Charles-Gilbert Heulhard de Montigny

Charles-Gilbert Heulhard de Montigny

Philibert Charles Gilbert Heulhard de Montigny[1], né 10 novembre 1771 à Lormes et mort le 14 janvier 1872 au château de Fraifontaine (commune de Lormes), était un magistrat, un publiciste et un homme politique français.

Sommaire

Biographie

Né en 1771, Heulhard est issu d'une prestigieuse famille originaire du Bourbonnais. Plusieurs de ses ancêtres ont ainsi été maires de Moulins. Son père est un éminent jurisconsulte.

Le jeune pamphlétaire monarchiste

Il fait des études de médecine, mais se consacre surtout à l'écriture durant la période révolutionnaire. De sensibilité royaliste il publie en 1795 un pamphlet, la Lanterne de Diogène, dénonçant les Montagnards et plus particulièrement la queue de Robespierre: Collot d'Herbois, Billaud-Varenne etc. En 1797 il rédige De l'influence des partis sur l'opinion publique, un texte qui attaque le Directoire.

Il se définit alors comme un monarchiste libéral, attaché aux principes de 1789, mais farouche opposant du suffrage universel et des dérives révolutionnaires.

Carrière sous Napoléon

Ayant abandonné la médecine, il suit la voie paternelle et se tourne vers l'étude du droit. En 1803, il rédige un Précis des évènements et de la législation de la Révolution, salué par le milieu judiciaire.

Sous le Premier Empire, Heulhard débute véritablement sa carrière dans la magistrature. En 1808, il est auditeur à la Cour d'appel de Bourges, puis conseiller auditeur l'année suivante.

C'est en 1815 que débute sa carrière politique. Durant les Cent-Jours, il est élu député de la Nièvre à la Chambre des représentants, par 55 voix sur 95 votants. Il ne se fait pas remarquer au cours de cette courte législature, si ce n'est pour demander que l'on maintienne à l'ordre de jour la loi sur la liberté de la presse.

Magistrat et notable berruyer

Il retourne ensuite à la magistrature, tout en participant aux débats judiciaire et politique. Il publie ainsi sous la Restauration plusieurs brochures traitant de ces questions d'actualité, comme Considérations sur le pouvoir judiciaire et sur le jury en 1819. Il se pose alors comme l'un des chefs de file du parti libéral dans la région.

En 1823, Heulhard tente de redevenir député de la Nièvre, mais il est largement battu par l'ultra-royaliste Chabrol de Chaméane. Cette expérience électorale est pour lui la seule jusqu'à la chute de Charles X.

Député du Cher en 1830

En juillet 1830, Heulhard est à nouveau élu député, cette fois-ci pour le Cher. Son élection et celle du son collègue Devaux permettent le triomphe des libéraux dans le département. Quelques jours après son élection se déroule la Révolution des Trois Glorieuses. Montigny adhère avec enthousiasme à la Monarchie de Juillet et vote avec le parti de la résistance. Il quitte son siège moins d'un an plus tard, en 1831.

Fin de carrière

Il poursuit sans encombre sa carrière et est nommé en 1833 président de chambre à la Cour royale de Bourges. En 1839, il est fait chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur.

En 1840, à 68 ans, il est admis à la retraite avec le tire de président honoraire. Il reprend alors sa carrière politique et siège plusieurs années au Conseil général du Cher. Il se retire ensuite dans la Nièvre avant que le Second Empire ne le ramène à nouveau à l'activité politique, puisqu'il devient en 1853 maire de Lormes, sa ville natale.

Heulhard de Montigny publie également des brochures à caractère politique, jusqu'à un âge très avancé. L'année de ses cent ans, il rédige un écrit sur l'Assemblée nationale de 1871. Orléaniste de conviction, il pourfend dans ses écrits le suffrage universel et soutient le mode de scrutin censitaire. Il n'en reste pas moins un soutien de Napoléon III, saluant l'avènement progressif de l'Empire libéral dans les années 1860.

Il meurt centenaire au début de 1872. Né sous Louis XV, il s'éteint au tout début de la IIIème République, après avoir assisté à la disparition de tous ses contemporains.

Source

  • « Charles-Gilbert Heulhard de Montigny » , dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Notes et références

  1. Il est autorisé à s'appeler de Montigny par un décret impérial du 24 mars 1860: [1]

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Charles-Gilbert Heulhard de Montigny de Wikipédia en français (auteurs)

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