Le Giaour

Le Giaour
The Giaour
Le combat du Giaour et du Pacha par Eugène Delacroix, 1835, Musée du Petit Palais, Paris
Le combat du Giaour et du Pacha par Eugène Delacroix, 1835, Musée du Petit Palais, Paris

Auteur George Gordon Byron
Genre Poème
Pays d'origine Grande-Bretagne
Lieu de parution Londres
Éditeur John Murray
Date de parution 1813
Chronologie
Le Pèlerinage du chevalier Harold
The Bride of Abydos

The Giaour (Le Giaour) est un poème narratif de Lord Byron publié en 1813, faisant partie de ses poèmes orientaux. Un giaour est un terme de mépris appliqué par les turcs aux infidèles[1].

Sommaire

Résumé

Le combat du Giaour et du Pacha par Eugène Delacroix, 1827

Byron commence par se lamenter sur la gloire déchue des Grecs qui ne tentent même plus de se révolter : « C'est vainement que la Liberté ferait appel à des cœurs façonnés à leur esclavage, et essaierait de relever des fronts qui vont d'eux-mêmes au-devant du joug [2]. » Puis il esquisse un récit, par bribes  : 
un cavalier galope dans la nuit, un sac est jeté dans la mer, Hassan délaisse son harem à cause du souvenir de son esclave Circassienne Leila, qui, déguisé en page feignait de se rendre au bain, elle lui a préféré un giaour. Hassan part se cherche une nouvelle femme. Arrivé près du Mont Liakoura, au centre de la Grèce, il se fait attaquer. C'est le Giaour et ses hommes. S'ensuit un duel. Hassan meurt. Le Giaour s'est vengé de la mort de Leila jetée à la mer.


Le Giaour se retire dans un monastère pour « expier quelque noir forfait qu'il ne veut pas révéler ». 
Avant de mourir il s'adresse au Père du monastère et, dans un long monologue, lui raconte son histoire : « Sa mort [de Leïla] n'est pas mon ouvrage, bien que j'en aie été la cause. Néanmoins il ne fit que ce que j'aurais fait si elle eut été infidèle à un autre que lui. Elle le trahit, il l'immola. Elle m'aimait, je le fis tomber sous mes coups. Quelques mérité que pût être son sort, elle m'était fidèle en le trahissant ; elle me donna son cœur, la seule chose que la tyrannie ne puisse soumettre ; et moi, hélas ! venu trop tard pour la sauver, — je donnai tout ce que je pouvais donner alors : [...] je donnais un tombeau à notre ennemi [3]. »




Thème du Vampire

Le Giaour est l’occasion pour Lord Byron d’aborder le thème du vampire, superstition très présente en Orient. Hassan est accueilli par les Houris au Paradis, puisque « Qui meurt en combattant les giaour jouira d'une immortelle félicité ». Il lance des imprécations contre le Giaour qui l'a tué : « Mais d'abord ton corps sera arraché à sa tombe, et tu seras envoyé sur la terre sous la forme d'un vampire, pour apparaître, spectre horrible, dans ton pays natal, et y sucer le sang de toute la race ; là, à l'heure de minuit, tu viendras boire la vie de ta fille, de ta sœur, de ta femme, en maudissant l'exécrable aliment dont tu es condamné à sustenter ton cadavre vivant et livide ; tes victimes, avant d'expirer, dans le démon qui les tue reconnaîtront leur père, leur frère, leur époux ; elles te maudiront et tu les maudiras, et tu verras les fleurs se flétrir sur leur tige [...] Ton propre sang dégouttera de tes dents grinçantes et de tes lèvres convulsives ; alors retourne dans ta tombe lugubre, va rejoindre avec ta rage les goules et les afrits qui reculeront d'horreur à la vue d'un spectre plus maudit qu'eux-mêmes [4]. » Ce sujet sera repris par John William Polidori, à partir d’un brouillon de Lord Byron écrit à l’été 1817 à la Villa Diodati, dans sa nouvelle Le Vampire.

Inspirations

Il a inspiré deux tableaux d’Eugène Delacroix, Le combat du Giaour et du Pacha, l’un datant de 1827 à l’Art Institute de Chicago, l’autre de 1835 au Petit Palais à Paris.

Source

Œuvres complètes de Lord Byron, traduction de Benjamin Laroche, 1847

Notes et références

  1. Trésor de la Langue Française
  2. Oeuvres complètes de Lord Byron, traduction de Benjamin Laroche, 1847, p26
  3. Oeuvres complètes de Lord Byron, traduction de Benjamin Laroche, 1847, p 45
  4. Oeuvres complètes de Lord Byron, traduction de Benjamin Laroche, 1847, p 39

Article Connexe

Lien externe

Oeuvres complètes de Lord Byron sur Gallica


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Le Giaour de Wikipédia en français (auteurs)

Игры ⚽ Нужен реферат?

Regardez d'autres dictionnaires:

  • giaour — [ ʒjaur ] n. m. • 1740; mot turc « incroyant » ♦ Hist. Terme de mépris appliqué aux non musulmans en Turquie. ⇒ roumi. ● giaour nom masculin (turc gâvur, de l arabe kāfir, infidèle) Terme péjoratif par lequel les Turcs désignaient les non… …   Encyclopédie Universelle

  • Giaour — Giaour, n. [Turk. giaur an infidel, Per. gawr, another form of ghebr fire worshiper. Cf. {Kaffir}, {Gheber} .] An infidel; a term applied by Turks to disbelievers in the Mohammedan religion, especially Christrians. Byron. [1913 Webster] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • Giaour — or Ghiaour written gâvur in modern Turkish, is a derogatory word used by Turkish people to describe all who are non Muslims, with particular reference to Christians and at times to Greeks [James Lewis Farley, Turks and Christians ,Adamant Media… …   Wikipedia

  • giaour — GIAOUR: Expression farouche, d une signification inconnue, mais on sait que ça se rapporte à l Orient …   Dictionnaire des idées reçues

  • giaour — 1560s, Turkish term of contempt for non Muslims, from Pers. gaur, variant of gabr fire worshipper, originally applied to the adherents of the Zoroastrian religion …   Etymology dictionary

  • giaour — [jour] n. [prob. via It < Turk giaur (modern sp. gâvur) < Ar kāfir, infidel: see KAFFIR] in Muslim usage, a non Muslim; esp., a Christian …   English World dictionary

  • giaour — (ji a our) s. m. Mot par lequel les Turcs désignent tous ceux qui ne font pas profession de l islamisme. Le Giaour est le titre d un poëme célèbre de lord Byron. ÉTYMOLOGIE    Turc, giaour, incroyant, traduction de l arabe kafîr. SUPPLÉMENT AU… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • giaour — /jowr/, n. Turkish. an unbeliever; a non Muslim, esp. a Christian. [1555 65; earlier gower, gour < Turk gâvur < Pers gaur, var. of gabr Zoroastrian, non Muslim; sp. giaour < F, with gi repr. Turk palatalized g, later taken as sp. for j] * * * …   Universalium

  • giaour — noun Etymology: French, from Italian dialect (Venetian) giaur, from Turkish gâvur, from Persian gawr, gabr Date: 1564 one outside the Islamic faith ; infidel 2a …   New Collegiate Dictionary

  • giaour — noun /ˈʤaʊə/ A non Muslim, especially a Christian, an infidel; especially as used by Turkish people with particular reference to Christians like Greeks, Armenians, Bulgarians, Serbs and Assyrians. We men are not a race of freebooters or giaours;… …   Wiktionary

  • GIAOUR —    the Turkish name for an unbeliever in the Mohammedan faith, and especially for a Christian in that regard …   The Nuttall Encyclopaedia

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”