Elections fédérales allemandes de 2009

Elections fédérales allemandes de 2009

Élections fédérales allemandes de 2009

Allemagne

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Cet article fait partie de la série sur la
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L'élection de la 17e législature du Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, a eu lieu le 27 septembre 2009.

Sommaire

Organisation

Article détaillé : Système électoral allemand.
Schéma illustrant le fonctionnement du système électoral allemand

598 sièges étaient à pourvoir, auxquels s’ajoutaient si nécessaire des mandats supplémentaires. Les membres du Bundestag sont élus en un seul tour de scrutin via un système électoral mixte à finalité proportionnelle. Une première moitié est élue selon un mode de scrutin majoritaire uninominal (première voix), puis les sièges restants sont répartis entre les différents partis politiques à la représentation proportionnelle compensatoire en fonction du nombre d'élus obtenus par ces même partis au scrutin majoritaire (seconde voix).

La part proportionnelle a en réalité vocation à corriger les effets du scrutin majoritaire, de sorte que la composition finale du Bundestag corresponde aussi exactement que possible aux scores obtenus par les partis. Sont admis à la répartition proportionnelle l'ensemble des partis politiques ayant rassemblé sur l'ensemble du territoire au moins 5 % des suffrages exprimés en deuxièmes voix ou, à défaut, ayant fait élire au moins trois de leurs candidats au scrutin majoritaire. Si un parti a obtenu, via le scrutin majoritaire, plus de mandats qu'il n'aurait dut en avoir via un système réellement proportionnel, il garde ses sièges excédentaires. C'est ce qu'on appelle les mandats supplémentaires : ils viennent s'ajouter aux 598 sièges de base.

Des personnalités politiques de différents partis ont proposé l’allongement de la durée des législatures de quatre à cinq ans. Une telle réforme de la Loi fondamentale n’entrerait cependant en vigueur qu’au début de la prochaine législature, c’est-à-dire qu’elle ne pourrait s’appliquer aux prochaines élections.

Enjeux

Ce scrutin pouvait faire prendre un tournant historique à l'Allemagne, en laissant augurer d'un renforcement du multipartisme au détriment des deux grands partis arbitrant habituellement le jeu politique fédéral. Mais un renforcement des partis de droite et de centre-droit était également possible.

La grande coalition de 2005-2009

Autrefois piliers d'une démocratie allemande reposant sur un bipartisme relatif, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD) ont été amenés à forme une « grande coalition » à l'issue des élections fédérales de 2005, aucune majorité clairement orientée à droite ou à gauche n'ayant alors put être formée. Disposant d'un nombre pratiquement identiques d'élus au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, les deux partis s'étaient entendus pour laisser échoir la chancellerie fédérale au bloc parlementaire chrétien-démocrate associant la CDU et son aile bavaroise, la CSU, celui-ci disposant du plus grand nombre de députés. Angela Merkel, présidente de la CDU, a donc prit la tête du gouvernement allemand associant sa propre formation aux sociaux-démocrates.

Vers une nouvelle majorité de droite ?

La chancelière sortante, Angela Merkel

Profitant d'une cote de popularité très élevée, la chancelière sortante compte sur son image pour mettre fin à son accord avec le SPD[1]. Créditée de scores orbitant autour des 35 % par les différentes enquêtes d'opinion, l'union CDU/CSU marque désormais sa préférence pour la formation d'une nouvelle coalition dite « noire-jaune », associant ses deux composantes au Parti libéral-démocrate (FDP)[2]. La formation d'une nouvelle majorité basée sur ce modèle semble être, au vu des différentes enquêtes d'opinion publiées au cour des dernières semaines, l'issue la plus probable à cette élection[3]. Mais ce scénario ne va pas de lui-même. Deux désaccords importants ont opposé la CDU et son parti-frère bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU) au cours de la campagne électorale. Outre le clivage opposant les deux partis sur la question du système de santé, la CSU reproche au parti d'Angela Merkel, au motif qu'il refuse de concéder d'importantes baisses d'impôt, d'être partiellement responsable de son effondrement lors de l'élection du Landtag (parlement régional) de Bavière, en 2008[4]. Assumant pleinement ces divergences, le parti bavarois est allé jusqu'à présenter son propre programme fiscal, sans l'approbation de la CDU. Ce « programme immédiat pour la croissance et le travail », applicable au cours des cent premiers jours d'une éventuelle coalition noire-jaune, envisage notamment une baisse progressive de l'impôt sur le revenu, une baisse de la TVA, ainsi qu'une baisse de l'impôt sur les sociétés et une diminution des droits de succession. Angela Merkel a tenu à affirmer qu'elle portait de l'intérêt à ces propositions tout en doutant de la possibilité de leur mise en œuvre, et que ces différents ne remettaient pas en question le programme commun du bloc chrétien-démocrate[5].

Plusieurs cadres de la CDU ont toutefois reproché à la chancelière de ne pas être assez présente dans la campagne, et de tenir des discours qui manquent de contenu idéologique[6]. Les défaites enregistrées par la CDU en Thuringe et en Sarre lors des élections régionales du mois d'août ont en outre suscité de vives inquiétudes parmi les militants chrétiens-démocrates[7]. Ces derniers comptent sur les bons résultats que promettent les instituts de sondage au FDP, qui semble accroître son capital électoral en récupérant les électeurs les plus libéraux de la CDU rendus sceptiques par l'orientation centriste d'Angela Merkel en matière économique[8],[4]. Conscients que les accents très néolibéraux de la campagne qu'ils avaient menée en 2005 ont manqué de peu de causer leur défaite, les chrétiens-démocrates préfèrent en effet s'employer à occuper le centre pour ménager la frange modérée de leur électorat. Une stratégie qui tient à cœur à la CSU qui, bien que fermement attachée à l'idée de former une nouvelle coalition avec le FDP, n'hésite pas à critiquer parfois vertement les propositions du leader libéral Guido Westerwelle[9]. Si la CDU est majoritairement acquise à l'idée d'une coalition noire-jaune, ses représentants préfèrent éviter autant que possible le sujet, à tel point que certains cadres du parti conservateur soupçonnent Merkel de ne pas écarter la possibilité d'une reconduction de la grande coalition[10]. Westerwelle a pourtant d'ores et déjà exclu la formation d'une coalition en feu tricolore (SPD-FDP-Verts), le FDP fermant d'emblée la porte à sa participation à une alliance n'incluant pas les partis chrétiens-démocrates[11].

La gauche en voie de recomposition

Frank-Walter Steinmeier, candidat social-démocrate à la chancellerie

En crise depuis la formation de son accord avec les chrétiens-démocrate, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) semble, à en croire les instituts de sondage, sur le point d'obtenir le plus mauvais score de son histoire. Fragilisé par son alliance avec les chrétiens-démocrates, qui rend son projet peu audible, par ses crises de leadership à répétition et par la prestance d'Angela Merkel, le SPD perd ses électeurs au profit du parti de gauche Die Linke, mais aussi de ses alliés traditionnels de l'Alliance 90 / Les Verts (écologistes) et, dans une moindre mesure, du FDP[12]. Mené par son président et ministre du travail Franz Müntefering et par son candidat à la chancellerie et ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, deux proches de l'ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder, le SPD doit faire face à de nombreuses incohérences et contradictions. Perturbés par l'irruption sur le spectre politique de Die Linke, les sociaux-démocrates peinent à tenir un discours clair sur leur stratégie d'alliance. S'ils sont favorables à des coalitions rouges-rouges-verts au niveau local, ils rejettent en revanche toute forme d'accord avec le parti de gauche au niveau fédéral[13]. Leur association au bilan d'Angela Merkel contribue également à rendre peu crédibles les propositions formulées tout au long de la campagne, notamment l'idée d'une taxe mondiale sur les transactions financières[14]. Steinmeier s'est en outre vu opposé une fin de non-recevoir de la part du FDP après avoir tendu une perche au parti libéral, avec lequel il a de gros points de désaccord en matière fiscale, ruinant ses espoirs de voir se former une coalition en feu tricolore à l'issue du scrutin[5].

Un amoncellement de difficultés qui compromettent sérieusement les chances de victoire de la formation sociale-démocrate, qui a perdu beaucoup d'adhérents et plusieurs soutiens importants à quelques semaines de scrutin. Symbole fort, IG Metall, le principal syndicat du pays, a refusé pour la première fois depuis sa création d'appeler à voter pour les candidats du SPD. Les 2,3 millions d'adhérents du syndicat, très hostiles au FDP et de plus en plus nombreux à prendre leur carte au parti Die Linke, appréhendent à l'idée de voir une coalition noire-jaune prendre les rênes du pays, mais bon nombre d'entre eux ne font plus confiance au SPD, même si le président d'IG Metall, Berthold Huber, soutient à titre personnel Frank-Walter Steinmeier[15].

Oskar Lafontaine, co-président du parti Die Linke

Quatre ans après son irruption au premier plan de la scène politique allemande, Die Linke (« La Gauche ») est entrée en campagne sous de bien mauvais auspices. Perclus de courants, cette alliance (juillet 2005) puis parti (juin 2007) né de la fusion entre le PDS (ex-communistes d'Allemagne de l'est) et la WASG (scission de l'aile gauche du SPD) est depuis des mois sous le coup de fortes divisions internes[16]. Ses tendances ont en effet du mal à s'accorder sur les questions stratégiques et de méthode. La majorité, acquise à la cause du candidat à la chancellerie, Oskar Lafontaine, est favorable à une alliance avec le SPD à condition qu'il opère un net virage à gauche. L'aile gauche, en revanche, est hostile à toute forme d'alliance et certains de ses éléments rejettent même l'idée de participer à l'exercice du pouvoir dans le cadre d'une coalition. La fulgurante percée de Lafontaine en Sarre et le maintient des positions du parti à l'est lors des élections régionales du 30 août ont toutefois relancé la campagne du parti de gauche, qui profite en outre de l'hostilité d'une majorité de la population à l'engagement des troupes allemandes en Afghanistan[17]. Die Linke est en effet le seul parti à réclamer un retour au pays des soldats dépêchés sur place[18].

Sondages

Institut Date CDU/CSU SPD FDP Die Linke Verts
Forsa 25.09.2009 33,0 % 25,0 % 14,0 % 12,0 % 10,0 %
INFO GmbH 23.09.2009 34,0 % 27,0 % 12,0 % 12,0 % 10,0 %
Forsa 23.09.2009 35,0 % 26,0 % 13,0 % 10,0 % 11,0 %
Allenbach 22.09.2009 35,0 % 24,0 % 13,5 % 11,5 % 11,0 %
GMS 18.09.2009 36,0 % 25,0 % 13,0 % 11,0 % 11,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 18.09.2009 36,0 % 25,0 % 13,0 % 11,0 % 10,0 %
Emnid 17.09.2009 35,0 % 25,0 % 13,0 % 12,0 % 11,0 %
Infratest dimap 17.09.2009 35,0 % 26,0 % 14,0 % 11,0 % 10,0 %
Forsa 16.09.2009 35,0 % 22,0 % 13,0 % 13,0 % 11,0 %
Forsa 16.09.2009 37,0 % 24,0 % 12,0 % 10,0 % 11,0 %
Allensbach 15.09.2009 36,0 % 22,5 % 12,5 % 12,0 % 12,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 11.09.2009 36,0 % 23,0 % 14,0 % 11,0 % 11,0 %
Infratest dimap 10.09.2009 35,0 % 23,0 % 14,0 % 12,0 % 12,0 %
Forsa 09.09.2009 35,0 % 21,0 % 14,0 % 14,0 % 10,0 %
Emnid 09.09.2009 35,0 % 24,0 % 13,0 % 12,0 % 12,0 %
Allensbach 09.09.2009 35,0 % 22,5 % 13,0 % 11,5 % 13,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 04.09.2009 37,0 % 23,0 % 15,0 % 10,0 % 11,0 %
Emnid 03.09.2009 34,0 % 26,0 % 14,0 % 11,0 % 11,0 %
Infratest dimap 03.09.2009 35,0 % 23,0 % 14,0 % 11,0 % 13,0 %
Forsa 02.09.2009 36,0 % 22,0 % 14,0 % 10,0 % 12,0 %
Info GmbH 02.09.2009 35,0 % 23,0 % 14,0 % 11,0 % 12,0 %
Allensbach 01.09.2009 35,5 % 23,0 % 14,0 % 9,5 % 13,5 %
GMS 29.07.2009 37,0 % 23,0 % 13,0 % 9,0 % 13,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 28.08.2009 37,0 % 23,0 % 14,0 % 9,0 % 12,0 %
Infratest dimap 27.08.2009 35,0 % 23,0 % 15,0 % 10,0 % 13,0 %
Emnid 26.08.2009 36,0 % 24,0 % 14,0 % 10,0 % 12,0 %
Dernières élections 18.09.2005 35,2 % 34,2 % 9,8 % 8,7 % 8,1 %

Selon ces sondages l'Allemagne semble se diriger vers un nouveau gouvernement fédéral de coalition noire-jaune entre la CDU/CSU et le FDP, onze ans après la défaite d'Helmut Kohl. A cet égard, les libéraux paraissent promis à leur meilleur résultat depuis les législatives de 1961, alors que les conservateurs sont crédités d'une certaine stabilité. Tout l'inverse du SPD, dont les enquêtes le créditent de son plus mauvais score depuis la création de la République fédérale. Les Verts et le parti de gauche « Die Linke » semblent pour leur part sur le point d'améliorer leurs performances de 2005 en obtenant plus de 10 % des suffrages exprimés. Ils sont en outre crédités de leurs meilleurs scores depuis leur première candidature au Bundestag (en 1980 pour les verts et en 1991 pour le PDS, ancêtre de Die Linke).


Résultats

Résultats détaillés au niveau fédéral

[d] – [m]
Résultats détaillés des élections fédérales allemandes de 2009
Partis Au MU1 À la RP Total
Votes  % +/− Sièges +/− Votes  % +/− Sièges +/− Total +/−  %
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne* 13 852 743 32,0 % -0,6 173 +67 11 824 794 27,3 % -0,5 21 -53 194 +14 31,2 %
Union chrétienne-sociale en Bavière* 3 190 950 7,4 % -0,9 45 +1 2 830 210 6,5 % -0,9 0 -2 45 -1 7,2 %
Parti social-démocrate d'Allemagne 12 077 437 27,9 % -10,5 64 -81 9 988 843 23,0 % -11,2 82 +5 146 -76 23,5 %
Parti libéral-démocrate 4 075 115 9,4 % +4,7 0 = 6 313 023 14,6 % +4,7 93 +32 93 +32 15,0 %
Die Linke 4 790 007 11,1 % +3,1 16 +13 5 153 884 11,9 % +3,2 60 +9 76 +22 12,2 %
Alliance 90 / Les Verts 3 974 803 9,2 % +3,8 1 = 4 641 197 10,7 % +2,6 67 +17 68 +17 10,9 %
Parti pirate allemand 46 750 0,1 % +0,1 0 - 845 904 2,0 % +2,0 0 - 0 - -
Parti national-démocrate d'Allemagne 768 175 1,8 % = 0 - 635 437 1,5 % -0,1 0 - 0 - -
Autres partis 459 837 1,1 % -1,6 0 - 1 124 250 2,5 % +0,1 0 - 0 - -
 
Total général 43 357 542 - - 299 - 43 357 542 - - 323 +8 622 +8 -
Inscrits 62 132 442 - - - - 62 132 442 - - - - - - -
Votants  ?  ? - - - 43 997 633 70,8 % -6,8 - - - - -
Abstentions  ?  ? - - - 18 134 809 29,2 % +6,8 - - - - -
Bulletins nuls  ?  ? - - - 640 091 1,5 %  ? - - - - -

* La CSU se présente uniquement en Bavière. La CDU se présente dans le reste de l'Allemagne. Les deux partis forment un groupe commun au parlement allemand depuis leur existence.


Résultats simplifiés

Parti Nombre de voix Pourcentage de 2e votes (évolution) Sièges totaux (évolution) Pourcentage de sièges
CDU/CSU 14 655 004 33,8 % -1,4 239 +13 38,4 %
SPD 9 988 843 23,0 % -11,2 146 -76 23,5 %
FDP 6 313 023 14,6 % +4,7 93 +32 15,0 %
Die Linke 5 153 884 11,9 % +3,2 76 +22 12,2 %
VERTS 4 641 197 10,7 % +2,6 68 +17 10,9 %
PP 845 904 2,0 % +2,0 0 = 0,0 %
NPD 635 437 1,5 % -0,1 0 = 0,0 %
Autres 1 124 250 2,5 % +0,1 0 = 0,0 %
Totaux 43 357 542 100 %   622 +8 100 %
Bundestag 2009.png

Résultats au niveau des länder

Land CDU/CSU SPD FDP Die Linke Verts Autres
Flag of Baden-Württemberg.svg Bade-Wurtemberg 34,5 % 19,3 % 18,8 % 7,2 % 13,9 % 6,3 %
Flag of Lower Saxony.svg Basse-Saxe 33,2 % 29,3 % 13,3 % 8,6 % 10,7 % 4,9 %
Bavière Bavière 42,6 % 16,8 % 14,7 % 6,5 % 10,8 % 8,6 %
Flag of Berlin.svg Berlin 22,8 % 20,2 % 11,5 % 20,2 % 17,4 % 7,9 %
Drapeau du Land de Brandebourg Brandebourg 23,6 % 25,1 % 9,3 % 28,5 % 6,1 % 7,4 %
Flag of Bremen.svg Brême 23,9 % 30,3 % 10,6 % 14,2 % 15,4 % 5,6 %
Flag of Hamburg.svg Hambourg 27,9 % 27,4 % 13,2 % 11,2 % 15,6 % 4,7 %
Drapeau du Land de Hesse Hesse 32,2 % 25,6 % 16,6 % 8,5 % 12,0 % 5,1 %
Flag of Mecklenburg-Western Pomerania.svg Mecklembourg-Poméranie-Occidentale 33,2 % 16,6 % 9,8 % 29,0 % 5,5 % 5,9 %
Flag of North Rhine-Westphalia (state).svg Rhénanie-du-Nord-Westphalie 33,1 % 28,5 % 14,9 % 8,4 % 10,1 % 5,0 %
Flag of Rhineland-Palatinate.svg Rhénanie-Palatinat 35,0 % 23,8 % 16,6 % 9,4 % 9,7 % 5,5 %
Flag of Saarland.svg Sarre 30,7 % 24,7 % 11,9 % 21,2 % 6,8 % 4,7 %
Drapeau du Land de Saxe Saxe 35,6 % 14,6 % 13,3 % 24,5 % 6,7 % 5,3 %
Flag of Saxony-Anhalt (state).svg Saxe-Anhalt 30,1 % 16,9 % 10,3 % 32,4 % 5,1 % 5,2 %
Flag of Schleswig-Holstein.svg Schleswig-Holstein 32,2 % 26,8 % 16,3 % 7,9 % 12,7 % 4,1 %
Drapeau du Land de Thuringe Thuringe 31,2 % 17,6 % 9,8 % 28,8 % 6,0 % 6,6 %
Allemagne pré-réunification CDU/CSU SPD FDP Die Linke Verts Autres
Ex Allemagne de l'Ouest 34,9 % (-2,6) 24,2 % (-10,9) 15,4 % (+5,2) 8,3 % (+3,4) 11,3 % (+2,5) 5,9 % (+2,4)
Ex RDA 29,5 % (+4,2) 18,3 % (-12,1) 11,0 % (+3) 26,4 % (+1,1) 8,3 % (+3,1) 6,5 % (+0,7)

Analyse des résultats

Résultats des premières voix par circonscription

C'est une victoire en demie-teinte pour l'Union CDU/CSU. Si les partis de la chancelière Angela Merkel arrivent très nettement en tête, il faut remonter aux élections fédérales de 1949 pour trouver un résultat inférieur à celui obtenu en 2009. L'objectif que s'étaient fixés les chrétiens-démocrates est toutefois atteint : avec une très forte majorité de centre-droit, ils pourront maintenant gouverner dans le cadre d'une coalition noire-jaune qui devrait à priori faciliter la mise en œuvre de leurs propositions, mettant fin à l'anomalie que constituait la grande coalition en place lors de la législature précédente[19]. Ce basculement à droite de la majorité est en grande partie dû à la forte percée du Parti libéral-démocrate : avec 14,6 % des voix et 93 élus, le FDP obtient le meilleur résultat de son histoire. Les libéraux, membres de pratiquement tous les gouvernements entre 1949 et 1998, sont donc sur le point de revenir au pouvoir après onze ans passés dans l'opposition. La nouvelle configuration de la coalition noire-jaune, au sein de laquelle le FDP n'a jamais été aussi fort par rapport à une Union en perte de vitesse, laisse augurer quelques bouleversements quant à l'orientation du gouvernement issu de cette alliance[20].

Rejeté dans l'opposition, le Parti social-démocrate (SPD) doit faire face à une chute vertigineuse de plus de onze points et obtient, avec 23 % des voix, son plus mauvais résultat depuis l'instauration de la République fédérale. « C'est un jour amer pour la social-démocratie allemande, il n'y a aucun moyen de présenter favorablement ce résultat » a déclaré Frank-Walter Steinmeier suite à la publication des résultats préliminaires[21]. Laminé par la CDU dans le cadre du scrutin uninominal, avec seulement 64 mandats directs[22], le SPD a perdu plus de dix millions d'électeurs depuis les élections de 1998, qui avaient vu la victoire triomphale de Gerhard Schröder. Cette lourde défaite contraste avec la progression des Verts, qui, en franchissant la barre des 10 %, obtiennent le meilleur résultat de leur histoire à ce type d'élection. Record battu également du côté de Die Linke, qui réalise la meilleure performance du scrutin après le FDP[23]. Avec près de 12 % des suffrages exprimés, le parti de gauche emporte en outre seize mandats directs dans plusieurs länder de l'est du pays, battant de ce fait un autre record, aucun parti n'ayant encore jamais réussi à obtenir autant d'élus au scrutin majoritaire en dehors de la CDU, de la CSU et du SPD.

La très large avance des candidats CDU/CSU sur leurs principaux concurrents fait par ailleurs ressortir un aspect du système électoral jusque là peu exploité. L'Union a en effet gagné 24 mandats supplémentaires, alors même que le SPD n'en a eu aucun[22]. Cette particularité de la loi électorale donne ici une prime majoritaire relativement conséquente au parti vainqueur, renforçant le côté « mixte » du mode de scrutin sans pour autant remettre en question ses fondements essentiellement proportionnalistes. Cette situation unique permet en outre à la CDU de gagner des élus alors même qu'elle a perdu des voix.

Notes et références

  1. « Allemagne : dans le piège de la grande coalition », Rue 89, 26/08/2009
  2. « COR - Angela Merkel décidée à renvoyer le SPD dans l'opposition », L'Express, 06/09/2009
  3. (de) « Umfragen/Prognosen Bundestagswahl », election.de
  4. a  et b « Allemagne : Législatives du 27 septembre 2009 (Analyse) », par Corinne Deloy, Fondation Robert Schuman
  5. a  et b « En Allemagne, CSU et CDU divergent en matière de fiscalité », L'Express, Reuters, 21/09/2009
  6. « Malgré de premiers revers, Merkel conserve sa stratégie », Le Figaro, 01/09/2009
  7. « Merkel craint une érosion de son capital électoral », Le Figaro, 11/09/2009
  8. « Les libéraux espèrent être la clé d'une nouvelle majorité en Allemagne », Le Monde, 18/09/2009
  9. « La CDU bavaroise raille la campagne de Merkel », Le Figaro, 17/09/2009
  10. « Législatives allemandes, un scrutin quasi présidentiel », La Croix, 17/09/2009
  11. (en) 'I Consider a Coalition With the SPD and Greens Out of the Question', SPIEGEL Interview With FDP Leader Westerwelle, 18/08/2009
  12. « En Allemagne, die Linke brise les coalitions », Marianne 2, 03/09/2009
  13. « parti d'Oskar Lafontaine bouscule le SPD », Le Monde, 31/08/2009
  14. « Le SPD évoque l'idée d'une taxe sur les transactions financières », L'Express, 11/09/2009
  15. « Législatives allemandes: les militants du syndicat IG Metall déboussolés », Etienne BALMER pour l'AFP, 06/09/2009
  16. « Die Linke en campagne », DW-WORLD.DE, 22/06/2009
  17. « En Allemagne, la gauche radicale s'impose dans la campagne électorale », Le Monde, 11/09/2009
  18. « La crise afghane bouscule les législatives allemandes », Le Figaro, 08/09/2009
  19. « Allemagne : Merkel gouvernera sans les socialistes », Le Parisien, 28/09/2009
  20. « Berlin à droite », Le Monde, 28/09/2009
  21. « Allemagne : le SPD va devoir se réinventer », Marie de Vergès, Le Monde, 28/09/2009
  22. a  et b (de) « Bundestagswahl am 27. September 2009, Berichterstattung am Wahlabend », wahlrecht.de
  23. « Allemagne: le SPD sèchement renvoyé dans l’opposition, Die Linke monte en puissance », Euronews, 28/09/2009

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