Thessalonique

Thessalonique

40° 38′ 00″ N 22° 57′ 00″ E / 40.633333, 22.95

Thessalonique
(el) Θεσσαλονίκη
Thessalonique
Thessalonique
Administration
Pays Drapeau de Grèce Grèce
Périphérie Macédoine-Centrale
Nome Nome de Thessalonique
Code postal 53x xx, 54x xx, 55x xx, 56x xx
Indicatif téléphonique 2310
Immatriculation N
Maire Yiánnis Boutáris
Géographie
Coordonnées 40° 38′ 00″ Nord
       22° 57′ 00″ Est
/ 40.633333, 22.95
Altitude 20 m
Superficie 1 780 ha = 17,8 km2
Démographie
Population 363 987 hab. (2001)
Densité 20 448,7 hab./km2
Localisation
Greece location map.svg
City locator 14.svg
Thessalonique
Internet
Site de la ville www.thessalonikicity.gr

Thessalonique (en grec Θεσσαλονίκη / Thessaloníkê en grec ancien, Thessaloníki en grec moderne, en langues slaves Солун, Soloun, en judéo-espagnol סלוניקה, en turc Selanik) ou Salonique (Σαλονίκη / Saloníki) est une ville de Grèce, chef-lieu du nome du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd'hui, elle est la capitale du nome de Thessalonique et de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque. La ville a 363 987 habitants des 800 764 que compte l'unité urbaine (2001).

Sommaire

Histoire

Grèce antique

Thessalonique fut fondée par Cassandre de Macédoine en -315, et baptisée ainsi en l'honneur de sa femme à qui il offrit la ville en gage de son amour. Le nom de Thessalonique, fille de Philippe II de Macédoine et demi-sœur d'Alexandre le Grand, provient de la contraction des mots Θεσσαλών (Thessaliens) et νίκη (victoire), en commémoration de la victoire des Macédoniens sur les habitants de Phocide avec l'aide des Thessaliens (voir Thessalie).

Rome antique

L'arc de Galère

Après la conquête romaine, elle devient la capitale de la province de Macédoine. Les Romains en créant la via Egnatia, voie qui relie Dyrrachium à Byzance, fait prospérer la ville en faisant de Thessalonique une ville étape incontournable. En 50, Saint Paul vient y prêcher le christianisme, nombre de Saloniciens se convertissent secrètement.

Plus tard, l'empereur Galère choisit d'y élire domicile et se lance dans la construction de son palais et de nombreux édifices publics. Dans sa lutte contre la chrétienté, il fait de Saint Dimitri un martyr qui est devenu le saint patron et protecteur de la ville. Constantin Ier entame en 322 la construction des fortifications ainsi que le port artificiel qui continue le développement économique de la ville. Cependant la fondation de Constantinople, et la concentration du pouvoir politique et religieux qui en découle, ôte à Thessalonique le rôle central qu'elle pouvait espérer de par sa situation géographique. En 390, Théodose Ier fait massacrer la population, qui s'était révoltée, faisant entre sept et dix mille victimes.

À partir du siècle suivant Thessalonique devient la capitale de la préfecture de l'Illyricum, vaste circonscription de l'empire qui englobe la quasi-totalité de la péninsule balkanique.

Empire byzantin

Pendant les premiers siècles de l'empire byzantin la ville connaît un essor économique constant. Sa position stratégique au débouché de la péninsule balkanique et sur la via Egnatia favorise le commerce et, forte d'une activité portuaire intense, la cité est en relation directe avec Le Pirée, Gênes et Constantinople. Cette période voit la ville s'enrichir de nombreux monuments et d'imposantes églises telles l'église Sainte-Sophie, l'église de l'Acheiropoiètos, et la basilique de Saint-Démétrius, patron de la ville.

À partir de la fin du VIe siècle de nombreuses tribus slaves s'installent dans la région de Thessalonique. Plusieurs attaques ont lieu contre la ville tout au long du VIIe siècle et l'empire, très engagé sur le front oriental, intervient mollement. Cette période de repli dure jusqu'au début du Xe siècle. Thessalonique est prise par les Sarrasins en 904. Jean Caminiatès nous a laissé le récit réaliste des atrocités qui s'y déroulèrent. Léon le Tripolitain, renégat byzantin originaire d’Attalia en Pamphylie, attaque la ville avec 54 navires sarrasins et un peu plus de 10 000 hommes. Caminiatès et les autres habitants de la ville qui n’ont pas été tués sont réduits en esclavage ou échangés contre rançon. Le Tripolitain repartit avec son butin et 22 000 jeunes gens.

Le mur de la ville byzantine

Cependant le Xe siècle et le début du XIe siècle correspondent à une période de redressement et l'empire est réorganisé en thèmes. Thessalonique devient la capitale d'un thème destiné à durer jusqu'au XVe siècle. La ville tombe ensuite aux mains des Croisés, sur ordre du pape de l'époque, qui avait peur de perdre une importante part de son autorité pontificale, le chef religieux de ce qui allait devenir la chrétienté orthodoxe étant l'empereur byzantin, ordre appuyé par la puissance économique des Ducs de Gênes, qui voyaient en cette attaque un moyen de piller les richesses de la ville et d'asseoir leur domination maritime sur la Méditerranée. En 1313, elle fut de nouveau réintégrée à l'Empire de Constantinople. En 1430, elle fut prise par les Turcs qui l'appelèrent Selanik.

Empire ottoman

Tour blanche de Thessalonique

Suite à l'expulsion des Juifs d'Espagne de nombreux juifs sépharades se sont installé à Thessalonique formant l'une des plus importantes communautés juives d'Orient et constituant durant plusieurs siècles la majorité des habitants de cette cité. À partir du XVIIe siècle et jusqu'au rattachement à la Grèce en 1912, la ville fut centre du mouvement messianique juif, déclenché par Sabbataï Tsevi. Les Sabbatéens y étaient regroupés jusqu'à l'échange de populations qui les conduisit en Turquie dans les années 1920.

En 1909, la Fédération socialiste ouvrière de Salonique, visant à réunir les ouvriers de toutes origines, mais majoritairement juive, est fondée par Abraham Benaroya.

Au XIXe siècle, elle fut la quatrième ville de la Turquie, et un important centre politique. Le Parti Union et Progrès a vu le jour à Thessalonique, ainsi que les premières loges maçonniques turques. La révolution constitutionnaliste de 1908 a débuté ici, ce qui lui a valu le surnom de la Kaaba de la Liberté. Après avoir été détrôné, le Sultan Abdülhamid II a été assigné à résidence dans cette ville, dans la demeure des Allatini.

Thessalonique est également le lieu de naissance de Mustafa Kemal Atatürk — fondateur de la Turquie moderne — en 1881. Sa maison natale est aujourd'hui un musée.

Grèce moderne

Salonique au début du XXe siècle est une ville multiethnique : elle compte autour de 120 000 habitants, dont 80 000 Juifs, 15 000 Turcs et 15 000 Grecs, 5 000 Bulgares et 5 000 Occidentaux[1],[2]. Elle est une des quatre plus grandes villes de l'Empire ottoman. Elle en est une des villes les plus modernes et un des plus grands ports. Salonique est aussi devenue un important centre de bouillonnement politique. Ainsi, le Comité ottoman de la Liberté, qui joue un rôle important dans la direction du mouvement des Jeunes-Turcs voit le jour à Thessalonique en août 1906.

Durant la première guerre balkanique, un des objectifs de la Grèce, dans le cadre de la Grande Idée est Thessalonique. Elle est conquise en novembre 1912. Dès le premier jour de la nouvelle occupation grecque, les non-musulmans abandonnent le port du fez, et de nombreux Turcs quittent la ville. La langue grecque est de nouveau largement utilisée, tandis que l'usage du turc diminue considérablement. De même, les églises byzantines, transformées en mosquées par les Ottomans, redeviennent des lieux de cultes chrétiens.

L'incendie de Salonique en 1917.

La Première Guerre mondiale intervient au moment où Thessalonique commence à s'intégrer à l'État grec. Au début du conflit, la Grèce est un pays neutre, mais traverse une grave crise politique entre partisans de la Triple-Entente et partisans de la Triplice. Une partie des troupes évacuées des Dardanelles à l'automne 1915, forme l'Armée française d'Orient et est envoyée au secours de la Serbie en s'installant à Thessalonique, qui constitue une base logique pour réaliser cet objectif. L'opération se nomme expédition de Salonique avant de devenir le front d'Orient. Vénizélos, le Premier ministre favorable à l'Entente les y autorise. En 1916, un total de 400 000 soldats français, britanniques et serbes sont présents dans la ville.

La présence alliée dans la ville joue un rôle politique décisif : chassé du poste de Premier ministre, Vénizélos quitte Athènes et rejoint Thessalonique le 26 septembre 1916. Un « Gouvernement de défense nationale » est organisé. Thessalonique devient alors capitale d'une région en révolte, mais aussi le quartier général des Alliés qui soutiennent ce mouvement. Après l'abdication du roi en juin 1917, Vénizélos retourne à Athènes et Thessalonique perd son statut de capitale de la Grèce.

En août 1917, tout le centre de la ville est ravagé par un incendie catastrophique. 9 500 bâtiments sont détruits, laissant 70 000 personnes sans abri. La reconstruction de la ville permet une complète restructuration de son plan et de son organisation spatiale.

Affiche "Juifs indésirables" en allemand et en grec, Salonique, mai 1941.

C'est à Thessalonique que les Allemands ont installé leur Quartier Général lors de leur occupation de la Grèce durant la Seconde Guerre mondiale. Ils vont déporter massivement les Juifs de Salonique dont la principale communauté est sépharade et installée depuis le XVIe siècle à la suite de l'inquisition espagnole. On estime que 98% de la communauté a été exterminée pendant la shoah.

Thessalonique moderne

Après la Seconde Guerre mondiale et le début de la Guerre froide, la ville connaît des difficultés. Le rideau de fer la coupe de son hinterland commercial : toutes les routes commerciales qui avaient fait sa fortune sont interrompues. Dans les années 1950, la ville connaît une nouvelle transformation urbanistique, principalement dans la ville basse. La Foire Internationale de Thessalonique, héritière des foires de la Saint-Dimitri du Moyen Âge, recréée en 1926, est le plus grand centre d'exposition du pays faisant de Thessalonique avant tout un centre d'affaires et une grande foire internationale, plutôt qu'une destination touristique.

Galerie

Personnages célèbres nés à Thessalonique

Musées

Monuments principaux

Centre historique de Thessalonique

Églises

Monuments ottomans

Climat

Le climat est méditerranéen avec toutefois une influence continentale notable. La neige est assez fréquente en hiver et les étés y sont plus humides que dans le reste de la Grèce. Ce sont essentiellement des pluies d'orages.

Mois Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
Maximum [°C] 9 10 13 18 23 28 31 30 26 21 14 10
Minimum [°C] 1 2 5 7 12 16 18 18 15 11 6 2
Précipitation (mm) 40 38 43 35 43 30 22 20 27 45 58 50
Record [°C] 20 22 25 31 36 39 42 39 36 32 27 26

Jumelages

(par ordre alphabétique)

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

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Notes et références

  1. Ernest De Witte Burton, « Notes on Thessalonica. » in The Biblical World., vol. 8, no 1, juillet 1896. p. 16-17
  2. Gilles Veinstein (dir.), Salonique 1850-1918 : La « ville des juifs » et le réveil des Balkans, Paris, Autrement, 2001, 294 p. (ISBN 2-86260-356-2) , p. 262
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