Claude-François Lazowski

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Claude François Lazowski

Claude François Lazowski (en polonais « Klaudiusz Franciszek Łazowski »), né le 6 février 1752 à Lunéville, mort le 23 avril 1793 dans le village d'Issy, était un fonctionnaire sous l'Ancien Régime et un révolutionnaire français d'origine polonaise.

Sommaire

Biographie

Issu d'une famille polonaise de petite noblesse rurale, Lazowski était le petit-fils d'un cuisinier installé en Lorraine à la cour de Stanislas Leczinski, à Lunéville, où il avait obtenu le titre d'« officier de la bouche du roi ». Ce petit office était passé au père de Lazowski[1], Jean-Baptiste Lazowski (1714-1804), gentilhomme polonais né à Ciechanowicz, officier de bouche (1748), chef de l'office du Roi (1751), contrôleur des offices de Sa Majesté polonaise (1768). Celui se maria en 1746, à Lunéville, à Catherine Grandidier, dite Le Brun, avec laquelle il eut seize enfants (dix fils et six filles nés entre 1748 et 1768). Claude-François était le troisième[2],[3].

Incorporé, après ses études, dans un régiment de cavalerie, Lazowski fut arrêté à la suite d'une dispute avec un officier et, semble-t-il, condamné à mort. Tiré d'affaire grâce à son frère Maximilien, celui-ci lui obtint, en 1782, avec l'appui du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, la charge d'inspecteur général du commerce et des manufactures du Roi à Elbeuf (1782). Ce fut le début d'une carrière qui le mena du poste d'inspecteur des manufactures et du commerce à Soissons à celui d'inspecteur itinérant des manufactures et du commerce, avec résidence à Paris, poste créé exprès pour lui par Calonne en 1784[1].

Installé rue Mouffetard, dans le faubourg Saint-Marcel à cette époque, malgré ses 8 000 livres d'appointement par an, il occupait une position de premier plan dans le mouvement révolutionnaire de son quartier quand son poste fut supprimé, le 27 septembre 1791[1].

« Bel homme à la belle chevelure noire et frisée d'elle-même » selon Michelet[4], il remplaça Alexandre à la tête des canonniers de la section des Gobelins en 1792. Meneur d'hommes, il sut montrer l'exemple et entraîner les hommes dans des actions brillantes.

Le 16 juin 1792, Claude François Lazowski présenta devant le Conseil général de la Commune, avec neuf autres citoyens, et au nom des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel, un projet de pétition adressé à l'Assemblée et au Roi. Le Conseil général rejeta la proposition.

Organisateur du la journée du 20 juin 1792, il joua un rôle marquant à la tête de ses canonniers place du Carroussel.

Dès le 26 juillet 1792, au cabaret Soleil d'Or, avec Alexandre, Santerre, Westermann, Fournier, il participa à plusieurs réunions du directoire d'insurrection qui préparèrent la prise d'assaut du château des Tuileries, le 10 août 1792[5]. Ce jour-là, il commandait l'artillerie sous le château.

Le 5 août 1792, il régularisa une liaison de plusieurs années en épousant Marie-Jeanne-Sophie-Adélaïde Audry, fille d'artisans, en l'église de Saint-Marcel. Une fille, Caroline-Luce, avait vu le jour le 27 novembre 1789[6],[7].

Membre de la Commune insurrectionnelle, il fut chargé avec Fournier, en septembre, d'escorter à Paris les prisonniers d'Orléans. Toutefois, ces derniers furent massacrés par le peuple à Versailles. Accusé par ses adversaires de connivence avec les émeutiers, il ne fut pas possible d'établir sa responsabilité dans l'affaire.

Montagnard, membre du club des Jacobins, il participa activement à la lutte contre les Girondins. Vergniaud l'attaqua, avec Fournier et Desfieux comme responsable des désordres du 9-10 mars 1793 et de la destruction des imprimeries girondines. Défendu par la section du Finistère, dont il devint membre du Comité révolutionnaire, il fut acquitté par la convention.

Il mourut dans la maison qu'il venait d'acheter à Issy des suites d'une maladie. Les circonstances de sa mort ayant été jugées troubles, l'assemblée électorale à laquelle appartenait Lazowski demanda à plusieurs de se membres médecins de vérifier les causes du décès; après une autopsie, les médecins et les chirurgiens conclurent à un « engorgement inflammatoire, dont le siège principal était aux parties praecordiales ». La mort d'un homme considéré comme un héros causa un grand émoi, et des rumeurs d'empoisonnement circulèrent. Madame Roland, et à sa suite toute l'historiographie royaliste, prétendit que sa mort était due à sa vie déréglée, en particulier à un abus d'alcool[8],[9].

Des funérailles publiques furent votées par la Convention; l'organisation de la cérémonie fut confiée à David. Elle eut lieu le 28 avril. Robespierre, qui l'appréciait, prononça son éloge funèbre. Il avait déjà pris sa défense à la Convention quand Vergniaud l'avait attaqué. Par ailleurs, peu avant sa mort, Lazowski avait créé avec Maurice Duplay, logeur de Robespierre, une société pour l'achat d'une imprimerie située au n° 355 de la rue Saint-Honoré[9]. Enfin, la Commune de Paris adopta officiellement la fille du défunt. Celle-ci mourut célibataire à Paris le 25 juillet 1849[7].

Famille

Cinq des quinze frères et sœurs de Lazowski nous sont connus:

Source principale

  • Haïm Burstin, « Lazowski Claude-François », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, p. 653-654).

Notes et références

  1. a , b  et c Haïm Burstin, Une révolution à l'oeuvre: le faubourg Saint-Marcel (1789-1794), Paris, Éditions Champ Vallon, 2005, 923 pages, p. 360-362 (ISBN 2876733706).
  2. La Révolution dans les Vosges: revue d'histoire moderne, volumes 13-15, Comité départemental des Vosges pour la recherche et la publication des documents économiques de la révolution française, Imprimerie nouvelle, 1925, p. 2, note 3.
  3. a , b , c  et d Paul Huot, « Les prisonniers d'Orléans (épisode révolutionnaire), 1792-1795 » (p. 97-114, 156-164, 223-232 et 241-255), Revue d'Alsace, vol. 19, 3e série, tome IV, Colmar, 1868, p. 99-100.
  4. Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Paris, Gallimard, 1952, tome 2, p. 244.
  5. Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, 1789-1799, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1987 (ISBN 270282076X).
  6. Haïm Burstin, op. cit., p. 408.
  7. a  et b Henry Poulet, « Un Lunévillois oublié : Claude-François Lazowski, 1752 à 1793 », Le Pays lorrain & le pays messin, juillet 1922, nº 7 (n° 186), p. 292.
  8. Mémoires de Madame Roland, Paris, Plon, 1905, tome 1, p. 163-169 : « Il mourut tout à coup à Vaugirard, d'une fièvre inflammatoire, fruit des débauches, des veilles et de l'eau-de-vie. »
  9. a  et b Haïm Burstin, Une Révolution à l'œuvre: le faubourg Saint-Marcel (1789-1794), Paris, Éditions Champ Vallon, 2005, 923 pages, p. 549-558 (ISBN 2876733706).
  10. Lydia Scher-Zembitska, L'Aigle et le phénix: un siècle de relations franco-polonaise, 1732-1832, CNRS Éditions, 2001, 469 pages, p. 188 (ISBN 227105852X).
  11. Travaux et recherches de la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris, n° 6, Presses universitaires de France, 1965, p. 153.
  12. (en) Généraux qui ont servi dans l'armée française durant la période 1789-1814: Labadie à Lazowski
  13. Annales de l'Est, 1906, p. 253.
  14. Bulletin d'histoire économique et sociale de la Révolution française, Commission d'histoire économique et sociale de la Révolution française, CTHS, 1970, p. 103.

Bibliographie

  • René Farge, « Documents sur Lazowski », Annales révolutionnaires, 13e année, 1921, p. 63-67.
  • Arnaud de Lestapis, « Inventaires des biens de Lazowski après décès », Annales historiques de la Révolution française, 23e année, 1951, p. 409-410.
  • Witold, Lukaszewicz, Klaudiusz Franciszek Lazowski : nieznany bohater rewolucii francuskiej (« K. F. Lazowski, héros inconnu de la Révolution française »), Varsovie, 1948, 291 p.
  • Henry Poulet, « Un Lunévillois oublié : Claude-François Lazowski, 1752 à 1793 », Le Pays lorrain & le pays messin, 14e année, juillet et août 1922, nº 7 (n° 186) et 8 (N° 187), p. 289-300 et 365-371.
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