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Rochers Liancourt

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Rochers Liancourt
Dokdo (ko)
Takeshima
 (ja)
Carte des rochers Liancourt.
Carte des rochers Liancourt.
Géographie
Pays Corée du Sud Corée du Sud
Japon Japon
Localisation Mer du Japon (océan Pacifique)
Coordonnées 37° 14′ 00″ N 131° 52′ 00″ E / 37.233333, 131.86666737° 14′ 00″ N 131° 52′ 00″ E / 37.233333, 131.866667
Superficie 0,18 km2
Nombre d'îles env. 90
Îles principales Île de l'Ouest, île de l'Est
Point culminant non nommé (174 m sur Île de l'Ouest)
Géologie Archipel volcanique
Administration
Statut Officiellement administré par Corée du Sud, revendiqué par le Japon

Corée du Sud Corée du Sud
Province Gyeongsang du Nord

Japon Japon
Préfecture Shimane
Démographie
Population 2 hab.
Densité 11,11 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+9
Japan location map.svg
Rochers Liancourt
Archipels de Corée du Sud - Archipels du Japon

Les rochers Liancourt, ou Dokdo en coréen, ou Takeshima en japonais, sont un petit groupe d'îlots situé en mer du Japon, possession sud-coréenne mais dont la souveraineté est contestée par le Japon.

Alors que les premières manifestations d'occupation par la Corée remontent au VIe siècle[réf. nécessaire], les rochers Liancourt ont été occupés par les Japonais de 1905 à 1945. Sous le nom de « Dokdo », ils sont aujourd'hui rattachés par l'administration de la Corée du Sud à l'île d'Ulleungdo, distante de 87 km, dans la région du Gyeongsang du Nord. Le Japon considère pour sa part que ce groupe d'îlots, qu'il nomme « Takeshima », fait toujours partie de son territoire, et le rattache au village de Goka[réf. nécessaire], dans l'archipel Oki, distant de 157 km, dans la préfecture de Shimane.

Sommaire

Toponymie

Le nom coréen Dokdo s'écrit 독도 en Hangul. En Hanja il s'écrit 獨島, ce qui signifie « île solitaire ».

Le nom japonais Takeshima s'écrit en kanji 竹島, ce qui signifie « île de bambou ». Le mot Take, soit signifie bambou, soit résulte d'une transcription phonétique japonaise du coréen Dok- (ou d'un moyen terme entre ces deux solutions).

Le nom occidental de « rochers Liancourt » fait référence au baleinier français Le Liancourt qui, parti du Havre, « découvrit » l'archipel le 27 janvier 1849. Le nom français a servi de modèle aux noms anglais Liancourt Rocks, espagnol rocas de Liancourt, italien rocce di Liancourt, néerlandais Rotsen van Liancourt, portugais rochas de Liancourt… Son usage perdure, sans doute notamment pour éviter de paraître prendre parti entre les deux pays.

La forme « rochers du Liancourt » est la plus conforme à l’origine de ce nom. Cependant, on rencontre plus fréquemment une variante sans préposition : « rochers Liancourt ». Elle s’explique par un glissement de la référence, du baleinier à son propre éponyme : le philanthrope François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld, duc de Liancourt (1747 – 1827).

La Commission nationale de toponymie (CNT) déconseille l'emploi de la forme « rochers de Liancourt », car elle correspondrait grammaticalement à une référence directe, très improbable, à l’actuel chef-lieu de canton de l’Oise dont le philanthrope portait le nom[1].

Géographie

Les rochers de Liancourt sont principalement constitués de 2 îlots rocheux et escarpés, distant de 150 mètres (Seodo et Dongdo en coréen, Nishi-jima et Higashi-jima en japonais, signifiants dans les deux langues île occidentale et île orientale). L'îlot occidental est le plus grand des deux. Ils sont entourés d'environs 90 îlots ou récifs, des rochers volcaniques datant du Cénozoïque. 37 de ces îlots sont considérés comme des terres permanentes.

La superficie totale est d'environ 187 450 m2 avec un hauteur maximale de 169 mètres sur l'îlot occidental. Ce dernier mesure environ 88 640 m2 pour seulement 73 300 m2 pour l'îlot oriental. Les rochers de Liancourt sont situés par 37°14′00″N 131°52′00″E / 37.233333, 131.866667. Ils se trouvent à 217 km de la Corée continentale et 250 km de l'archipel principal du Japon. Mais le territoire coréen le plus proche, l'île Ulleung-do, n'est situé qu'à 87 km (visible par temps clair) tandis que le territoire japonais le plus proche, les îles Oki, se trouvent à 157 km.

L'îlot occidental consiste en un pic unique et présente de nombreuses cavités le long de sa côte. L'îlot oriental possède des falaises de 10 à 20 mètres de haut. Il existe deux grandes grottes s'ouvrant sur la mer ainsi qu'un cratère. La végétation est presque inexistante[2].

Du fait de leur position, éloignée de toute côte, et de leur petite taille, les rochers de Liancourt connaissent parfois de rudes conditions météorologiques. Le temps changeant rapidement dans la zone rend les accès difficiles et aléatoires. Souvent les navires ne peuvent accoster à cause de forts vents de nord-ouest en hiver. Sinon, le climat est chaud et humide, fortement influencé par les courants océaniques chauds de la zone. Les précipitations sont élevées tout au long de l'année (moyenne annuelle de 1324 mm), avec de rares chutes de neige. Le brouillard est fréquent. L'été, les vents du sud dominent. Les eaux alentour ont une température de 10 degrés Celsius au printemps, quand l'eau est la plus froide, et d'environ 25 degrés Celsius en août.

Les rochers de Liancourt étaient inhabités à l'exception d'une petite garnison de gardes-côtes coréens estimée à une trentaine d'hommes et de gardiens de phare[2]. Mais en 2006, un couple de civils coréens, un pêcheur et son épouse, largement aidé et subventionné par le ministère coréen des Affaires maritimes, est venu s'installer sur l'île occidentale[3] .

Au sommet de l'île occidentale se trouve un phare, un sémaphore avec radar et diverses antennes radios, les logements de la troupe et une plateforme pour hélicoptères. L'ensemble est protégé par quelques batteries militaires[2] .Les Coréens ont construit un quai entre cette île et des rochers avoisinant, à l'entrée du passage séparant les deux îles principales, et permettant d'accueillir de petits navires par temps calme[2].

Histoire

Pêcheurs coréens sur les rochers Liancourts en 1935.

Revendications japonaises du début de l'occupation de la Corée

En 1905, les Japonais préparent leur occupation de la Corée en prenant le contrôle des îles Dokdo qu'ils rebaptisent Takeshima, c'est-à-dire « îles bambou » en japonais. Aucun bambou ne pousse sur ces rochers mais la plante, difficile à déraciner une fois qu'elle a conquis un territoire, peut symboliser le déploiement à venir de l'Empire.

C'est la préfecture de Shimane qui revendique le territoire quelques mois avant l'invasion militaire de la Corée, afin que l'annexion ne soit pas considéré comme un acte de guerre d'une nation envers une autre.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale et la mise à disposition des colonies japonaises par les Alliés, une série d'instruments internationaux a été instituée, dont la Déclaration du Caire et le Traité de Paix entre les Alliés et le Japon. Lorsque les Alliés se sont penchés sur la détermination des frontières du Japon, ils ont ainsi définitivement rendu ses territoires, dont les Rochers de Liancourt, à la Corée.

L'indépendance de la Corée a été initialement promise par les trois grandes puissances, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, par la Déclaration du Caire du 27 novembre 1943.

La Déclaration de Potsdam du 26 juin 1945 a endossé la Déclaration du Caire en statuant ainsi que « les termes de la Déclaration du Caire seront respectés et la souveraineté japonaise sera limitée aux îles de Honshū, Hokkaidō, Kyūshū, Shikoku et d’autres petites îles que nous désignerons ». L’acceptation expresse du Japon de la Déclaration de Potsdam par un acte de soumission signé le 2 septembre 1945 légalise ces deux déclarations.

Les directives du Commandant suprême des Alliés (SCAP), intitulées « Mémorandum concernant les séparations gouvernementale et administrative de certaines zones du Japon » (SCAPIN No 677), datées du 29 janvier 1946, ont été envoyées au gouvernement japonais en application de l’acte de soumission. Le territoire du Japon a donc été délimité aux quatre îles principales de l'archipel et aux quelque 1 000 petites îles avoisinantes. Les îles Ullungdo, Liancourt et Quelpart (Jeju) ont été explicitement exclues du territoire japonais. Le territoire de Liancourt a donc été clairement restitué à la Corée dans le document SCAPIN No 677.


Plus tard, selon l’article 2 du Traité de Paix signé avec le Japon en 1951, ce dernier reconnaît et renonce à tous les droits, titres et revendications quant à la Corée. Cette renonciation inclut Quelpart, l’île Dagelet et Port Hamilton. Dokdo figurait dans les premières versions du Traité, mais les États-Unis changent d'avis en attribuant Takeshima au Japon (un allié certain dans cette région prête à basculer dans le communisme) dans les versions de fin 1949, et de finir par se raviser au dernier moment : nulle mention ne sera faite des cas les plus épineux afin d'éviter des poursuites par la suite et de mettre en danger l'ensemble du Traité [4].

C’est en s’appuyant sur l’omission de Rochers de Liancourt dans le Traité de Paix que le Japon revendique la souveraineté de l’île, arguant que ce traité représente la fixation définitive de son territoire. Cependant, une interprétation juste de cet article serait que les îles mentionnées dans le traité ne sont que des exemples et non une liste exhaustive en regard du grand nombre des îles entourant la péninsule coréenne. Les cas les plus épineux impliquant la Chine et la Corée ont été éludés, absents à la signature et mobilisés sur d'autres fronts. Il n’y a, de plus, aucune décision qui annule le document SCAPIN No 677 dans les autres instruments d’après-guerre. Donc, l’omission de la mention de l'île Dokdo en tant que territoire de la Corée dans le Traité ne signifie en aucun cas une cession des Rochers de Liancourt au Japon.

Peu après la fin de la guerre de Corée, le président sud-coréen Rhee proclame le 18 janvier 1952 la souveraineté de son pays sur une partie de la mer du Japon comprenant l’archipel ; en 1954, la Corée du Sud prend administrativement le contrôle des îles, en y installant un contingent permanent de gardes-côtes[5].

Revendications plus pressantes

Depuis l'arrivée au pouvoir de Jun'ichiro Koizumi, les revendications japonaises sur les Rochers de Liancourt se sont faites plus publiques. En 2005, le Japon a ainsi décidé d'instaurer un jour Takeshima, tandis que les manuels scolaires japonais relaient la position gouvernementale en affirmant la souveraineté japonaise sur les rochers de Liancourt[6].

Pour leur part, les Coréens ont fait des rochers de Liancourt un symbole de leur indépendance nationale vis-à-vis du Japon. En effet, les îles Dokdo ont été le premier territoire coréen à avoir été annexé par l'empire nippon en 1905. Comme l'observe James Brook :

« Une grande part de la colère de la Corée du Sud vient de la connaissance du fait que, en 1905, les Dokdo ont été la première parcelle du territoire coréen à avoir été annexée par le Japon. En cinq ans, le Japon avait colonisé l'ensemble de la péninsule. Les Dokdo « sont le premier territoire coréen à avoir été perdu au profit du Japon quand la nation a été dépouillée de sa souveraineté », a déclaré le Conseil national de sécurité coréen le mois dernier. « Ce n'est pas seulement une question territoriale, mais rien d'autre qu'un déni de l'histoire de notre libération nationale, de même qu'une justification de l'agression. » »

— James Brook, A desolate rock - and a focus of Korean pride, The New York Times, vendredi 6 mai 2005

Au-delà du symbole politique, les îles représentent aussi désormais un enjeu économique et commercial de taille, source de litiges quant à la délimitation des zones économiques exclusives, déterminante pour la pêche et la prospection sous-marine (Douze millions de tonnes de poissons y étaient pêchés en 1985, avant les accords de 1998 et de 2002 entre les deux pays y limitant la pêche)[7].

La Corée du Nord pour sa part considère que les îles appartiennent à la « Nation coréenne » et parle d'une demande « pirate » et « anachronique » du Japon.[8]

Après avoir classé les Rochers Liancourt comme territoire sans souveraineté, le gouvernement des États-Unis reconnait depuis le 31 juillet 2008 la souveraineté sud coréenne sur les îles Dokdo[9].

Réserve naturelle

Vue panoramique des deux îles principales des rochers Liancourt.

Quasiment inhabitées, à l'exception de deux résidents permanents et la petite garnison d'une quarantaine de policiers, fonctionnaires du Ministère Coréen de la Pêche et gardiens de phare[10], les rochers de Liancourt constituent une importante réserve naturelle, notamment pour les oiseaux migrateurs. Vingt-deux espèces d'oiseaux peuplent l'archipel, protégé en tant que « monument naturel » par la législation sud-coréenne depuis 1982[11].

Notes et références

  1. Commission nationale de toponymie, communiqué de presse 2008–CNIG–0036/CNT « Rochers du Liancourt », août 2008.
  2. a , b , c  et d France 3, magazine Thalassa, novembre 2007
  3. Korean Time, Dokdo Hosts First Civilians in a Decade
  4. Citizendium
  5. Corey Richardson, South Korea must choose sides, sur le site Asia Times on line, 9 septembre 2006
  6. Japan history texts anger East Asia, BBC, 5 avril 2005
  7. On peut apprécier l'urgence de ces enjeux en observant une carte de la délimitation des différentes zones entre le Japon et la Corée, par exemple la carte figurant sur le site de la Documentation française. On constate notamment que les îles Dokdo/Liancourt/Takeshima se situent à la limite des zones économiques exclusives japonaise et sud-coréenne.
  8. KCNA, Japan Urged to Behave with Discretion, 22 avril 2006
  9. The Korean Times, US Reclassifies Dokdo as Korean, 31 Juillet 2008
  10. Reportage sur la visite de Han Seung-soo à Dokdo en juillet 2008 sur le site Big Picture.
  11. Shin Yong-ha, professeur d'histoire sociale à l'Université nationale de Séoul, History and Culture of Dokdo Islands, sur le site ClickKorea

Voir aussi

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Articles connexes

  • Îles Kouriles du Sud russes, revendiquées par le Japon sous le nom de Territoires du Nord
  • Îles Senkaku japonaises, revendiquées par la Chine sous le nom de Diàoyútái Qúndǎo

Liens externes

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