Calendrier julien

Calendrier julien

Le calendrier julien résulte de la réforme du calendrier romain introduite par Jules César en -46. Il est utilisé dans la Rome antique à partir de -45. Il reste employé jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle et, dans certains pays, jusqu'au XXe siècle. Il est encore utilisé par les Berbères, dans les monastères du mont Athos et par plusieurs Églises nationales orthodoxes, notamment par les Églises orthodoxes russe et serbe.

Le calendrier julien est parfois signalé par l'appellation ancien style ou a.s. (ou O.S. pour old style en anglais).

Le calendrier copte utilise la même structure que le calendrier julien avec quelques variantes d'application.

Ne pas confondre le calendrier julien avec la date julienne.

Sommaire

Le calendrier républicain

Le calendrier romain en usage à Rome avant la réforme julienne fonctionnait de la manière suivante :

Il comportait douze mois et 355 jours en année normale. L'année débutait aux ides de mars (15 mars, considéré comme le début du printemps) et le nombre de jours de chaque mois était :

Le calendrier républicain avant la réforme julienne
I Martius mars 31 jours
II Aprilis avril 29 jours
III Maius mai 31 jours
IV Iunius juin 29 jours
V Quintilis quintile 31 jours
VI Sextilis sextile 29 jours
VII September septembre 29 jours
VIII October octobre 31 jours
IX November novembre 29 jours
X December décembre 29 jours
XI Ianuarius janvier 29 jours
XII Februarius février 28 jours
TOTAL 355 jours

Un mois intercalaire, mensis intercalaris, de 27 jours était intercalé tous les deux ans. Cette intercalation avait lieu alternativement après le 23 ou le 24 février ; il se substituait aux quatre ou cinq derniers jours de février. Ainsi les années comptaient les nombres de jours suivants :

Cycle des intercalations du calendrier républicain
Type d'année Intercalation Nombre de jours
Normale Aucune 355 jours
Intercalaire courte février : 23 jours
+ mois intercalaire
de 27 jours
377 jours
Intercalaire longue février : 24 jours
+ mois intercalaire
de 27 jours
378 jours
Normale Aucune 355 jours
... ... ...

Du point de vue des fêtes civiles et religieuses, les cinq derniers jours de février devenaient les cinq derniers jours du mois intercalaire. Celui-ci était appelé Mercedonius, parce que les mercenaires recevaient leurs salaires (en latin : merces) à ce moment-là.

L'année moyenne de ce calendrier comptait 366,25 jours, soit environ un jour de plus que l'année tropique. La durée moyenne des mois était de 29,59 jours, assez proche de la durée d'une lunaison (intervalle entre deux pleines lunes), de 29,53 jours. C'est lors de la République que la semaine commerçante de 8 jours s'est imposée.

Selon Censorinus[1] et Macrobe[2], ce cycle d'intercalation était le meilleur possible. Macrobe décrit un raffinement, pour une période de huit ans tous les 24 ans, ne comprenant que trois années intercalaires, toutes de 377 jours. Ce principe permettait de ramener la longueur moyenne de l'année calendaire à 365,25 jours sur 24 ans, proche de l'année tropique.

Motifs de la réforme julienne

En pratique, le système ne fut pas appliqué rigoureusement ; les intercalations étant effectuées de façon hasardeuse. Celles-ci étaient déterminées par les pontifes, prêtres responsables du calendrier, et appliquées par les consuls. Négligence, concussion aussi (le calendrier déterminait les dates de résolution des crédits, d'exigibilité des loyers, etc.), les documents montrent qu'elles furent très irrégulières, parfois omises plusieurs années de suite et, à l'occasion, mises en œuvre plusieurs années consécutives.

S'il était utilisé correctement, ce système permettait à l'année romaine de rester grossièrement alignée sur l'année tropique. Cependant, lorsque trop d'intercalations furent omises, comme lors de la Deuxième Guerre punique ou des Guerres civiles romaines, le calendrier se décala rapidement. De plus, comme les intercalations étaient déterminées assez tardivement, un citoyen romain ordinaire ne connaissait pas la date officielle, particulièrement s'il se trouvait loin de Rome. Ainsi, le calendrier devint peu à peu incompréhensible ; les années précédant la réforme julienne furent appelées les « années de la confusion ». Pendant les années où Jules César exerça la charge de pontifex maximus, avant la réforme, entre -63 et -46, seules cinq intercalations furent pratiquées au lieu de huit, et aucune ne se produisit entre -51 et -46.

La réforme julienne avait donc pour objet de corriger définitivement ces défauts en créant un calendrier qui resterait de façon simple en correspondance avec le Soleil, sans intervention humaine.

La réforme julienne

En tant que pontifex maximus, César avait la charge de fixer le calendrier. La réforme julienne fut introduite à son initiative en -46 (708 depuis la fondation de la Ville (Rome), ab Urbe condita, AUC) et entra en application en -45 (709 AUC). Elle fut établie après consultation de l'astronome Sosigène d'Alexandrie et probablement conçue pour approcher l'année tropique, déterminée depuis au moins Hipparque.

Description de la réforme

Alignement du calendrier avec le Soleil

La première étape de la réforme fut le réalignement du début de l'année romaine avec l'année tropique. Du fait des intercalations absentes, le calendrier romain avait pris 90 jours d'avance. L'année -46 dura donc 445 jours. Cette année avait déjà été étendue de 355 à 378 jours par l'insertion d'un mois intercalaire régulier en février. Lorsque César décréta la réforme, probablement après son retour de sa campagne africaine à la fin de quintilis (juillet), il ajouta 67 autres jours en intercalant deux mois intercalaires exceptionnels entre novembre et décembre. Cicéron nomme ces mois intercalaris prior et intercalaris posterior dans une lettre écrite à cette époque ; leur longueur respective est inconnue, tout comme la position des nones et des ides lors de chacun de ces mois. L'année -45 fut la première année d'application régulière du nouveau calendrier.

Réforme de la longueur des mois et de l'année

  • le calendrier conserve les douze mois du calendrier républicain ;
  • le début de l'année est fixé au 1er janvier (date d'élection des Consuls de Rome) ;
  • l'année normale comporte 365 jours. Pour ce faire, les mois sont allongés, selon la répartition par mois suivante :
Les mois du calendrier julien et leur longueur
Ianuarius 31 jours
Februarius 29 jours
Martius 31 jours
Aprilis 30 jours
Maius 31 jours
Junius 30 jours
Quintilis 31 jours
Sextilis 30 jours
September 31 jours
October 30 jours
November 31 jours
December 30 jours
TOTAL 365 jours

Macrobe prétend que ces jours additionnels furent ajoutés immédiatement après le dernier jour de chacun de ces mois pour éviter de déplacer des fêtes établies[2]. Cependant, comme les dates romaines après les ides d'un mois étaient comptées à rebours relativement au début du mois suivant, ces jours supplémentaires eurent pour effet d'augmenter le compte initial du jour situé juste après les Ides. Les Romains de l'époque nés après les Ides d'un tel mois réagirent différemment à ce changement sur leur date d'anniversaire. Marc Antoine le conserva au 14e jour de januarius, ce qui le fit passer de a.d. XVII Kal. Feb. à a.d. XIX Kal. Feb., une date qui n'existait pas auparavant. Livie la conserva à a.d. III Kal. Feb., ce qui la décala du 28e au 30e jour de januarius, un jour qui là encore n'existait pas auparavant. Auguste conserva la sienne au 23e jour de september, mais les deux dates, l'ancienne a.d. VIII Kal. Oct. et la nouvelle a.d. IX Kal. Oct., étaient célébrées à certains endroits.

Intercalation

Un jour intercalaire est inséré tous les quatre ans afin de mieux approcher l'année tropique (environ 365,2422 jours). L'année où un jour supplémentaire est intercalé compte 366 jours. En moyenne, une année du calendrier julien dure donc 365,25 jours.

L'ancien mensis intercalaris, fut aboli. Le nouveau jour intercalaire fut inséré en février. La position exacte du jour bissextile dans le calendrier julien original n'est pas connue avec certitude. En 238, Censorinus déclarait qu'il était inséré après les Terminales (23 février)[1]. Il était donc suivi des cinq derniers jours de février, c'est-à-dire a. d. VI, V, IV, III et prid. Kal. Mart. (ces jours correspondent aux 24 à 28 février dans une année commune et aux 25 à 29 février dans une année bissextile). Il est vraisemblable que ce jour intercalaire ne remplaçait pas le 24 février mais redoublait le 23 février (sixième jours des calendes de mars), afin de ne pas modifier les commémorations des cinq derniers jours de février. Il fut ainsi appelé ante diem bis sextum Kalendas Martias, généralement abrégé en a.d. bis VI Kal. Mart. (c'est-à-dire « sixième jour bis avant les calendes de mars » ; l'année qui le contenait, fut appelée annus bissextus.

Tous les auteurs ultérieurs, comme Macrobe vers 430[2], Bède en 725[3] et les computistes médiévaux suivirent cette règle.

Le calendrier liturgique de l'église catholique romaine suivit cette règle jusqu'en 1970.

Les jours des mois ne furent numérotés de façon consécutive qu'à la fin du Moyen Âge. Le jour bissextile fut alors considéré comme le dernier jour de février, c'est-à-dire le 29 février.

Nota : l'année julienne moyenne de 365,25 jours est un peu plus longue que l'année tropique de 365,2422 jours. Cette différence conduira à la réforme du calendrier grégorien en 1582.

Application du calendrier julien

Corrections d'Auguste

Bien que l'intercalation julienne soit plus simple que celle du calendrier romain, elle fut, semble-t-il, mal appliquée au début. Apparemment, les pontifes comprirent mal la méthode et ajoutèrent un jour intercalaire tous les trois ans, et non tous les quatre. Auguste, Pontifex Maximus, après 36 ans, corrigea cette erreur en omettant plusieurs années bissextiles pour réaligner l'année civile sur le Soleil.

La suite des années bissextiles de cette période n'est donnée explicitement par aucune source ancienne, même si l'existence d'un cycle triannuel est confirmée par une inscription datant de -9 ou -8. Le chronologiste Joseph Scaliger établit en 1583 que la réforme d'Auguste fut instituée en -8 et en déduisit que les années bissextiles furent -42, -39, -36, -33, -30, -27, -24, -21, -18, -15, -12, -9, 8, 12, etc. Cette proposition est toujours la plus acceptée. Il a parfois été suggéré que la première année de la réforme julienne, -45, était également bissextile.

D'autres solutions ont été proposées. En 1614, Kepler émis l'hypothèse que la suite correcte était -43, -40, -37, -34, -31, -28, -25, -22, -19, -16, -13, -10, 8, 12, etc. En 1883, le chronologiste allemand Matzat proposa -44, -41, -38, -35, -32, -29, -26, -23, -20, -17, -14, -11, 4, 8, 12, etc., sur la base d'un passage de Dion Cassius mentionnant un jour intercalaire en -41 prétendument « contraire à la règle [de César] ». Dans les années 1960, Radke argumenta que la réforme fut instituée lorsqu'Auguste devint pontifex maximus en -12, suggérant la suite -45, -42, -39, -36, -33, -30, -27, -24, -21, -18, -15, -12, 4, 8, 12, etc. Dans tous les cas, selon Radke, le calendrier romain fut à nouveau aligné avec le calendrier julien à partir du 26 février 4.

En 1999 fut découvert un papyrus égyptien donnant une éphéméride de l'année -24 pour les dates romaines et égyptiennes, suggérant la séquence -44, -41, -38, -35, -32, -29, -26, -23, -20, -17, -14, -11, -8, 4, 8, 12, etc, proche de celle proposée par Matzat.

Modifications ultérieures

César est assassiné en -44. Pour perpétuer son souvenir Marc-Antoine, alors consul, ordonne de renommer quintilis en julius[4], car il s'agissait du mois de sa naissance. Après la réforme augustine, le sénat décida en -8 d'honorer Auguste en renommant sextilis en augustus. Selon un sénatus-consulte cité par Macrobe, ce mois fut choisi car Auguste était le successeur de César et que de nombreux événements liés à son accession au pouvoir s'étaient produits ce mois-là. Toutefois, sextilis ne comportant que 30 jours, Auguste n'aurait su être honoré par un mois plus court que celui dédié à César (julius comportant 31 jours). On modifia donc la durée de sextilis pour la porter à 31 jours et la durée des mois suivants fut modifiée pour respecter l'alternance des mois. Enfin, pour conserver la durée de l'année normale à 365 jours, un jour fut enlevé à februarus[5].

Après ces modifications, le nom et la durée des mois fut celui que nous connaissons aujourd'hui :

Les mois du calendrier après la réforme d'Auguste
Ianuarius 31 jours
Februarus 28 jours
Martius 31 jours
Aprilis 30 jours
Maius 31 jours
Junius 30 jours
Julius 31 jours
Augustus 31 jours
September 30 jours
October 31 jours
November 30 jours
December 31 jours
TOTAL 365 jours
Autres tentatives de modifications

D'autres mois furent renommés par d'autres empereurs, mais aucun changement n'a survécu à leur mort.

  • Caligula renomma september en germanicus.
  • Néron renomma aprilis en neroneus, maius en claudius et junius en germanicus.
  • Domitien renomma september en germanicus et october en domitianus. September fut également rebaptisé antoninus (en l'honneur d'Antonin le Pieux) et tacitus (pour Marcus Claudius Tacite), november en faustina (Faustine l'Ancienne) et romanus.
  • Commode rebaptisa la totalité des douze mois par ses noms et désignations : amazonius, invictus, felix, pius, lucius, aelius, aurelius, commodus, augustus, herculeus, romanus et exsuperatorius.

Charlemagne renomma également les mois en vieux haut-allemand, mais cette opération fut plus pérenne que celle des empereurs romains. Ces noms furent utilisés jusqu'au XVe siècle en Allemagne et aux Pays-Bas, et jusqu'au XVIIIe siècle avec quelques modifications. De janvier à décembre : Wintarmanoth, Hornung, Lentzinmanoth, Ostarmanoth, Wonnemanoth, Brachmanoth, Heuvimanoth, Aranmanoth, Witumanoth, Windumemanoth, Herbistmanoth et Heilagmanoth.

Introduction de la semaine de sept jours

Le décompte des ides et des calendes, qui comprenait une "semaine" de huit jours ou nundines, fut remplacé par la semaine de sept jours aux alentours du IIIe siècle. Constantin introduisit en 312 le dimanche comme jour férié dans cette semaine.

Origines des années ou « ères »

Les datations consulaires

Divers systèmes d'identification des années ont été employés avec le calendrier julien. Pour les Romains, la méthode dominante consistait à nommer chaque année d'après les deux consuls (dits consuls éponymes) qui depuis l'an -153 prenaient leur office le 1er janvier de chaque année. Les Romains utilisèrent aussi parfois l'année de règne de l'empereur ; vers la fin du IVe siècle, les documents étaient de plus datés selon le cycle de 15 ans de l'indiction.

En 537, Justinien imposa la mention du nom de l'empereur et de son année de règne, combinée avec la mention de l'indiction et du consul éponyme, tout en autorisant l'usage d'ères locales.

En 309 et 310, ainsi qu'à certaines dates ultérieures, aucun consul ne fut appointé. Dans ce cas, la date consulaire était donnée en indiquant le nombre d'années depuis le dernier consul (datation post-consulaire). Après 541, seul l'empereur dirigea le consulat, typiquement pendant une seule année, et la datation postconsulaire devint la norme. Le système, obsolète, fut formellement aboli par Léon VI en 888.

La datation ab Urbe condita

La datation ab Urbe condita (AUC, « à partir de la fondation de la Ville ») ne fut que rarement utilisée pour désigner les années. Cette méthode servait aux historiens romains pour déterminer le nombre d'années entre deux événements et différents historiens pouvaient utiliser différentes dates.

Diverses ères locales

L'adoption du calendrier julien conduisit à plusieurs ères locales, comme l'ère d'Actium ou l'ère hispanique, et certaines furent utilisées pendant un temps certain. L'ère des Martyrs, également nommée anno Diocletiani, fut utilisée par les chrétiens d'Alexandrie pour dater leurs Pâques pendant le IVe siècle et le Ve siècle, et continue de l'être par les Églises copte et éthiopienne.

Dans l'est de la Méditerranée, les efforts des chronographes chrétiens tel qu’Anien d’Alexandrie pour dater la création du monde d’après la Bible conduisirent à l’introduction de diverses ères Anno Mundi fondée sur cet événement. La plus importante est l’Etos Kosmou, utilisé dans le monde byzantin à partir du Xe siècle et en Russie jusqu'en 1700.

L'ère moderne ou « ère de l'Incarnation »

À l'ouest, aux alentours de 527, Denys le Petit proposa le système de l’anno Domini, c'est-à-dire « année du Seigneur », qui s'est graduellement répandu dans le monde chrétien : les années étaient numérotées à partir soit de la date supposée de l'annonce du Christ, le 25 mars de l'an 753 AUC ou soit à partir de la date supposée de sa naissance (ou Incarnation) le 25 décembre de l'an 753 AUC. Pour des raisons pratiques, le début de l’Ère de l'Incarnation fut reporté à l'année julienne commençant le 1er janvier de l'an 754 AUC, comptée comme An 1 de l'Ère de l'Incarnation.

Pour des raisons pratiques (imposées par la suprématie mondiale des nations chrétiennes), l'« ère de l'Incarnation » s'est universellement imposée pour les usages civils et constitue la norme actuelle de datation (à l'exception de la date julienne utilisée dans certains domaines scientifiques).

Jour de l'an

L'année consulaire du calendrier romain débutait le 1er janvier depuis 153 av. J.-C. et ne fut pas modifiée par la réforme julienne (d'autres calendriers pouvaient débuter un autre jour, comme l'année religieuse ou l'année traditionnelle).

Des calendriers locaux alignés sur le calendrier julien conservèrent une date de début d'année différente. En Égypte, le calendrier alexandrin débutait le 29 août (le 30 août après une année bissextile), suivant en cela la tradition du calendrier pharaonique.

Plusieurs calendriers provinciaux locaux alignèrent le début d'année sur l'anniversaire d'Auguste, le 23 septembre.

L'indiction provoqua l'adoption du 1er septembre comme début d'année dans l'Empire byzantin ; cette date est toujours utilisée dans l'Église orthodoxe pour le début de l'année liturgique. Lorsque Vladimir Ier de Kiev adopta le calendrier julien en 988, l'année fut numérotée Anno Mundi 6496 et débuta le 1er mars, six mois après le début de l'Anno Mundi byzantine de même numéro.

En 1492 (Anno Mundi 7000), Ivan III réaligna le début d'année au 1er septembre ; l'Anno Mundi 7000 ne dura donc que six mois en Russie, du 1er mars au 31 août 1492.

Pendant le Moyen Âge, dans les régions d'Europe de l'Ouest affiliées à l'Église catholique romaine, les calendriers, pour des nécessités civiles, continuèrent à afficher les mois en 12 colonnes de janvier à décembre, en débutant au 1er mars (style vénitien[6]) ou 1er janvier (style de la Circoncision de Jésus), l’Église y ajoutant une année lunaire pour déterminer les fêtes religieuses. Cependant, la plupart de ces pays débutèrent la numérotation de l'année à une fête religieuse importante, comme le 25 décembre (style de la Nativité de Jésus), le 25 mars (style florentin ou style de l'Annonciation, d'où la tradition du poisson d'avril commémorant l'usage de s'échanger des cadeaux en début d'année de ce style), voire à Pâques (style de Pâques) comme dans certaines régions françaises[7].

Au IXe siècle, le 25 mars fut utilisé comme début d'une nouvelle année dans le sud de l'Europe. Cette pratique s'étendit en Europe à partir du XIe siècle et en Angleterre à la fin du XIIe siècle. Par exemple, les archives parlementaires anglaises enregistrèrent l'exécution de Charles Ier le 30 janvier 1648, même si la date correspondrait à ce qui serait actuellement considéré comme le 30 janvier 1649.

La plupart des pays d'Europe de l'Ouest déplacèrent le jour de l'an au 1er janvier avant leur adoption du calendrier grégorien (voire avant sa création en 1582), principalement pendant le XVIe siècle. La liste suivante en donne quelques exemples :

Réforme grégorienne et désuétude du calendrier julien

Réforme grégorienne

Le calendrier julien fut d'utilisation commune en Europe et en Afrique du nord depuis l'époque de l'Empire romain jusqu'en 1582, lorsque le pape Grégoire XIII promulgua le calendrier grégorien. Cette réforme était rendue nécessaire par l'excès de jours intercalaires du système julien par rapport aux saisons astronomiques. En moyenne, les solstices et les équinoxes avancent de 11 minutes par an par rapport à l'année julienne. Hipparque et peut-être Sosigène avaient déjà pris conscience de ce décalage, mais il ne fut probablement pas jugé important à l'époque de la réforme julienne. Cependant, le calendrier julien se décale d'un jour en 134 ans. En 1582, il était décalé de dix jours par rapport au Soleil. Il en résultait un déplacement de plus en plus important de la date de Pâques vers l'été, fête du printemps et du renouveau, fondamentale dans le calendrier liturgique romain.

La réforme grégorienne eut pour objet de :

  • rétablir l'alignement du calendrier avec le Soleil ;
  • définir un système d'intercalation qui ajuste l'année calendaire sur l'année tropique avec plus de précision ;
  • définir un calcul de la date de Pâques en accord avec le nouveau calendrier et conforme aux prescriptions du Concile de Nicée.

Permanence du calendrier julien

Si, pour les usages civils, tous les pays de culte majoritairement orthodoxe (essentiellement en Europe de l'Est et du Sud-Est) adoptèrent le calendrier grégorien avant 1927, ce n'est pas le cas de leurs Églises nationales. En mai 1923, le synode d'Istanbul proposa un calendrier julien révisé, constitué d'une partie solaire identique au calendrier grégorien (et qui le restera jusqu'en 2800) et d'une partie lunaire calculant la date de Pâques par observation astronomique à Jérusalem. Les Églises orthodoxes refusèrent toutes la partie lunaire. Presque toutes les Églises orthodoxes continuent de célébrer la Pâques selon le calendrier julien (seule l'Église orthodoxe de Finlande utilise le calendrier grégorien).

La partie solaire du calendrier julien révisé ne fut acceptée que par quelques Églises orthodoxes, dans l'espoir d'un meilleur dialogue avec l'Église d'Occident : le patriarcat œcuménique de Constantinople, les patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, les Églises orthodoxes de Grèce, Chypre, Roumanie, Pologne, Bulgarie (en 1963) en Amérique (certaines paroisses y ont toujours le droit d'utiliser le calendrier julien). Les Églises orthodoxes de Jérusalem, Russie, Macédoine, Serbie, Géorgie et Ukraine continuent d'utiliser le calendrier julien (ainsi que certaines Églises schismatiques, vieilles-calendaristes). Elles fêtent par exemple la Nativité le 25 décembre julien, c'est-à-dire le 7 janvier grégorien (jusqu'en 2100). Certaines paroisses occidentales de l'Église orthodoxe russe célèbrent la Nativité le 25 décembre grégorien, ainsi que celles des orthodoxes bulgares d'Amérique, avant et après le transfert en 1976 de ce diocèse de l'Église orthodoxe russe hors frontières à l'Église orthodoxe en Amérique.

Autres usages

Outre les églises déjà citées, le calendrier julien demeure utilisé en Afrique du Nord, chez les Berbères. Le calendrier berbère est utilisé dans un but agricole. Le premier jour de l'année correspond actuellement au 14 janvier du calendrier grégorien.

Une variante du calendrier julien est utilisée en Égypte, en matière liturgique, par le calendrier copte.

Notes et références

  1. a et b (la) Censorinus, De Die Natali, 238 
  2. a, b et c Macrobe, Les Saturnales 
  3. Bède, Sur le Décompte du temps, 725 
  4. J.P. Parisot, F. Suagher, Calendriers et chronologie, Masson, 1996
  5. http://www.techno-science.net
  6. On appelle style un type de datation du début de l'année
  7. René Kahn, Régulation temporelle et territoires urbains : habiter l'espace et le temps d'une ville, L'Harmattan, 2007, 273 p. [lire en ligne], p. 65-66 

Voir aussi

Articles connexes

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  • Calendrier Aztèque — Monde aztèque Société aztèque Nahuatl Mythologie aztèque Religion aztèque Astrologie aztèque …   Wikipédia en Français

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