf) avec ce qui a été rapporté et défini comme élevé, un récit prophétique(المرفوع, marfu') alors ce qui a été rapporté du contenu est définit comme interpolé, interrompu (مدرج المتن, mudraj al-matn)[13];
o Ou une transposition, ce qui a été rapporté est défini comme à l'envers, en sens inversé (المقلوب, maqlub)[13];
o Ou le fait d'insérer un narrateur, alors ce qui est rapporté est une insertion dans une chaîne de transmission déjà connectée à une chaîne the insertion (المزيد في متصل الأسانيد, mazid fi muttasil al-asanid)[13];
o Ou en remplaçant un narrateur par un autre [sans faire de prépondérance d'une chaîne sur une autre], alors ce qui est rapporté se définit comme inconsistant, incohérant (المضطرب, mudtarib). Les substitutions ou les remplacements peuvent arriver de manière intentionnelle pour mettre à l'épreuve, pour tester[13];
o Ou en alternant les points ou les voyelles quand l'orthographe demeure pareil, alors ce qui a été rapporté se définit comme déformé, perturbé, biaisé, par le changement des points [de la ponctuation] (المصحف, musahaf) et celui qui se définit comme déformé, perturbé, biaisé, par le changement des voyelles (المحرف, muharaf)[13];

  • Il n'est pas permis d'altérer le contenu (matn) d'un hadith de manière intentionnelle, par des omissions ou des paraphrases, sauf pour quelqu'un qui sait ce que ces changements signifient[13] [et qui recherche, par là, la vérité];
  • Si la signification est obscure et vague, l'explication des mots inhabituels et le fait de clarifier la problématique sont exigés[13];
  • Les causes pour lesquelles un narrateur est inconnu (jahala) sont :

o Le narrateur peut avoir plusieurs noms et il est mentionné avec un nom qui n'est pas bien connu, pour une certaine raison. À propos de cela, il y a eu une compilation qui les clarifient (الموصح, al-musiḥ)[13];
o Le narrateur a seulement quelques [narrations] et ne sont pas fréquemment citées de lui. À propos de cela, certains ont compilé ce qui a été rapporté par un narrateur seul (الوحدان, al-wuhdan)[13];
o Ou alors son nom n'a pas été nommé pour cause de brièveté. À propos de cela [ont été compilés] les mentions anonymes (المبهمات, mubhamat)[13];
o Le narrateur anonyme (المبحم, mubham) n'est pas accepté, même s'il est mentionné de manière anonyme avec une notation [un échelonnement approbateur ou une correction] (التعديل, ta'dil), selon l'opinion la plus juste[13];
• Si un narrateur est nommé :
- Si une personne seulement a relaté quelque chose de lui, alors il est un rapporteur qui n'est pas identifiable (مجهول العين, majhul al-'ayn)[13].
-Si deux ou davantage de personnes rapportent du narrateur et il n'est pas [explicitement] déclaré digne de confiance, alors il est un rapporteur de statut inconnu (مجهول الحال, majhul al-hal) et c'est un rapporteur couvert, déguisé (المستور, mastur)[13].

  • Il y a deux sortes d'innovations :

1. Ce qui est équivalent à l'apostasie[13];
2. Ce qui est équivalent ou mène à la corruption morale[13].
La première : La vaste majorité n'accepte aucun narrateur ainsi décrit[13].
La seconde : Quelqu'un qui n'invite pas les gens à cela est accepté selon les plus justes opinions, sauf s'il rapporte quelque chose qui supporte son innovation : dans ce cas, il est rejeté selon l'opinion préférée. C'est ce que le shaykh de an-Nasa'i, al-Juzajani, a dit[13].

  • Et une mémoire faible:

o Si elle est chronique, alors ce qui a été rapporté est étrange, irrégulier (shadhdh) selon un opinion ou si c'est occasionnel, alors ce qui a été rapporté est défini comme désordonné (المختلط, mukhtalat)[13];
o Quand un rapporteur oublieux, ou quelqu'un qui perd la mémoire de manière chronique est corroboré par un rapporteur digne de considération, le rapporteur couvert, déguisé (mastur), le rapporteur d'un hadith insensé, inutilisé (المرسل, mursil), et de même le rapporteur d'un hadith camouflé, truqué (المدلس, mudallis), leurs hadiths deviennent bon (hassan), pas en eux-mêmes, mais dans leur ensemble (لا لذاته بل بالمجموع, la li-dhatihi bal bil–majmu‘)[13].

À qui ce qui a été rapporté est attribué :

La chaine de transmission (isnad) explicitement ou implicitement se rend jusqu'à :
1. Le Prophète salla Allahu 'alayhi wa salam : consiste en ses déclarations, ou ses actions, ou ses approbations silencieuses[14];
2. Un Compagnon. C'est quiconque a rencontré le Prophète salla Allahu 'alayhi wa salam en croyant en lui et qui est mort en tant que Musulman, même si [son Islam] a été interrompu par son apostasie, selon la plus forte opinion[14];
3. ou un Successeur, quiconque a rencontré un des Compagnons[14].

  • Le premier est ce qui est rapporté et défini par élevé, un récit prophétique (marfu')[14];
  • Le second est ce qui est rapporté par les Compagnons et défini comme suspendu (mawquf)[14];
  • Le troisième est ce qui est rapporté par les Successeurs et défini comme coupé (المقطوع, maqḥu‘). C'est le même cas pour quiconque venant juste après les Successeurs[14];
  • Les deux derniers ne sont pas des récits prophétiques (الأثر, athar)[14].

Comment ce qui est rapporté par quelqu'un lui est attribué :

Ce qui est rapporté et défini par fondé, supporté (المسند, musnad) est quelque chose qu'un Compagnon a rapporté et qui remonte jusqu'au Prophète salla Allahu 'alayhi wa salam avec une chaîne dont l'aspect extérieur semble connecté. Si son nombre [de narrateurs dans la chaîne] sont parfois peu, soit il termine avec[15] :

1. Le Prophète salla Allahu 'alayhi wa salam[15];
2. Ou un imam avec une description distinguée ou éminente, comme Shu'ba[15].

  • Le premier est une révélation absolue, irréfutable (علو لمطلق, 'uluw mutlaq)[15];
  • The second is élévation relative (علو النسبي, 'uluw nisbi)[15]. Il inclut :

o Des chaînes de transmission concurentielles (الموافقة, muwafaqa) qui arrivent au shaykh d'un des compilateurs sans utiliser la voie du compilateur[15];
o Des chaînes de transmission convergentes (البدل, badal) qui arrivent au shaykh du shaykh de la même manière[15];
o Parité/égalité (المساواة, musawat) qui concerne le nombre de narrateurs-liens dans la chaîne, du narrateur à la fin et qui égale [la longueur] des chaînes d'un des compilateurs[15];
o Et ceux qui sont définis par « poignée de main » (المصافحة, musafaha) qui sont égales à une chaîne d'un étudiant d'un compilateur[15].

Descente (النزول, nuzul) correspond à élévation (علو, 'uluw) dans toutes ses catégories[15].
Si le narrateur a le même âge que la personne qui fait la narration de lui et ils se rencontrent, alors c'est une narration de personnes de même génération, de « pairs » (الأقران, aqran)[15].
Si chacun d'entre eux a rapporté de chacun d'eux alors c'est une narration réciproque (المدبج, mudabbaj)[15].
S'il rapporte quelque chose d'une personne « inférieure » [en âge, élève/professeur ou par la connaissance] à une autre, alors c'est une narration d'aîné à cadet [senior à junior] (الأكابر عن الآصاغر, akabir 'an aḥaghir). Cela inclut: des narrations de pères à enfants (الآباء عن الأبناء, al-aba 'an al-abna); ses oppositions sont fréquentes . Cela inclut les narrations du fils au père ou grand-père (عن أبيه عن جده, 'an abihi 'an jaddihi)[15].
Si les deux ont le même shaykh et que l'un d'entre eux meurt, alors c'est une narration de prédédesseur-successeur (سابق و اللاحق, sabiq wa-laḥiq)[15].
Si il rapporte quelque chose de deux shaykhs qui ont les mêmes noms et qu'ils ne peuvent être différenciés, alors le fait qu'il soit spécialisé dans les narrations de l'un d'entre eux est un signe que l'autre n'est pas concerné[15].

S'il n'admet pas ou nie ce qui est rapporté de lui :

  • Catégoriquement, ce qu'il a rapporté est rejeté[15];
  • Ou possiblement, alors il est accepté selon la plus juste opinion[15].

Concernant cela, il y a aussi le genre de ceux qui ont rapporté un hadith et qui ont oublié (من حدث ونسي, man haddatha wa nasiya)[15].

Si les narrateurs sont conformes, respectent, s'adaptent dans la formulation utilisé pour la transmission ou pour d'autres manières, alors c'est une narration « modèle-type » (المسلسل, musalsal)[15].

Les formes de transmission [d'un hadith]
Les formes de transmission sont :
1. « سمعت, Sami'tu » (J'ai entendu)[16];
2. Et « حدثنى, haddathani » (Il m'a racontré, narré)[16];
3. Puis « أخبرني, akhbarani » (Il m'a rapporté)[16];
4. Et « قرأت عليه, qaratu 'alayhi » (J'ai récité devant lui)[16];
5. Puis « قرىء عليه وأنا أسمع, quria 'alayhi wa–ana asma'u » (Il a récité devant moi quand j'ai entendu)[16];
6. Puis « أنبأني, anbaani » (Il m'a informé)[17];
7. Puis « ناولنى, nawalani » (Il a mis dans mes mains)[17];
8. Puis «  شافهنى, shafahani » (Il m'a dit de manière orale)[17];
9. Puis « كتب إلىّ, kataba ilayya » (Il m'a écrit)[17];
10. Puis « De [quelqu'un] » (عن, an) et des semblables[17];

  • Les deux premiers sont pour quelqu'un qui a entendu le shaykh mot pour mot et seul à seul. S'il y avait plusieurs personnes alors [il a entendu] ce que le shaykh a dit avec les autres. Le premier est le plus clair, le plus précis et le mieux placé dans la dictation de hadith[17].
  • Le troisième et le quatrième sont pour quelqu'un qui récite [au shaykh] quand ils sont seuls tous les deux. S'il y a plusieurs personnes lors de la récitation, alors c'est le cinquième point[17].
  • Le fait d'informer [le sixième point] est synonyme avec le fait de rapporter [le troisième]. Par-contre, dans les coutumes de ces générations, il est de l'ordre de l'autorisation (اللإجازة, ijaza), comme ('an) de quelqu'un[17];
  • La terminologie de la transmission indécise [عنعنه, 'an'ana, c'est-à-dire « d'un tel et un tel, puis d'un tel et un tel »] des comtemporains est comprise comme étant d'une écoute directe sauf s'il en est du rapporteur camouflé, truqué (mudallis). Une condition dite est celle où il y a eu preuve d'une rencontre entre lesdits contemporains, même si c'est arrivé qu'une seule fois; c'est l'opinion favorisé (المختار, mukhtar)[17];
  • (المشافهة, mushafaha) est utilisé pour une autorisation orale et (المكاتبة, mukataba) pour une autorisation écrite [pour les shaykh d'autrefois][17];
  • À propos de l'authenticité d'un texte repris avec permission, ou transmis (المناولة, munawala), il a été stipulé que ce texte soit accompagné d'une permission à citer; c'est le plus important type d'autorisation (ijaza)[17].
  • Il a aussi été stipulé qu'une permission est demandée pour quelque chose qui a été rapporté et trouvé (الوجادة, wijada, c'est-à-dire « quelque chose trouvé dans un livre »), de même pour un livre légué (وصية بالكتاب, wasiyya bi-l-kitab), et dans un avis publique d'un shaykh où il en narre quelque chose (الإعلام, i‘lam), autrement, il n'y aurait pas de conséquences; comme une autorisation qui est universelle ou de quelqu'un inconnu [de nous], ou de quelqu'un inexistant, selon la plus juste opinion concernant cela[17].

Noms des narrateurs
Si les noms des narrateurs et les noms de leurs pères sont pareils, même s'ils sont des individus différents, alors c'est le cas du narrateur avec un même nom mais une identité différente (متفق والمفترق, muttafiq wa muftariq)[18].
Si les noms sont les mêmes en écriture mais sont différents dans la prononciation, alors c'est le cas de l'homographique [Mot qui a la même orthographe qu'un autre] et de l'hétérophonique [Le son est différent] (معطلف و مخطلف, mu'talif wa mukhtalif)[18].
Si les noms sont les mêmes, mais sont différents pour leurs pères, ou le contraire, ce sont des narrateurs d'un nom pareil, mais de pères ou fils différents (المتشابه, mutashabih), et de même si la similarité se produisait dans le nom et le nom du père quand il y a une différence dans l'affiliation, les liens familiaux (النسبة, nisba)[18].

Celui-ci et celui qui précède peuvent former des combinaisons variées, incluant:* Une similarité ou une différence se produisant, sauf dans une ou deux lettres[18];

  • Ou une transposition[18];
  • Ou quelque chose de similaire[18].

Conclusion
Il est aussi important de savoir:
1. Le « nombre » simultané, les degrés (طبقات, tabaqat) des narrateurs[19];
2. Leurs dates de naissance et de mort[19];
3. Leurs pays et leurs régions[19];
4. Et leurs conditions : approbations (ta'dil), discréditations (الجرح, jarḥ), et le fait d'être inconnu (jahala)[19].

Les catégories de discréditation (jarh) sont [du pire au moins pire] :
1. Le fait d'être décrit avec le superlatif (أفعل, af'al), c'est-à-dire « le plus grand des menteurs » (أكذب الناس, akdhab an-nas)[19];
2. D'être décrit comme « imposteur », « fabricateur », « menteur » (دجال, dajjal), (وضاع, wada'), (كذاب, kadhab)[19];
3. Le moins pire est « malléable », « oublieux, négligeant », et « il laisse quelque chose pour être désiré » (لين, layyin), (سئ الحفظ, sayyii al-hifdh), et (فيه مقال, fihi maqal)[19].

Et les catégories de l'approbation (ta‘dil) sont [du plus important au moins important] :
1. Le fait d'être décrit avec le superlatif (af'al), c'est-à dire « le plus fiable des gens » (أوثق الناس, awthaq an-nas)[19];
2. Accentué avec un attribut ou deux, c'est-à-dire « fiable et digne de confiance », « fiable et bon mémorisateur » (ثقة ثقة, thiqa thiqa) ou (ثقة حافظ, thiqa hafidh)[19];
3. Quelque chose qui suggère une proximité à un niveau moindre de discréditation, c'est-à-dire (شيخ, shaykh)[19].

Le fait d'attester qu'un tel a bien transmis, le fait de recommander (التزكية, tazkiya) est accepté de la part d'un savant à partir de ses critères, mais si ça devait être selon une seule personne, selon la plus juste opinion (الأصح, asah)[19].
La discréditation (jarh) a la préséance sur l'approbation (ta‘dil) si cela est détaillé et spécifié par un savant à partir de ses critères. Quand il y a absence de possibilités d'approbation, la discréditation est acceptée sans spécifications, selon l'opinion favorisée (mukhtar)[19].

Autres sujets divers Il est aussi important de savoir :

  • Les agnomens (كني, kunya) des gens à qui il est fait référence par le prénom[20] :

• Les noms des gens à qui ont fait référence avec l'agnomen[20];
• Ceux dont l'agnomen et le nom sont pareils[20];
• Ceux qui ont plusieurs agnomens ou plusieurs titres[20];
• Celui qui a un agnomen pareil comme le nom de son père[20];
• Ou vice–versa[20];
• Ou son agnomen [est pareil comme] celui de sa femme[20];
• Et quiconque est affilié à un autre que son père ou sa mère[20];
• Ou à quelque chose qui ne vient pas immédiatement à l'esprit[20];
• Dont le nom est le même que celui de son père ou de son grand-père[20];
• Ou le nom de son shaykh, le shaykh du shaykh, ainsi de suite[20];
• Ceux dont le nom est le même que celui du shaykh et de la personne qui rapporte de lui[20];
• Le nom « de base » des narrateurs[20];
• Les noms exclusifs à une personne (المفردة, mufrada)[20];
• Et les agnomens, et les surnoms[20].

[Il est aussi important de savoir :]

  • Les affiliations, c'est-à-dire à des tribus, à la patrie, à un pays, une localité, une rue et une allée, à proximité, à des métiers et des professions. Cela met en évidence des similarités (الاتفاق, ittifaq) and confusions (الاشتباه, ishtibah), comme avec les noms, et les affiliations remplacent parfois les surnoms[21];
  • Et les raisons de ceux-ci [car elles peuvent être contraire à ce qui nous semble évident][21].
  • Les mawalis (الموالى) : les plus hauts-gradés [Maîtres et patrons], et les moins hauts-gradés [Clients et affranchis][21]:

• Les mawalis (الموالى) : les plus hauts-gradés [Maîtres et patrons], et les moins hauts-gradés [Clients et affranchis][21]:
• Hommes et femmes de même famille[21];
• L'étiquette du shaykh et de l'étudiant[21];
• Et l'âge de l'acquisition et de la transmission, les manières d'écrire les hadiths, de lire [les narrations du shaykh] qui vont jusqu'à lui, l'écoute, la récitation, et le fait de voyager pour les hadiths[21];
Il est impératif de savoir comment les hadiths sont compilés, selon les chaînes de narrateurs (المسانيد, masanid)[21], le sujet de l'étude (الأبواب, abwab), les défauts (العلل, 'ilal), ou des mots clés (الأطراف, aḥraf), et de connaître le contexte historique du hadith. L'un des shaykh d'al-Qadi, Abu Ya‘la bin al-Farra' a écrit à ce sujet. Ils ont écrit des livres en majorité à propos de ces genres. C'est une liste de base mentionnant les définitions sans exemples. C'est difficile d'approfondir rapidement comme cela, il est mieux de consulter le livre en entier[21].

Articles connexes

Notes et références

  1. a, b et c http://islamfrance.free.fr/doc/sunnah/science.html [En ligne]
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.1
  3. http://www.islam-al-haqq.com/article-les-classifications-du-hadith-42836149.html [En ligne]
  4. http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/induction/ [En ligne]
  5. Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.1-2
  6. a, b, c et d Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.2
  7. a et b http://forums.islamicawakening.com/f44/revision-of-nukhbat-al-fikar-26602/index3.html
  8. a, b, c, d, e et f Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.3
  9. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.4
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.5
  11. Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.5-6
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.6
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.7
  14. a, b, c, d, e, f et g Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.9
  15. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Ibn Hajar Asqalani, Nukhbat al-Fikr, p.10
  16. a, b, c, d et e Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.11
  17. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.12
  18. a, b, c, d, e et f Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.13
  19. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.14
  20. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.15
  21. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ibn Hajar Asqalani Nukhbat al-Fikr p.16

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