Józef Piłsudski

Józef Piłsudski
Jozef Pilsudski en 1930

Józef Klemens Piłsudski (en français Joseph Pilsudski), né le 5 décembre 1867 dans la propriété familiale de Zułów (région Dzūkija, alors province russe de Vilna[1]) et mort le 12 mai 1935 à Varsovie, était un homme politique polonais, un temps leader du Parti socialiste polonais, puis Naczelnik państwa (Chef de l'État, 1918-1922), Premier ministre (1926-1928, puis 1930), à partir de 1920, homme fort du régime Sanacja, dits des colonels pendant la Seconde République, de 1926 à sa mort.

Il était connu sous les pseudonymes suivants: Wiktor, Mieczysław, Ziuk, Pan Marian; plus tard souvent appelé Dziadek (Papi) ou bien Marszałek (Maréchal), ou encore Komendant (Commandant) par ses anciens soldats.

Patriote et populaire, il est considéré comme le vainqueur de la guerre russo-polonaise (1919-1921) et de la lutte pour l'indépendance de la Pologne. Sa victoire sur l'armée soviétique du 15 août 1920 fut, selon les historiens anglais lord d'Abernon et Simon Goodenought, la dix-huitième bataille décisive dans l'histoire de l'humanité. Elle a sauvé l'Europe de l'invasion bolchévique. Stanisław Ignacy Witkiewicz tenait Piłsudski pour le plus grand homme que la Pologne ait produit depuis le XVIe siècle et le chef de la Mission militaire britannique en Pologne (1918-1924), le général Adrian Carton de Wiart, pour le plus éminent chef d'État de l'Europe de son temps. L'écrivain russe Dimitri Merejkovski lui prêtait le don d'intuition, voire de voyance « qu'il maniait comme aucun des politiciens de l'époque ». Józef Piłsudski fut également excellent historien et penseur politique. L'historien allemand Hans Roos dans son parallèle « Józef Piłsudski - Charles de Gaulle » a évoqué des ressemblances étonnantes entre ces deux hommes d'État. Le général de Gaulle était d'ailleurs un lecteur assidu des œuvres de Piłsudski, qu'il lisait en allemand.

Sommaire

Enfance et jeunesse

Piłsudski collégien

Józef Klemens Piłsudski est né le 5 décembre 1867 à Zalavas ((pl) Zułów), dans l'ancienne République des Deux Nations, actuellement en Lituanie, dans une famille polonaise noble (Szlachta) de tradition patriotique. Il eut comme ancêtres les princes Puzyna et Połubiński.

Son père, Józef (1833-1902), avait lutté contre les Russes durant l'insurrection de Janvier en 1863, pendant laquelle il était commissaire du Gouvernement national dans le district de Kowno (auj. Kaunas). Sa mère, Maria Bilewiczówna (1842-1884), l'avait initié à la littérature polonaise et au patriotisme dès sa jeunesse. Elle appelait sont fils Ziuk.

À cause des mauvais investissements de son père et d'un incendie dévastateur, la famille est obligée de quitter la maison familiale et de s'installer à Wilno en 1874. Il y fréquente le lycée tout comme son frère Bronisław. Ils y sont soumis à une intense russification, mais ils trouvent toutefois un appui dans leur famille, qui assure aux enfants une éducation patriotique. En 1882, les deux frères (avec leurs amis) créent un cercle d'autoformation : Spójnia, qui fait venir des livres polonais de Varsovie.

Études à Kharkov

Blason de la famille Piłsudski, du clan Kościesza

En septembre 1884, sa mère, gravement malade depuis des années, meurt. Un an après, Józef réussit l'examen du baccalauréat (il obtient d'excellentes notes en histoire et en géographie mais de plus médiocres en langues sauf en français).

En automne 1885, il commence ses études de médecine à Kharkov, en Ukraine. Il y milite dans plusieurs organisations étudiantes, notamment dans l'organisation terroriste Narodnaïa Volia.

Les 2 et 3 mars 1886, il participe à une manifestation étudiante et se retrouve parmi les 150 personnes arrêtées par la police du tsar. Après avoir terminé sa première année, il quitte l'Ukraine pour l'université de Tartu (Estonie). Mais il n'est pas autorisé à la fréquenter à cause de son activité dans l'opposition. C'est à cette période qu'il lit les grands poètes révolutionnaires romantiques polonais Adam Mickiewicz et surtout Juliusz Słowacki qui deviendra son auteur préféré, mais aussi Karl Marx, même si son nationalisme lui fait rejeter tout internationalisme.

Arrestation et déportation

Avec son frère Bronisław, il s'engage dans une cellule révolutionnaire de Saint-Pétersbourg, Frakcji Terrorystycznej Narodnej Woli, dont faisait partie le propre frère de Lénine, Alexandre Oulianov. Il assure la cache des membres traqués, tandis que son ainé est chargé de l'intendance des armes et des explosifs. Le 13 mars 1887, le tsar de Russie Alexandre III est visé dans un attentat à la bombe, et une vingtaine de militants sont arrêtés, dont Józef et Bronisław.

Il est condamné le 1er mai 1887 à cinq ans de travaux forcés (son frère à 15 ans) qu'il effectue à Kirensk, près d'Irkoutsk. Le trajet dure sept mois, par l'Oural et Krasnoïarsk, en train et en partie à pied. Il y rencontre sa première compagne, Leonarda Lewandowska. Même si sa noblesse lui permet des conditions meilleures, Piłsudski organise des mutineries et des grèves de la faim. Il est libéré affaibli en 1892.

Du socialisme-national au national-conservatisme

Lutte au sein du Parti socialiste

La statue de Józef Piłsudski à Turek (conçu par J. Gosławski)

À son retour à Wilno, il reprend des études de droit, où il rencontre son futur ennemi politique, le nationaliste Roman Dmowski, et une deuxième femme, militante socialiste et divorcée Maria Juszkiewiczowa, née Koplewska. La même année, il rejoint le Parti socialiste polonais (PPS) nouvellement créé à Paris. Le PPS est alors tiraillé entre nationalistes et internationalistes, et Józef Piłsudski prend rapidement parti pour les premiers.

Piłsudski décide alors de publier une revue avec son ami Stanisław Wojciechowski, Robotnik (l'ouvrier), imprimée clandestinement dans la banlieue de Wilno. Lors du deuxième congrès de l'Internationale ouvrière tenu à Paris de juillet à août 1896, il défend avec des proches comme Ignacy Daszynski ou Ignacy Mościcki, l'indépendance de la Pologne comme exigence vitale pour les ouvriers polonais. Le PPS devient alors officiellement nationaliste. Un autre parti se réclamant du socialisme, la Social-Démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL), internationaliste, s'oppose au PPS en Pologne.

En février 1900, la police russe découvre à Vilna (Wilno) l'imprimerie clandestine de son journal, Robotnik, auquel il contribuait sous un faux nom. Il est d'abord condamné à 5 ans de détention en Sibérie, mais simule une maladie mentale et réussit à se faire interner dans un hôpital psychiatrique de Saint-Pétersbourg. Il s'en évade un an après, avec l'aide de sa femme et du PPS, qui ne peut se passer de lui, et se cache à Łódź sous un faux nom. Pour ses proches, sa détention à l'asile aurait affecté sa santé mentale : il semble devenu colérique et dépressif.

Revenu à Riga, il occupe l'un des plus hauts postes dirigeants du PPS, mais rejette de plus en plus le socialisme du POSDR russe : l'indépendance de la Pologne est primordiale. Il se passionne pour "l'art de la guerre" et découvre les thèses de Carl von Clausewitz.

Pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905), il se rend à Tokyo, dans l'espoir de mener une alliance avec le Japon, pour déclencher une insurrection contre Nicolas II. Mais cette initiative est empêchée par son rival nationaliste, Roman Dmowski, qui se contente d'une plus grande autonomie dans l'Empire russe, plutôt que d'une indépendance incertaine.

De retour, Piłsudski se rend au Comité Central Révolutionnaire du parti, qui décide de la radicalisation du parti. Des grèves sont alors organisées, parfois violentes, comme celle du 13 novembre 1904 à Varsovie, pour protester contre la mobilisation dans l'armée russe. Il crée une milice armée, « Organizacja Bojowa PPS » (organisation combattante du PPS, OB-PPS), qui sont à l'origine d'attentats contre les russes.

Cassure nationaliste

Au début de 1905, le 7e Congrès du PPS est organisé, et les « Jeunes Loups » du parti isolent Piłsudski, ne partageant pas son point de vue indépendantiste. Au congrès de Vienne en 1906, la rupture est consommée entre les partisans de Piłsudski (minorité de droite du Parti) et ses opposants (gauche du Parti). Piłsudski crée le PPF-Fraction révolutionnaire (notamment avec Tomasz Arciszewski et Kazimierz Pużak) gardant le journal Robotnik et l'« Organizacja Bojowa », tandis que les « jeunes » organisent le PPS-Lewica ("la gauche", qui rejoindra Rosa Luxemburg à la SDKPiL avant de créer le Parti communiste de Pologne).

Le mouvement connaissant désormais des difficultés financières, Piłsudski ira même jusqu'à s'impliquer personnellement le 26 septembre 1906 dans l'attaque d'un fourgon blindé à Bezdany (Nord-Est de Wilno). Au sein de l'équipe était présente Aleksandra Szczerbińska, qui deviendra sa deuxième femme (après le décès de la première, en 1921 ; Piłsudski étant redevenu catholique entre temps). En 1909, il lui fut proposé de se faire initier à la franc-maçonnerie, ce qu'il refusa.

En 1908, il renomme l'organisation armée OB-PPS en Union pour la lutte armée (Związek Walki Czynnej littéralement Union pour la lutte active, ZWC), divisée en plusieurs sections locales, parmi lesquelles: la sienne à Cracovie et celle de Władysław Sikorski à Lwów. Le but de cette organisation paramilitaire, plus que d'être le bras armé du PPS, était de former la future armée polonaise. En 1912, Piłsudski est élu à la tête de l'organisation. En novembre 1912, les sections de Galicie ainsi que plusieurs partis clandestins locaux anti-russes s'unissent à Vienne au sein d'un « Commission provisoire des partis indépendants et confédérés ».

Ses conceptions politiques concernant la Pologne différaient radicalement de celles du futur nationaliste Roman Dmowski, qui pensait possible une autonomie dans l'empire russe, ou éventuellement une alliance avec celui-ci. Piłsudski, au contraire, était partisan, pour combattre les Russes, d'une alliance avec l'Allemagne et de la création de la Fédération Międzymorze comprenant la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie et l'Ukraine, État tampon entre l'Allemagne et la Russie.

En 1912-1914 Piłsudski et Sosnkowski organisent en Galicie (Lwów, Cracovie, etc. ) des associations de tireurs (Związki Strzeleckie) qui sous couverture sportive préparent la jeunesse polonaise aux combats futurs.

Première Guerre mondiale

Dans un premier temps, il crée dans l'empire austro-hongrois des "Légions polonaises", germe de l'armée de son futur pays. Le 6 août 1914, la première compagnie des Légions (400 hommes !) part de Cracovie à la reconquête de la partie de la Pologne occupée par la Russie. Au début il se heurta à la méfiance, voire à l'hostilité des Polonais de Russie, pour lesquels les Autrichiens ou les Allemands sont, tout autant que les Russes, des envahisseurs. La confiance vient plus tard, lorsque, face à la défiance du gouvernement austro-hongrois, Piłsudski crée la POW (Organisation Militaire Polonaise) qui, dans la clandestinité cette fois, établit les bases de l'armée polonaise. En effet, les Légions se sont battues héroïquement sur tous les fronts contre les Russes, mais lorsque les Autrichiens leur ont demandé de prêter serment à l'empereur, la plupart de soldats l'ont refusé et ont été internés dans des camps. Le 22 juillet 1917, Piłsudski et son plus proche collaborateur, le général Kazimierz Sosnkowski, ont été arrêtés et emprisonnés à la forteresse de Magdebourg. Les Allemands, face à l'imminente défaite de leurs armées et la menace d'une révolution, essayaient d'obtenir l'appui de Piłsudski en lui faisant des concessions. Ils ne rencontrent que son refus absolu.

Libérés le 9 novembre 1918, alors que la révolution éclatait à Berlin, Piłsudski et Sosnkowski arrivent à Varsovie le 10 novembre 1918. Le lendemain, le Conseil de Régence polonais, tenant compte de son immense popularité et autorité, transmit tout le pouvoir à Piłsudski qui apparaissait comme un véritable homme providentiel pour la Pologne ressuscitée, un personnage hautement charismatique de surcroît.

Chef de l'État

Józef Piłsudski

Après la Première Guerre mondiale, il est le 1er chef de l'État (Naczelnik Państwa) polonais de 1918 à 1922. Artisan de l’indépendance et de la souveraineté retrouvées de la Pologne. Il lutta activement contre le bolchévisme en repoussant l'attaque des Russes en 1920. À partir de 1926, il reprend (et cumule) des fonctions dans le gouvernement (ministre des affaires militaires entre autres) et oriente la Pologne de plus en plus vers un régime autoritaire, voire dictatorial, pensant protéger le pays d'éventuelles agressions extérieures (Allemagne, Union soviétique). Clemens Mettler, auteur de sa biographie allemande (Fribourg, 1938) a très bien saisi le caractère de son régime: "Autoritaire mais pas autocratique, concentré mais pas absolu".

Assistant à la montée de deux totalitarismes : soviétique, puis nazi, qu'il condamnait comme Pie XI. Piłsudski a tenté dès 1933 d'empêcher la catastrophe qu’il percevait clairement. Pragmatique, préoccupé par le sort de son pays et de l’Europe, l’homme d’État polonais avait essayé, dès Rapallo ou Locarno, en percevant la montée en puissance de l'Union soviétique et de l’Allemagne, de prévenir les dirigeants des démocraties occidentales, ses alliés, et de les faire réagir. En 1933, il proposa aux Français la « guerre préventive » contre Hitler mais la réponse de la France fut que la convention franco-polonaise était défensive, non offensive, et que la société française ne tolèrerait pas d’action franco-polonaise contre Hitler. C'est pourquoi, face à la faiblesse des puissances occidentales, et pour éloigner la menace d'une nouvelle guerre, Pilsudski signa deux traités de non-agression : d'abord, en 1932, avec l'Union Soviétique, puis, en 1934, avec l'Allemagne nazie.

Dans sa lutte contre les mouvements jugés terroristes (des communistes et des nationalistes ukrainiens surtout) Piłsudski a créé en 1934 le camp d’isolement de Bereza Kartuska, qui devait fonctionner en théorie durant un an : la période trouble de la Nuit des Longs Couteaux en Allemagne, l’assassinat de Kirov en URSS et le déchaînement par le Kremlin de l’action anti-polonaise du NKVD, dite « Opération POW ». Le camp resta cependant ouvert jusqu’en 1939. Paradoxalement, ceux des communistes polonais qui y furent détenus ont tous survécu à la liquidation physique de leurs camarades du KPP à Moscou.

Reconnaissance

Józef Piłsudski est mort le 12 mai 1935. Son corps repose dans la crypte de la cathédrale du château royal du Wawel à Cracovie et son cœur près de sa mère à Wilno. À sa mort, des témoignages de reconnaissance lui furent donnés par les minorités nationales et religieuses, qui perdaient un défenseur, ainsi que le signalait l’Ambassadeur de France dans son rapport du 15 mai 1935 :

« Les organisations des minorités s’associent au deuil en proclamant des appels et des résolutions. C’est ainsi qu’hier, à Varsovie, au cours d’une réunion d’organisations ukrainiennes, fut prononcé un discours émouvant et votée une résolution. La communauté juive de Varsovie convoqua une réunion où furent prises une série de décisions ; un télégramme de circonstance au Président de la République fut rédigé, le mot d’ordre fut donné de participer massivement aux funérailles, des cérémonies funèbres furent annoncées dans les synagogues et la décision fut prise d’éditer une monographie consacrée à Piłsudski et à la question juive. Les organisations de la minorité allemande ont également voté des résolutions de circonstance et leurs journaux en berne célébraient chaleureusement la mémoire du Maréchal » [2].

Il faut noter le rôle très important qu'a joué Piłsudski au sein du Mouvement Prométhéen[3] dont les centres principaux entre les deux guerres furent la Pologne, la France et la Turquie et qui soutenait la lutte des pays et des peuples asservis par les Soviétiques : Ukrainiens, Géorgiens, Arméniens, Azéris, Tartares de Crimée et d'autres.

L'iconographie de Józef Piłsudski (il fut portraituré par les plus célèbres peintres et sculpteurs polonais et yougoslaves) le présente parfois à dos de sa jument préférée, Kasztanka ("Châtaigne") (1910-1927) qui l'accompagnait souvent lors des combats et des parades militaires (monuments à Lublin et Gorzów Wielkopolski. Celui de Katowice, par le Croate Antun Augustinčić, datant de 1939 et érigé en 1993, le représente par erreur à dos d'étalon !).

Voir aussi

Bibliographie

  • Sigismond Klingsland, Pilsudski Paris, 1929
  • Jacques Carency (Kazimierz Smogorzewski), Joseph Pilsudski et les activistes polonais pendant la guerre (1914-1918), 1929
  • Paul Bartel, Le Maréchal Pilsudski; préface de A. de Monzie, Paris 1935
  • Anatol Muhlstein, Le Maréchal Pilsudski 1867-1919, Paris 1939
  • Joseph Beck, Dernier rapport. Politique polonaise 1926-1939. Neuchâtel, Éditions de la Baconnière, [1951]
  • Jules Laroche, La Pologne de Pilsudski. Souvenirs d'une ambassade (1926-1935). Paris, Flammarion, [1953]
  • Wacław Jędrzejewicz, Józef Piłsudski (Éditions L'Âge d'Homme, 1986)
  • Jean Sikora: Joseph Pilsudski (1867-1935) - La Pologne : Survivre pour exister. (Éditions Bellona, 2004)

Ouvrages

  • Joseph Pilsudski, L'Année 1920. Paris, La Renaissance du Livre, 1929 (335 pages)

Liens externes

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Références

  1. aujourd'hui village dans le district de Švenčionys en Lituanie, sur la frontière avec la Biélorussie, Zalavas en lituanien, Зулаў en biélorusse
  2. cf. Archives du Quai d’Orsay, rapport n° 300 du 15/05/1935
  3. http://cemoti.revues.org/306?format=citation


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Józef Piłsudski de Wikipédia en français (auteurs)

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