Cléden-Poher

Cléden-Poher

48° 14′ 11″ N 3° 40′ 02″ W / 48.236389, -3.667223

Cléden-Poher
Calvaire du XVIe siècle.
Calvaire du XVIe siècle.
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Carhaix-Plouguer
Code commune 29029
Code postal 29270
Maire
Mandat en cours
Jacques Quiltu
2001-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Poher
Site web Site officiel de Cléden-Poher
Démographie
Population 1 062 hab. (2008[1])
Densité 36 hab./km²
Aire urbaine 14 136 hab. ()
Gentilé Clédinois, Clédinoise
Géographie
Coordonnées 48° 14′ 11″ Nord
       3° 40′ 02″ Ouest
/ 48.236389, -3.667223
Altitudes mini. 53 m — maxi. 155 m
Superficie 29,81 km2

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Cléden-Poher, une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Le terme Poher - nom du pays environnant - a été ajouté au nom de la commune afin de distinguer celle-ci de Cléden-Cap-Sizun, autre commune du Finistère.

Sommaire

Géographie

Cléden-Poher, comme son nom l'indique, fait partie du Poher. la commune est dans le centre-est du Finistère, à l'ouest de Carhaix située à 8 kilomètres, à 40 km au sud-est de Morlaix. Située au sud du Parc naturel régional d'Armorique distant d'une douzaine de kilomètres, la commune est traversée par l'Aulne et son affluent l'Hyères, donc par le canal de Nantes à Brest, certes désaffecté, qui emprunte le tracé de ces cours d'eau dont les vallées sont encaissées d'une cinquantaine de mètres par rapport au plateau avoisinant.

Le finage communal est compris entre 155 mètres et 53 mètres d'altitude, l'essentiel du territoire communal étant aux alentours de la centaine de mètres.

Histoire

Étymologie et origines

Cléden-Poher fit partie de la paroisse primitive de l'Armorique de Poullaouen, puis, celle-ci démembrée, elle engloba la trève de Kergloff. La mention la plus ancienne de Cléden se trouve dans le cartulaire de Redon et date de 1108 sous le nom de Parrochia Cleven. Au XIIe siècle, le lieu est dénommé Roc'h Cletguenn avant d'être mentionnée Cetguen Pochër dans le cartulaire de Quimper en 1363, le nom provenant du saint breton "Cleden" ou "Cletguen" (en gallois "Clydwyn"), et du nom de la région Poucaër (devenu Poher, c'est-à-dire la région de Carhaix)[3]. Les vestiges de cette forteresse se trouvent sur une plate-forme dominant l'Aulne et consistent en un camp triangulaire et une motte féodale. Dans le pouillé de l'évêché de Cornouaille de 1368, la paroisse est dénommée Cletguen Pocher. En 1793, la commune est dénommée Cléden-Pohef lors de sa création (erreur typographique ?).

Antiquité

La voie romaine allant d'Alet à la Pointe du Raz, pour sa section entre Carhaix (Vorgium) et Douarnenez passait à Coatmeur-Ty-Creis, au sud de La Haye et de La Roche, à Kermorvan, puis au bourg de Landeleau pour se diriger vers Châteauneuf en passant par Keryvon et Pont-Pol.

Gilles de Kerampuil (1530-1578)

Gilles de Kerampuil, de son vrai nom Gilles de Saisy de Kerampuil, est né vers 1530, fils de Jean I de Kerampuil et de Marie de Kerprigent. De vieille famille noble carhaisienne, mais orphelin jeune, il fit probablement des études à Paris et, entré dans les ordres, devint chanoine de la collégiale Saint-Trémeur de Carhaix où sa présence est attestée en 1568 et 1569. Il fut ensuite recteur de Cletguen (Cléden-Poher), de Motreff et de Tréaugan (Tréogan). On lui doit probablement le calvaire, les bas-reliefs du chœur et du grand autel, sans doute aussi le clocher de l'église. Il a aussi acquis des terres, entre autres en 1572 « le manoir et terre noble de La Haye » situés à Cléden-Poher.

Il part à Paris et écrit vers 1570 "Heures bretonnes", ouvrage qui se trouve à la Bibliothèque nationale, traduit en breton le catéchisme de Canisius et le Pater[4] . Revenu à Cléden-Poher, il tombe malade alors qu'il était reparti vers Paris et alors qu'il venait juste d'être nommé à l'évêché de Vannes. Cinq jours avant sa mort, il rédige son testament où il fait don de ses biens répartis entre de nombreuses personnes et paroisses de la région[5]. Il prévoit à sa mort de donner« troys mullons de bled » (blé) déjà battu « aux croyement pauvres et mandians de la dicte paroisse de Cletguen (Cléden-Poher), Kerahès (Carhaix) et Kergloff, scavoyr de la moictyé à Kerahes, et l'aultre moictyé aux deux aultres, et leur estre renduz en leurs maisons »[6]. Son testament prévoit aussi que « toute la filiacze (fillasse) qu'il a en la dicte paroisse de Cletguen ordonne estre distribuée à tous les pauvres d'ycelle, à chacun deux livres ».

Il est enterré dans le couvent de Bonne Nouvelle à Rennes, ville où il est mort le 29 septembre 1578.

Les guerres de la Ligue

Entre 1589 et 1598, comme tout le Poher, Cléden-Poher fut concernée par les guerres de la Ligue : en Bretagne à l'époque, les Ligueurs sont dirigés par Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et gouverneur de la province. Carhaix et les paroisses voisines dont Cléden-Poher, sont alors sous l'influence des Ligueurs. En représailles, le procureur du Roi Jan de Kerampuil décide de lever un impôt aux paroisses de la juridiction de Carhaix qui auront adhéré « aux ennemis de Sa Majesté et émancipées de son obéissance, du nombre desquelles il a présentement nommez estre ladite ville de Carhaix avec ses faubourgs, la paroisse de Plouguer, Moustoir, Trébrivan, Plévin, Motreff, Quelen(Locarn), Duault, & Landugen, Le Loc’h, Tréogant , Spézet, Mael-Pestivien, Botmel & Callac, Plusquellec, Calanhel, Plourach, Carnoët, Scrignac & Bolazec, Poulaouen, Plounévézel & Kergloff »[7] , entre autres pour « le payement de la garnison de Quintin » . Cléden-Poher ne figure donc pas dans la liste des paroisses devant paye en tout 3000 écus mais la trève de Kergloff qui dépendait alors de Cléden-Poher, est citée et condamnée à acquitter 100 écus. On ne sait pas si ces sommes furent effectivement versées[8].

En 1652 et à nouveau en 1679, le célèbre prédicateur Julien Maunoir prêche des Missions à Cléden-Poher[9]. C'est le curé de Cléden-Poher, Falchier, qui prononça son oraison funèbre fin janvier 1683 à Plévin.

La Révolte des Bonnets rouges

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675, conduite par Sébastien Le Balp, originaire de la trève de Kergloff.

Article détaillé : Révolte des Bonnets rouges.
Article détaillé : Sébastien Le Balp.

Vie rurale traditionnelle

« Ce territoire, plein de coteaux, vallons et montagnes, est très-peu cultivé; la mauvaise qualité du sol, qui est pierreux et plein de rochers, ne pourrait pas dédommager les cultivateurs des peines qu'ils prendraient à cet égard » écrit Ogée en 1780, en parlant de Cléden-Poher.

En 1843, selon Marteville et Varin[10], pour une superficie totale de 2984 hectares, les terres labourables occupent 1456 ha, les prés et pâturages 173 ha, les bois 127 ha, les landes et incultes 1019 ha. Les moulins sont alors au nombre de 5 (du Glas, du Staër, de Cabornès , à eau)[11].

Le XXe siècle

L'église paroissiale de Cléden-Poher en 1896
Le calvaire de Cléden-Poher en 1902

En 1901, une épidémie de dysenterie sévit à Cléden-Poher[12].

Le comte du Laz, maire de Cléden-Poher, adresse en 1902 la lettre suivante au Préfet du Finistère : « Regrettant profondément la laïcisation de notre école de filles qui a été ordonnée sans nous consulter et très reconnaissants aux sœurs du Saint-Esprit de leur dévouement désintéressé depuis quarante-quatre ans, nous avons le regret de vous adresser notre démission »[13]. Le maire fut suspendu puis révoqué pour avoir émis cette protestation[14]. Il fut réélu ainsi que les membres de sa liste lors des élections municipales qui furent organisées en novembre 1902 obtenant 373 voix pour 374 votants[15].

Le 22 octobre 1907, la foudre tombe sur le clocher de l'église qui s'écroule ; les cloches ont en partie fondu. Une maison voisine a également été détruite[16].

Le Pardon de Cléden-Poher était encore très fréquenté vers 1950[17]

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1902 1902 comte de Laz    
mars 2001 2008 Jacques Quiltu SE  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Selon Ogée, vers 1780, la paroisse avait 2000 "communiants"[18], mais elle englobait alors la trève de Kergloff.

Évolution démographique[19]:
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
1054 1055 1111 1158 1397 1469 1497 1521 1607 1537 1569 1520 1444 1566 1684 1756 1716
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007
1775 1747 1899 1807 1793 1734 1629 1486 1451 1161 1125 1064 1011 1118 1130 1047 1046
Nombre retenu à partir de 1968 : Population sans doubles comptes[19]

Commentaire : Après une augmentation régulière de sa population dans la première moitié du XIXe siècle (gain de 553 habitants en 48 ans entre 1793 et 1851), La commune enregistre un léger déclin démographique pendant le troisième quart du XIXe siècle ( - 163 habitants en 21 ans entre 1851 et 1872) avant enregistrer une nouvelle croissance démographique entre 1872 et 1906 ( + 455 habitants en 34 ans) qui culmine en 1906 avec 1899 habitants. La population décline de manière continue pendant la majeure partie du XXe siècle, perdant 888 habitants en 69 ans de 1906 à 1975. Les décennies récentes montrent par delà de modestes fluctuations peu significatives une stabilisation de la population à un niveau légèrement supérieur à 1000 habitants. En 2005, la commune restait un moins moins peuplée qu'en 1793. La densité reste modeste, autour de 35 habitants par km².

L'examen des soldes naturel et migratoire illustre la stabilisation de la population communale: selon le dernier recensement de l'INSEE[20], pour la période 1999-2007, ils sont tous les deux nuls (0 %) alors qu'ils étaient tous les deux légèrement négatifs pour l'intervalle intercensitaire précédent. Des logements neufs sont toutefois désormais construits en nombre non négligeable : 42 logements supplémentaires en 2007 par rapport à 1999.

La structure par âges de la population montre toutefois une population assez âgée : en 2007, les 65 ans et plus forment 24,1 % de la population alors que les moins de 15 ans ne représentaient que 16,2 %.

Lieux et monuments

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L'église et l'enclos paroissial avec son mur de clôture, le calvaire et l'ossuaire ont été classés Monuments historiques[25] par arrêté du 20 janvier 1983. Le cimetière de l'enclos paroissial a été transféré à l'extérieur du bourg en 1960.

    • La chapelle Sainte-Anne est située dans l'enceinte du manoir de Pratulo.
    • la chapelle Notre-Dame du Mur date du XVIIe siècle; à plan rectangulaire terminé par un chevet à trois pans, elle a un petit clocher à dôme et lanternon. Son mobilier intérieur est en assez mauvais état. La sacristie date de 1749[26].
    • des chapelles ont disparu : la chapelle Saint-Roc'h, détruite vers 1930, dominait la vallée de l'Hyère face au hameau du Moulin-du-Roi ; la chapelle Saint-Candide (honorant en fait saint Languis, confondu localement avec saint Candide).
    • d'autres croix et calvaires existent sur le territoire communal comme le calvaire de Botaval[23], daté de 160, mais mutilé.
  • Monuments civils :
La motte féodale de La Roche
  • La maison éclusière de Pont-Triffen a été transformée en "Centre d'interprétation du canal" et propose une exposition sur la partie finistérienne du canal de Nantes à Brest[30].

Usine de méthanisation

Le 27 juillet 2011 est annoncé un projet d'usine de méthanisation d'une puissance de 2 MW, la plus importante en France [31] .

Personnalités liées à la commune

  • Gilles de Kerampuil (voir plus haut)
  • Émile Gaocolou, né le 1er mars 1924 à Cléden-Poher (29), décédé le 10 mars 1945 au camp de concentration de Mauthausen (Source JO: 248-24 octobre 1993)
  • Joseph Le Bris, né le 24 mai 1907 à Cléden-Poher, a été déporté en 1944 à Erfurt.

Notes et références

  1. Populations légales 2008 de la commune : Cléden-Poher sur le site de l'Insee
  2. (fr)Tout sur la commune sur www.annuaire-mairie.fr. Consulté le 10 décembre 2010 .
  3. (fr)Sur la route des calvaires bretons sur www.zizitop.net. Consulté le 10 décembre 2010.
  4. a et b (fr)Cléden-Poher sur www.infobretagne.com. Consulté le 8 décembre 2010.
  5. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Société archéologique du Finistère, année 1895, consultable
  6. Testament de Messire Gilles de Kerampuil, sieur du Bigodou (près de Morlaix), chanoine de Kerahès,.. daté du 24 septembre 1578, cité par la Comtesse du Laz dans "Généalogie de la maison de Saisy de Kerampuil, suivie de pièces justificatives et complémentaires", 1896, consultable
  7. Dom Hyacinthe MORICE, « Mémoire pour servir de preuves »( 9 mars 1591),Preuves, Tome 3
  8. Bulletin du Centre généalogique et Historique du Poher, Kahier ar Poher ("Cahiers du Poher") n° 21, juin 2008, consultable http://joseph.lohou.perso.sfr.fr/Callac-de-Bretagne/poherligue.html
  9. R.P.G. Le Roux, "Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir", L. Prud'homme, 1848, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k/f274.image.pagination.r=Cl%C3%A9den-Poher.langFR
  10. Marteville et Varin, continuateurs, commentateurs et critiques d'Ogée,1843
  11. Cité par http://marikavel.com/bretagne/cleden-poher/accueil.htm
  12. Journal Le Temps n°14473 du 25 janvier 1901
  13. La Presse" n° 3758 du 13 septembre 1902,
  14. Bulletin des congrégations du 12/10/1902
  15. Bulletin des congrégations du 23/11/1902
  16. L'Humanité" n°1284 du 23 octobre 1907
  17. Photo du pardon de Cléden-Poher dans les années 1950
  18. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", 1780
  19. a et b notice communale
  20. Évolution et structure de la population en 2007 sur www.recensement.insee.fr. Consulté le 12 décembre 2010.
  21. patrimoine religieux sur marikavel.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  22. http://www.issy.com/index.php/fr/la_ville/histoire_et_patrimoine/patrimoine_de_la_ville/seminaire_de_saint_sulpice
  23. a et b Commune de Cléden-Poher sur www.croix-finistere.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  24. calvaire sur fr.topic-topos.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  25. Eglise Notre-Dame de l'Assomption sur www.annuaire-mairie.fr. Consulté le 12 décembre 2010.
  26. Chapelle Notre Dame du Mur sur fr.topic-topos.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  27. Motte féodale à Cleden-Poher sur fr.topic-topos.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  28. le château de Pratulo sur patrimoine.region-bretagne.fr. Consulté le 12 décembre 2010.
  29. Le manoir de Langantec sur fr.topic-topos.com. Consulté le 12 décembre 2010.
  30. Maisons éclusières - Lennon, Saint Hernin et Cleden Poher (29) sur www.centre-ouest-bretagne.org. Consulté le 12 décembre 2010.
  31. Méthanisation : construction d'une unité de 2 MW, Le Moniteur du 19 juillet 2011

Voir aussi

Bibliographie

  • Chanoine Jean-Marie Abgrall, "L'église de Cléden-Poher" (B.S.A.F. 1895). Inventaire Général Bretagne : Canton de Carhaix-Plouguer (1969).

Article connexe

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