Traite orientale arabe

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Traite arabe

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La traite désigne le commerce des êtres humains considérés comme des esclaves. Elle concerne toutes les périodes de l'Histoire ainsi que toutes sortes de populations, mais sa source la plus importante se trouve en Afrique. En général, il s'agit de la traite des Noirs, mais, en fonction de l'époque et de l'aire géographique considérée, on distingue plusieurs types de traites.

La traite arabe a concerné un territoire qui déborde de l'aire arabe ; les négriers n'étaient ni exclusivement musulmans, ni arabes : Persans, Berbères, Indiens, Javanais, Malais, Chinois, Juifs et Noirs ont participé à ces entreprises, à des degrés plus ou moins grands. Ainsi, une inscription trouvée à Java Est et datée de 860 après J.-C., mentionne, dans une liste de domestiques, la présence de Jenggi, c'est-à-dire de Zenj. Une inscription javanaise ultérieure parle d'esclaves noirs offerts par un roi javanais à la cour impériale de Chine. Il y avait aussi une traite visant des Européens, centrée sur la Méditerranée. L'un des plus grands centre de concentration et de vente d'esclaves, Tombouctou, n'était accessible qu'aux seuls musulmans.

D'un point de vue centré sur l'Occident, le sujet s'assimile à la traite arabe. Celle-ci a suivi trois types d'itinéraires au Moyen Âge :

  • les routes terrestres à travers les déserts du Maghreb et du Machrek d'une part (itinéraire transsaharien) ;
  • les routes maritimes à l'est de l'Afrique (mer Rouge et océan Indien) d'autre part (itinéraire oriental).
  • la Méditerranée, où les pirates, en particulier ceux de la Régence d'Alger, capturaient des esclaves européens

Elle n'a pas eu les mêmes destinations que la traite transatlantique : elle a alimenté en esclaves noirs le monde musulman qui, à son apogée, s'étend sur trois continents, de l'océan Atlantique (Maroc, Espagne) à l'Inde et l'Est de la Chine. Elle a été plus étalée dans le temps : elle commence dès le Moyen Âge et s'arrête au début du XXe siècle : le dernier marché aux esclaves est fermé au Maroc en 1920[1] ; environ 1/3 des Éthiopiens[1] étaient des esclaves en 1923.

Sommaire

Sources et historiographie de la traite arabe

Un sujet récent et soumis à controverse

Le Marché aux esclaves (peinture occidentale orientaliste de Jean-Léon Gérôme, XIXe siècle)

L'histoire de la traite soulève de nombreux débats parmi les historiens. Les spécialistes s'interrogent en premier lieu sur le nombre d'Africains déportés. La question est difficile à résoudre à cause du manque de statistiques fiables : il n'existe aucun recensement systématique en Afrique au Moyen Âge, alors que les archives sont beaucoup plus fournies en ce qui concerne la traite atlantique (XVIeXVIIIe siècles), bien que les livres de compte aient été souvent falsifiés. L'historien doit utiliser des documents narratifs et imprécis et faire des estimations soumises à caution : Luiz Felipe de Alencastro[2] annonce 8 millions d'esclaves africains déportés entre le VIIIe et le XIXe siècle par la traite arabe et transsaharienne. Christian Delacampagne propose le chiffre de 11 millions en se basant sur l'étude de Ralph Austen[3]. Olivier Pétré-Grenouilleau a avancé le chiffre de 17 millions de Noirs réduits à l'esclavage (pour la même période et la même aire) lui aussi sur la base des travaux de Ralph Austen[4] - ce dernier évaluant la marge d'erreur de ses estimations à 25 %. Pour Jean Sévilla, 12 millions d'Africains ont été déportés par la traite arabe[5]. D'autres sources[1] évoquent un total de plus de 4,5 millions d'esclaves noirs déportés hors d'Afrique par la traite arabe rien qu'au XIXe siècle.

Pour certains, évoquer le passé négrier des musulmans revient à essayer de minimiser la traite transatlantique. Pourtant, « la traite vers l'océan Indien et la Méditerranée est bien antérieure à l'irruption des Européens sur le continent » [6]. Paul Bairoch avance le chiffre de 25 millions de Noirs ayant subi la traite arabe contre 11 millions ayant subi celle des Occidentaux[7].

Le deuxième obstacle à l'histoire de la traite arabe est celui des sources. Des documents étrangers aux cultures africaines sont à notre disposition : ils sont écrits par des lettrés qui s'expriment en arabe et nous proposent un regard partial et souvent condescendant sur le phénomène étudié. Il est vrai que depuis quelques années, la recherche historique sur l'Afrique connaît un formidable essor, grâce à l'utilisation de nouvelles méthodes et à de nouveaux questionnements. L'historien croise les apports de l'archéologie, de la numismatique, de l'anthropologie, de la linguistique et de la démographie pour pallier les carences de la documentation écrite.

Sources médiévales musulmanes

Ibn Battûta, le premier géographe à se rendre en Afrique subsaharienne

Elles sont classées dans l'ordre chronologique ; les premiers lettrés du monde arabe ne se sont jamais rendus en Afrique noire avant le XIVe siècle. Ils reprennent donc souvent les légendes et les préjugés sur les Africains et perpétuent les géographes de l'Antiquité (Hérodote, Pline l'Ancien ou encore Ptolémée).

Témoignages européens (XVIe ‑ XXe siècles)

  • Joao de Castro, Roteiro de Lisboa a Goa, 1538
  • Moreau de Charbonneau, administrateur et explorateur français du Sénégal au XVIIe siècle : De l'origine des Nègres d'Afrique
  • James Bruce, (1730-1794), Travels to Discover the Source of the Nile , 1790
  • René Caillié, (1799-1838), Journal d'un voyage à Tombouctou
  • Henry Morton Stanley, (1841-1904), À travers le continent mystérieux, 1878
  • Miguel de Cervantes Saavedra, (1547-1616), El trato de Argel, Los baños de Argel
  • À la fin du XIXe siècle, des voyageurs anglais photographient des esclaves noirs près de Zanzibar.
  • Joseph Kessel (1898-1979) est un grand reporter et un romancier français, qui navigua avec les négriers de la mer Rouge.
  • Théodore Monod écrivait dans les années 1930 : « la plus lucrative marchandise que transportaient les caravanes arabes et touarègues du Soudan vers l'Afrique du Nord fut l'esclave noir [...] Aujourd'hui, la traite a virtuellement disparu, mais des cas de vente sur place peuvent se produire encore [...][8]. »

Autres sources

  • Tradition orale africaine
  • Chronique de Kilwa (Afrique orientale), XVIe siècle
  • Numismatique : analyse des trésors et de la diffusion des monnaies.
  • Archéologie : architecture des comptoirs et des villes de la traite
  • Iconographie : miniatures arabes et persanes des grandes bibliothèques
  • Gravures des ouvrages européens de l'époque moderne et contemporaine
  • Photographies, à partir du XIXe siècle

Le contexte historique et géographique de la traite arabe

Il convient de rappeler brièvement dans quel espace et quelle époque se manifeste la traite arabe et transsaharienne. Il n'est pas question de détailler l'histoire du monde arabo-musulman, ni celle de l'Afrique noire, mais de poser quelques repères qui facilitent la compréhension de la traite dans cette partie du monde.

Le monde arabo-musulman

La religion musulmane apparaît au VIIe siècle de l'ère chrétienne. En une centaine d'années, elle se diffuse rapidement dans l'ensemble du bassin méditerranéen portée par les Arabes qui conquièrent l'Afrique du Nord occupée de longue date par les Berbères. Rapidement convertis, ces derniers étendent la domination musulmane à la péninsule ibérique où ils prennent la place du royaume wisigoth. Les Arabes intègrent l'Asie occidentale et défont les Byzantins et les Perses sassanides. Ces régions sont donc diverses par leur peuplement et connaissaient déjà l'esclavage et la traite des Africains depuis l'Antiquité. Elles sont en partie unifiées par la culture arabo-musulmane, dont les fondements sont religieux et urbains ; elles utilisent l'arabe et le dinar dans les transactions commerciales. La Mecque en Arabie est la ville sainte vers laquelle tous les musulmans, quelle que soit leur origine, partent en pèlerinage. Le Coran, livre saint de l'islam, tolère la mise en esclavage des non-musulmans[9]. En principe, la notion de liberté est d'ailleurs prêchée par Mahomet. En effet, l'un des premiers affranchis (zinj) fut libéré par le prophète, qui l'acheta à son maître. Il fut ensuite nommé à la tâche de l'appel à la prière. Les docteurs et les sages musulmans ont souvent encouragé les affranchissements. Une part du budget de l'État est réservée pour l'émancipation systématique des esclaves : (Cor. IX, Le repentir : 60) : « Les Sadaqats (impôt-aumône obligatoire=Zakat) ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner à l'islam, l'affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier de Dieu, et pour le voyageur en détresse. C'est un décret de Dieu ! Et Dieu est Omniscient et Sage. »[10]

Après la chute de la dynastie des Omeyyades (750), le monde musulman se morcelle en plusieurs entités politiques (califats, émirats, sultanats) souvent rivales. Au XIe siècle, l'irruption des Turcs venus d'Asie centrale bouleverse la géographie du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord, avec l'instauration de l'empire ottoman (1599-1922).

La civilisation arabo-musulmane repose sur un réseau de villes et d'oasis aux fonctions de négoce développées dont le cœur est le marché (souk, bazar). Ces cités sont reliées entre elles par un système de routes qui traversent des régions semi-arides ou désertiques. Ces pistes sont parcourues par des convois et les esclaves noirs constituent une partie du trafic caravanier.

Article détaillé : Civilisation islamique.

L'Afrique (VIIIeXIXe siècles)

L'Afrique au XIIIe siècle : carte montrant les flux et les principaux protagonistes de la traite arabe

À partir du VIIIe siècle, l'Afrique est dominée par les Arabes dans sa partie nord : l'islam progresse vers le Sud du continent par le Nil et par les pistes du désert.

La densité de la population du Sahara est faible. Cependant, il existe depuis l'Antiquité des cités qui vivent du commerce (sel, or, esclaves[réf. nécessaire], tissus) et de l'agriculture irriguée : Tahert, Oualata, Sijilmassa, Zaouila, etc. Elles sont dirigées par des chefs berbères (Touaregs)[réf. nécessaire] ou arabes. Leur indépendance est relative et dépend de la puissance des états du Maghreb et de l'Égypte.

« Maures pillant[s] un village nègre » (gravure de 1814)

Au Moyen Âge, l'Afrique sub-saharienne est appelée Soudan par les Arabes, ce qui découle de l'arabe soudanen désignant « les noirs ». C'est en effet le pluriel de l'expression « il est noir ». Elle constitue un réservoir de main d'œuvre servile pour l'Afrique du Nord et l'Afrique saharienne. Cette région est marquée par la domination de plusieurs États : empire du Ghana, empire du Mali, royaume du Kanem-Bornou. Ces États comptent des villes prestigieuses qui prospèrent grâce à leur situation de carrefour : Tombouctou (Mali), Koumbi, Djenné, Gao, etc.

En Afrique orientale, le littoral de la mer Rouge et de l'océan Indien est sous le contrôle des musulmans, et les marchands arabes sont nombreux sur le littoral. La Nubie est déjà dans l'Antiquité une zone d'approvisionnement en esclaves. La côte éthiopienne, surtout la porte de Massaoua et l'archipel de Dahlac, a longtemps été un centre pour l'exportation des esclaves de l'intérieur, même sous l'ère d'Aksoum[11]

Esclaves dans l'est de l'Afrique, XIXe siècle

La dynastie salomonique d'Éthiopie exporte souvent des esclaves nilotiques de ses provinces frontières occidentales et aussi des provinces musulmanes récemment conquises[12]. Des sultanats musulmans, comme celui d'Adal envoient aussi des esclaves[13]. Sur la côte de l'océan Indien apparaissent également des postes de traite fondés par les Arabes et les Persans. L'archipel de Zanzibar, au large de la Tanzanie actuelle, est sans doute l'exemple le plus notoire de ces comptoirs. L'Afrique de l'Est et l'océan Indien restent jusqu'au XIXe siècle une aire importante de la traite arabe. David Livingstone et Stanley sont alors les premiers Européens à pénétrer à l'intérieur du bassin du Congo et à découvrir l'ampleur de l'esclavage. Tippo Tip étend sa domination et fait de nombreux esclaves. Après l'implantation des Européens dans le golfe de Guinée, la traite transsaharienne devient moins importante. À Zanzibar, l'esclavage est aboli tardivement en 1897 sous le sultan Hamoud bin Mohammed.

Le reste de l'Afrique n'a pas de contact direct avec les négriers musulmans.

L'Europe (VIIe ‑ XIXe siècles)

Dans les premiers temps de l'islam, les tribus guerrières du Caucase ainsi que les marchands vénitiens vendent aux Arabes des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens. Les païens slaves, plutôt que d'être convertis de force ou exécutés en cas de refus, étaient vendus comme esclaves pour couvrir les frais des expéditions.

À partir du XIIIe siècle, après l'installation de comptoirs génois et vénitiens en mer Noire, les peuples du Caucase deviennent eux-mêmes une source d'esclaves appréciés surtout en Europe, en même temps que les Russes et les Circassiens. Les esclaves originaires des alentours de la mer Noire sont ceux auxquels les musulmans d'Égypte attribuent les plus grands qualités : loyauté, courage, qualités guerrières et cætera. Ils sont donc très prisés en Égypte, importés en grand nombre, parfois avec l'aide de marchands européens, et arrivent même parfois à des positions de pouvoir tellement importantes qu'il leur devient possible d'y établir toute une dynastie d'anciens esclaves, connue sous le nom d'ère mamelouke. Ainsi, si la proportion d'hommes et de femmes esclaves déportés de cette région est difficile à estimer, les sources prouvent une majorités d'esclaves mâles arrivant en pays arabes, mais une forte majorité de femmes esclaves vendues en Occident méditerranéen.[14]

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s'épuise du fait de la christianisation de l'Europe orientale, les Musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée, en particulier vers la Régence d'Alger. Ceux-ci effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans la tête de prisonnier maure qui sert d'emblème à la Corse. On évalue à plus d'un million le nombre d'habitants enlevés en Europe occidentale entre 1500 et 1800, mais ces razzias ont en réalité commencé dès l'arrivée de l'islam en Afrique du Nord et en Espagne au VIIIe siècle et n'ont cessé qu'avec la conquête de l'Afrique du Nord par les Européens au milieu du XIXe siècle. La proportion d'hommes et de femmes est très difficile à évaluer, car les méthodes de calcul ne sont pas fiables. Or, les femmes étaient très peu proposées au rachat et représentaient 5 personnes capturées sur 8 en moyenne lors des razzias terrestres (qui rapportaient le plus d'esclaves), mais étaient très peu représentées dans les prises en mer (sur les navires capturés). En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélevèrent environ trois millions d'esclaves. Mais l'expansion européenne, à partir de la fin du XVIIIe siècle, diminua progressivement le nombre et l'importance de ces razzias.

En 1831, lors de la prise d'Alger, les troupes françaises libérèrent 220 esclaves chrétiens.

Au XXe siècle et de nos jours

En 1924, la commission temporaire sur l'esclavage de la Société des Nations écrit : « la traite des esclaves est ouvertement pratiquée dans plusieurs États musulmans, dans la péninsule arabique en particulier, et surtout dans le Hedjaz ».

La dernière caravane d'esclaves noirs signalée passe à travers le Sahara en 1929.

Il y avait entre 100 000 et 250 000 esclaves en Arabie saoudite avant l'abolition officielle de l'esclavage en 1962.

La fin réelle de la traite des esclaves à Zanzibar n'eut lieu qu'en 1964.

Selon la Commission des Nations Unies sur les Droits de l'Homme, en 2000, entre 5 et 14 000 personnes sont esclaves au Soudan [15] ; selon l'organisation Christian Solidarity International, environ 100 000.

Les acteurs de la traite arabe

Mansa Moussa, empereur du Mali, carte du XIVe siècle

Les esclaves noirs étaient capturés, transportés et achetés par des personnages très différents. La traite passait par une série d'intermédiaires et enrichissait une certaine partie de l'aristocratie musulmane.

L'esclavage se nourrissait des guerres entre peuples et États africains, ce qui donnait lieu à une traite interne. Les vaincus devaient un tribut constitué d'hommes et de femmes réduits en captivité. Sonni Ali Ber (1464–1492), empereur du Songhaï, a mené de nombreuses guerres pour étendre son territoire. Bien qu'il fût musulman, il a réduit en esclavage d'autres musulmans vaincus[16]. La dynastie des Askia (Mali) a eu la même politique[17].

Aux VIIIe et IXe siècles, les califes avaient tenté d'organiser la colonisation des rivages africains de l'océan Indien à des fins commerciales. Mais ces établissements ont été éphémères, souvent fondés par des exilés ou des aventuriers. Le sultan du Caire envoyait des trafiquants d'esclaves pour opérer des raids sur les villages du Darfour. Des bandes armées aux ordres de marchands allaient incendier les villages et rapportaient des captifs, souvent des femmes et des enfants. Face à ses attaques, les populations formaient des milices, érigeaient des tours et des enceintes afin de protéger leurs villages.

Les marchands arabes et berbères d'Afrique du Nord échangeaient des esclaves contre de l'or, du sel, des épices ou des métaux dans les Empires d'Afrique occidentale. Ainsi, dans la capitale de l'empire du Ghana (IXe-XIe siècles) Koumbi-Saleh, la population était répartie par quartiers en fonction des ethnies, des clans et des activités : le quartier des blancs étaient réservés aux marchands arabes qui disposaient de mosquées alors que l'Empire était majoritairement animiste[18]. L'Empire du Mali (XIIIe-XVe siècles) a poursuivi les échanges avec les États d'Afrique du Nord et l'on a rencontré des marchands arabes et juifs dans les villes[19].

Buts de la traite et de l'esclavage

Esclaves enchaînés en Afrique orientale (XIXe siècle)

Les motifs économiques étaient les plus évidents. Dès les débuts de la conquête arabo-musulmane, le manque de main-d'œuvre entraîna le besoin d'utiliser des esclaves sur les chantiers ou dans les mines de sel. La traite occasionnait de grands profits pour ceux qui la maîtrisaient. Plusieurs cités se sont enrichies et ont prospéré grâce au trafic des esclaves, aussi bien au Soudan qu'en Afrique orientale. Dans le désert du Sahara, les chefs lançaient des expéditions contre les pillards de convois. Les souverains du Maroc médiéval avaient fait construire des forteresses dans les régions désertiques qu'ils dominaient afin d'offrir des haltes protégées aux caravanes. Le sultan d'Oman a transféré sa capitale à Zanzibar (Zanzibar signifie « marché aux esclaves »), car il avait bien saisi l'intérêt économique de la traite arabe. Plusieurs milliers d'esclaves transitaient par Zanzibar chaque année au XIXe siècle avant d'être déportés en Arabie, voire au Brésil. Le palais du sultan témoigne encore de sa fortune. Plusieurs milliers d'autres hommes travaillaient de force dans les plantations.

Il existait en outre des raisons sociales et culturelles à la traite : en Afrique subsaharienne, la possession d'esclaves était le signe d'appartenance à un haut rang social. Dans l'aire arabo-musulmane, les harems nécessitaient un « approvisionnement » en femmes.

Pour finir, il est impossible d'ignorer la dimension religieuse et raciste de la traite. Punir les mauvais musulmans ou les païens tenait lieu de justification idéologique à l'esclavagisme : les dirigeants musulmans d'Afrique du Nord, du Sahara et du Sahel lançaient des razzias pour persécuter les infidèles : au Moyen Âge, l'islamisation était en effet superficielle dans les régions rurales de l'Afrique. Les lettrés musulmans invoquaient la suprématie raciale des Blancs, qui se fondait sur le récit de la malédiction proférée par Noé dans l'Ancien Testament (Genèse 9:20-27). Selon eux, elle s'appliquait aux Noirs, descendants de Cham, le père de Canaan, qui avait vu Noé nu (une autre interprétation les rattache à Koush, voir l'article). Les Noirs étaient donc considérés comme « inférieurs » et « prédestinés » à être esclaves. Plusieurs auteurs arabes les comparaient à des animaux[18]. Le poète Al-Mutanabbi méprisait le gouverneur égyptien Abu al-Misk Kafur au Xe siècle à cause de la couleur de sa peau[18]. Le mot arabe abid qui signifiait esclave est devenu à partir du VIIIe siècle plus ou moins synonyme de « Noir »[20]. Quant au mot arabe zanj, il désignait de façon péjorative les Noirs[21]. Ces jugements racistes étaient récurrents dans les œuvres des historiens et des géographes arabes : ainsi, Ibn Khaldoun a pu écrire au XIVe siècle : « Les seuls peuples à accepter vraiment l'esclavage sans espoir de retour sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade de l'animal »[22]. À la même période, le lettré égyptien Al-Abshibi écrivait « Quand il [le Noir] a faim, il vole et lorsqu'il est rassasié, il fornique. » [23]. Les Arabes présents sur la côte orientale de l'Afrique utilisaient le mot « cafre » pour désigner les Noirs de l'intérieur et du Sud. Ce mot vient de « kāfir » qui signifie « infidèle » ou « mécréant »[24].

Géographie de la traite arabe

Zones d'« approvisionnement »

Différentes sortes de cauris ; le cauri était un coquillage servant de monnaie pour la traite arabe en Afrique

Les marchands d'esclaves orientaux se fournissaient en Europe (traite des blancs). Les Danois (Varègues) s'implantaient dans la région de la Volga (notamment Volgograd) et négociaient des slaves capturés avec des marchands arabes et/ou musulmans, voire même juifs (voir l'article Radhanites). Les esclaves circassiennes étaient remarquées dans les harems et nombreuses sont les odalisques provenant de cette région sur les peintures orientalistes. Pour la composition des harems, des esclaves de confessions différentes que celle de l'Islam étaient appréciés, et ce pour tous les rôles (gardien, serviteur, odalisque, houri, musicien, danseur, nain de cour). Le califat abbasside de Bagdad (750-1258) importa des dizaines de milliers d’esclaves originaires d’Asie centrale et d’Afrique orientale[25]. Au IXe siècle, le calife Al-Amin possédaient environ 7 000 eunuques noirs (qui étaient complètement émasculés) et 4 000 eunuques blancs (qui étaient castrés)[26],[27]. Les gardes blancs du calife de Bagdad (Grecs, Slaves, Berbères, Turcs) sont à l'origine des Mamelouks[28]. Dans l'empire ottoman, le dernier eunuque noir, l'Éthiopien Hayrettin Effendi, a été affranchi en 1918.

Les esclavons d'origine slave en al-Andalus provenaient des Varègues qui les avaient capturés. Ils étaient placés dans la garde du Calife et prenaient graduellement des positions importantes dans l'armée (ils devenaient les saqālibas), et allaient même remporter des taifas après la guerre civile ayant mené à l'implosion du califat occidental. Des colonnes d'esclaves alimentant les grands harems cordouan, sévillan et grenadin étaient constituées par des mercadères radhanites à partir des terres germaniques et du reste de l'Europe du Nord encore non contrôlé par l'empire carolingien. Ces colonnes traversaient le sillon rhodanien pour gagner les terres au sud des Pyrénées. Les eunuques castrés à Verdun étaient envoyés vers les mondes byzantin et musulman via les ports méditerranéens[29].

Sur les mers, les barbaresques opéraient ce trafic dès qu'ils pouvaient capturer des personnes en abordant les navires ou faisant des incursions sur les côtes.

La Nubie, l'Éthiopie et l'Abyssinie étaient aussi des régions « exportatrices » : au XVe siècle, des esclaves abyssins étaient présents en Inde où ils travaillent sur les navires ou comme soldats[30]. Ils ont fini même par se révolter et par prendre le pouvoir (dynastie des rois Habshi dans le Bengale 1487-1493)[31].

Le Soudan et l'Afrique saharienne constituaient une autre aire de « prélèvement », mais il est impossible d'en dire l'ampleur précise, faute de sources chiffrées. Les premiers esclaves noirs originaires d'Afrique de l’Ouest sont emmenés dans le nord du continent par les marchands arabes dès le VIIe siècle[32]. On les retrouve aussi dans les plantations de canne à sucre en Espagne et en Sicile au Moyen Âge[32] ; au XIVe siècle, certains sont revendus en Europe pour travailler comme domestiques en ville.

Enfin, le trafic d'esclaves touchait l'Afrique de l'Est, mais l'éloignement et l'hostilité des populations locales a ralenti l'essor de cette traite arabe. Au XVIIe siècle, la VOC néerlandaise achetait aux marchands musulmans de Madagascar des esclaves, qui étaient déportés vers la Colonie du Cap ou vers l'Indonésie[33]. Les Arabes et les Persans étaient présents jusqu'à Sofala, sur la côte du Mozambique actuel[34].

Les routes

Forteresse au Maroc

Les pistes caravanières, aménagées à partir du IXe siècle, passaient par les oasis du Sahara : les déplacements étaient dangereux et pénibles à cause des contraintes climatiques et des distances. Les grands convois transportaient des esclaves depuis l'époque romaine mais aussi toutes sortes de produits qui servaient au troc. Contre les attaques des nomades du désert, des esclaves étaient employés à former une bonne escorte. Les esclaves qui ralentissaient la progression de la caravane étaient tués. D'après l'historien Ralph Austen[35], le taux de mortalité entre le moment de la capture et la vente était compris entre 6 et 20 % selon les parcours (le trajet vers le Maroc étant relativement peu meurtrier, alors que la traversée du Sahara en direction de la Libye pouvait se solder par une hécatombe[5]). En Asie, les convois d'esclaves sont attestés pour le XIIIe siècle sur la route de la soie[9].

Les routes maritimes sont moins bien connues des historiens. Grâce aux documents iconographiques et aux récits de voyage, on imagine que le trajet se faisait sur des boutres et des jalbas, navires arabes qui servaient de moyens de transport en mer Rouge. La traversée de l'océan Indien se faisait dans des conditions tout aussi épouvantables que celle de l'océan Atlantique. Elle devait nécessiter plus de moyens et une organisation plus poussée que le transport terrestre. Les navires venant de Zanzibar faisaient escale sur les îles de Socotra ou d'Aden avant de se diriger vers le golfe Persique ou l'Inde. Les esclaves étaient vendus jusqu'en Inde et même en Chine : une colonie de marchands arabes était installée à Canton[36],[9]. Des négriers chinois achetaient des esclaves noirs (Hei-hsiao-ssu) à des intermédiaires arabes ou bien s'approvisionnaient directement sur les côtes de la Somalie actuelle[37]. Serge Bilé cite un texte du XIIe siècle qui nous apprend que « la plupart des familles aisées de Canton possédaient des esclaves noirs [...] qu'elles tenaient néanmoins pour des sauvages et des démons à cause de leur aspect physique »[38]. Les souverains chinois ont lancé au XVe siècle des expéditions maritimes vers l'Afrique orientale, menées par l'amiral Zheng He. Leur but était d'accroître leur influence commerciale. Les Barbaresques razziaient les côtes méditerranéennes et faisaient des chrétiens des esclaves, dont l'effectif fut toujours de 25 000 à 30 000 au sud de la Méditerranée[5].

Le troc

Marché aux esclaves au Yémen, XIIIe siècle

Les esclaves étaient souvent troqués contre des objets de natures diverses : au Soudan, on les échangait contre des cotonnades, des objets de pacotille, des toiles, etc. Au Maghreb, ils étaient obtenus contre des chevaux. Dans les cités du désert, pièces de toile, vaisselle, perles de verre vénitiennes, produits tinctoriaux et bijoux servaient de moyen de paiement. La traite des Noirs s'insérait donc dans un réseau d'échanges diversifiés. À côté des pièces d'or, le cauri, un coquillage venant de l'océan indien ou de l'océan atlantique (Canaries, Luanda) servait également de monnaie dans toute l'Afrique noire (on achetait la marchandise en sacs de cauris).

Les marchés et les foires aux esclaves

Les esclaves noirs étaient vendus dans les villes du monde musulman. En 1416, al-Maqrizi raconte que des pèlerins venus du Tekrour (près du fleuve Sénégal) avaient emporté avec eux 1 700 esclaves à La Mecque[39]. En Afrique du Nord, le Maroc, Alger, Tripoli et Le Caire étaient les principaux marchés d'esclaves. Ces derniers pouvaient être castrés, y compris les enfants, dont beaucoup mourraient des suites de cette opération. Les ventes avaient lieu sur les places publiques et dans les souks. Les acheteurs potentiels procédaient à un examen attentif de la « marchandise » : ils vérifiaient l'état de santé de la personne, présentée souvent nue et les mains liées[40]. Au Caire, la transaction des eunuques et des concubines se faisait dans des maisons privées et il existait un syndicat de négriers au Moyen Âge. Le prix variait selon la qualité de l'esclave. Une femme blanche ou un jeune garcon avaient plus de valeur que d'autres[41]. L'empereur du Mali Kouta Moussa partit en pèlerinage à La Mecque en 1324 ; selon l'auteur égyptien Al-Omary, le souverain acheta des esclaves pendant son séjour au Caire, notamment des mamelouks et des femmes blanches, musulmanes et chrétiennes[42].

Villes et ports impliqués dans la traite arabe

Zanzibar (Tanzanie) : le vieux fort à Stone Town, dont la construction débuta en 1698


Notes et références

  1. a , b  et c Catherine Golliau, La Vérité sur l'esclavage dans Le Point web du 4 mai 2006, n°1755
  2. Luiz Felipe de Alencastro, Traite, dans Encyclopædia Universalis, 2002, corpus 22, page 902.
  3. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.123
  4. Ralph Austen, African Economic History, 1987.
  5. a , b  et c Jean Sévilla, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Paris, 2003 (ISBN 2262017727) , p.259
  6. Catherine Coquery-Vidrovitch, Les Collections de l'Histoire, avril 2001.
  7. Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l'histoire économique, La Découverte, 1994
  8. Théodore Monod, Méharées, Actes Sud, coll. « Babel », 1989, p. 72-73.
  9. a , b  et c Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.117
  10. (ar)Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ;(Cor. IX, Le repentir : 60)
  11. Richard Pankhurst, The Ethiopian Borderlands: Essays in Regional History from Ancient Times to the End of the 18th Century. Asmara, Eritrea: The Red Sea, Inc., 1997, pp.416
  12. Richard Pankhurst, ibidem, p.432
  13. Richard Pankhurst, ibidem, p.59
  14. cf. Charles Verlinden, L'Esclavage dans l'Europe médiévale, 1955/1977 ; Michel Balard, La Romanie génoise, 1978 ; David Ayalon, Le Phénomène mamelouk dans l'Orient islamique, 1996
  15. (fr) Groupe de travail sur les formes contemporaines d'esclavage, Le travail forcé et l'esclavage des femmes et des enfants au Soudan, mai 2002
  16. Jacques Heers, Les Négriers en terre d'islam, 2003, p.58
  17. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.59
  18. a , b  et c Serge Bilé, Quand les noirs avaient des esclaves blancs, Pascal Galodé éditeurs, Saint-Malo, 2008, (ISBN 9782355930058), p.43
  19. Serge Bilé, Quand les noirs avaient des esclaves blancs, Pascal Galodé éditeurs, Saint-Malo, 2008, (ISBN 9782355930058), p.61
  20. Catherine Coquery Vidrovitch, « Le postulat de la supériorité blanche » dans Marc Ferro, Le Livre noir du colonialisme, p.867
  21. Serge Bilé, Quand les noirs avaient des esclaves blancs, Pascal Galodé éditeurs, Saint-Malo, 2008, (ISBN 9782355930058), p.30
  22. Jacques Heers, ibidem, page 177.
  23. Bernard Lewis, Race et couleur en pays d'islam, Payot, page 40.
  24. François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p.59
  25. (en) Slavery, Encyclopædia Britannica's Guide to Black History. Consulté le 01-11-2008
  26. Bernard Lewis, ibidem, p.15.
  27. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.118
  28. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.119
  29. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.114
  30. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.136
  31. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.137
  32. a  et b Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.122
  33. François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p.146
  34. François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p.104
  35. African Economic History, Internal Development and External Dependency, Londres, Currey, 1987
  36. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.138
  37. François Renault, Serge Daget, Les Traites négrières en Afrique, Karthala, p.56
  38. Serge Bilé, La Légende du sexe surdimensionné des Noirs, éditions du Rocher, 2005, p.80.
  39. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.143
  40. Jacques Heers, ibidem, 2003, p.146
  41. Serge Bilé, Quand les noirs avaient des esclaves blancs, Pascal Galodé éditeurs, Saint-Malo, 2008, (ISBN 9782355930058), p.81
  42. Serge Bilé, Quand les noirs avaient des esclaves blancs, 2008, p.81 et p.88

Annexes

Boutre indien. Les boutres servaient notamment au transport des esclaves africains vers l'Inde

Articles connexes

Bibliographie

Ouvrages en français

  • David Ayalon, Le phénomène mamelouk dans l'Orient islamique, PUF, Paris, 1996 (ISBN 2-1304-7806-9).
  • Michel Balard, La Romanie génoise, École française de Rome, Paris / Rome, 1978.
  • Malek Chebel, L'Esclavage en terre d'islam : un tabou bien gardé, Fayard, 2007, 496 pages, Revue sur herodote.net
  • Serge Daget, De la traite à l'esclavage, du Ve au XVIIIe siècle, actes du Colloque international sur la traite des noirs, Nantes, Société française d'histoire d'Outre-Mer, 1985.
  • Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : l'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), Éditions Jacqueline Chambon, 2006 (ISBN 978-2-87711302-1).
  • Mohammed Ennaji, Le Sujet et le mamelouk : esclavage, pouvoir et religion dans le monde arabe, Mille et une nuits, 2007, (ISBN 2755500395)
  • Mohammed Ennaji, Soldats, domestiques et concubines, Balland, 2006, (ISBN 2715810431)
  • Jacques Heers, Les Négriers en terre d'islam, Perrin, coll. « Pour l'histoire », Paris, 2003 (ISBN 2-2620-1850-2).
  • Murray Gordon, L'esclavage dans le monde arabe, du VIIe au XXe siècle, Robert Laffont, Paris, 1987.
  • Guillaume Hervieux, La Bible, le Coran et l'esclavage, éditions de l'Armançon, 2008, (ISBN 978-2844791085)
  • Bernard Lewis, Race et esclavage au Proche-Orient, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », Paris, 1993 (ISBN 2070727408).
  • Bernard Lewis, Islam, Éd Quarto Gallimard, 2005, 1342 pages, (ISBN 978-2070-77426-5), Race et esclavage au Proche-Orient, pp. 255-442.
  • Giles Milton, Captifs en Barbarie - L'histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d'Islam, Editeur Noir sur Blanc, Collection LITTÉRATURE VOYAGEUSE, 2006.
  • Tidiane N'Diaye, Le Génocide voilé, Gallimard, Paris, 2008, 272 pages. ISBN 9782070119585 (Le Génocide voilé sur le site de Gallimard)
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites oubliée des négrières, la Documentation française, Paris, 2003.
  • François Renault, La Traite des Noirs au Proche-Orient médiéval, VIIe-XIVe siècle, Paris, Geuthner, 1989.
  • Charles Verlinden, L'Esclavage dans l'Europe médiévale, t. 2: Italie - Colonies italiennes du Levant - Levant latin - Empire byzantin, Rijksuniversiteit te Gent, Gand, 1977.

Revues en français

  • Jean-Claude Deveau, « Esclaves noirs en Méditerranée », Cahiers de la Méditerranée, vol. 65, Sophia-Antipolis ;
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, « La traite oubliée des négriers musulmans », dans L'Histoire, numéro spécial 280 S (octobre 2003), pages 48-55.
  • Catherine Golliau, « La vérité sur l'esclavage », dans Le Point, mai 2006, n°1755.

Ouvrages en anglais

  • Edward A. Alpers, The East African Slave Trade, Berkeley, 1967 ;
  • Allan G. B. Fisher, Slavery and Muslim Society in Africa, éd. C. Hurst, Londres, 1970 ;
  • Ronald Segal, Islam's Black Slaves, Atlantic Books, Londres, 2002 ;
  • Robert C. Davis, Christian Slaves, Muslim Masters: White Slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, 1500-1800, Palgrave Macmillan, 2003.

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