Tendance unitaire pour l'indépendance

Tendance unitaire pour l'indépendance

Tendance unité par l'indépendance

La Tendance unité par l’indépendance (TUPI), est une ancienne tendance de l'UNEF-ID. Elle est apparue à l'occasion du congrès de la Mutualité de 1991.

Sommaire

Composition de la TUPI

La TUPI est née de l'union de plusieurs courants de l'UNEF-ID avec pour objectif de créer un front de commun de toutes les forces d'oppositions pour renverser, ou du moins, déstabiliser la direction du syndicat étudiant. La TUPI repprochait notamment à la majorité de Christophe Borgel sa trop grande dépendance à l'égard de la direction jospiniste du Parti socialiste.

La TUPI regroupait des militants proche du Parti communiste internationaliste, de la Ligue communiste révolutionnaire, le CERES étudiant des poperénistes et des fabiusiens. Cet énumération de courants ne doit pas faire illusion, ils n'ont pas tous autant d’importance. Le PCI mis en difficulté par la scission de 1986 (la plupart des cadres de la majorité ont quitté cette année-là le parti lambertiste) a entamé depuis une phase de déclin. Le CERES, sans être très important, est un courant bien implanté dans le syndicat étudiant. Les poperénistes sont peu nombreux, tout comme les fabiusiens qui font tout juste leur entré officielle à l'UNEF-ID. Tout a contrario, les proches de la LCR ont une implantation ancienne et solide.

Pour réunir toutes les oppositions, les fondateurs de la TUPI ont aussi contacté les militants de la Tendance sursaut ou le déclin (TSOD). Mais ces derniers ont refusé de s'associer à la nouvelle tendance car, selon eux, l'unité de cette dernière était fragilisée du fait d'un manque de cohésion sur le fond.

Le rapprochement entre ces différents courants a priori différents est le résultat d'une évolution progressive. Au cours de ce processus, les militants du CERES étudiant constatant des convergences dans la critique de la majorité, prennent alors les contacts qui vont déboucher sur la TUPI.

La TUPI à l'épreuve du congrès

La TUPI, qui se veut la "minorité majoritaire", obtient au congrès de la Mutualité 21,2 % des suffrages, contre 68,9 % pour la majorité et 9,9 % à la TSOD. C'est une déception pour les fondateurs de la TUPI qui comptaient sur une dynamique leur permettant d'atteindre 25 voir 30% des votes. Toutefois, sans être vraiment menaçants, ils peuvent quand même poser des problèmes à la direction nationale. Et ils ne se gênent pas. Syndicalement parlant, les orateurs de la TUPI dénoncent l'acceptation, par le Bureau national, des prêts étudiants initiés par le gouvernement. Pour eux, Christophe Borgel a commis plus qu'une faute en les acceptant, il a commis une véritable trahison. En effet, l'aide sociale défendue par un syndicat étudiant ne peut-être, selon eux, un système de prêt remboursable, il doit toujours s'agir de bourses ou d'allocations. Ils attaquent aussi la direction sur le fonctionnement de l'organisation. Ils la trouvent trop peu démocratique et surtout trop inféodée au Parti socialiste. Il faut dire qu’à cette période, les liens entre PS et UNEF-ID et si évidents que même le rapport d'orientation de la majorité dénonce la «politisation rampante a conduit à transformer l'UNEF-ID en une organisation de jeunesse du PS»[1].

Une union fragile

Mais, du fait même de sa composition, la TUPI s'avère fragile. Le texte d'orientation fondateur ne comporte que quatre pages. En effet, les divergences entre les courants participant sont tellement nombreuses qu'il s'est avéré impossible de se mettre d'accord sur bien des problématiques. Même un sujet d'actualité comme la guerre du Golfe, pourtant incontournable à l'UNEF-ID en 1991, n'a pas pu faire l'unanimité. En fait, bien souvent, ces quatre pages sont le plus petit dénominateur commun à chacune des composantes de la TUPI et non un compromis sur le fond.

Le coté hétéroclite de la tendance rend difficile la prise de parole spontanée. Le Monde dans son édition du 3 avril 1991 rapporte d'ailleurs un incident assez cocasse. Suite à ce qu'ils estiment être une provocation rocardienne, les militants estampillés PCI se lèvent et reprennent le slogan "Mitterrand, assassin du peuple kurde !". Pour ne pas avoir à répondre à l'accusation de leurs alliés, les fabiusiens quittent discrètement la salle. Les dirigeants de la Tendance avenir, les rocardiens donc, peuvent alors prendre un air offusqué et défendre l'image d'un président de la République qu'ils n'épargnent guère habituellement. Comprenant leur erreur, les lambertistes (PCI) envoient l'un des leur à la tribune expliquer qu'ils ont mal été compris, ce n'est ce qu'ils voulaient dire. Les fabiusiens sauvent donc la face, mais l'incident illustre publiquement la fragilité de la TUPI.[2].

Disparition de la TUPI et perspectives

Dès la fin du congrès de la Mutualité les militants proches de la LCR quittent la tendance unitaire. Ils se regroupent alors dans la Tendance pour une gauche syndicale. Ce départ sonne la fin de la TUPI. Les lambertistes ne se relèveront pas de cet échec et vont rapidement disparaître du paysage de l'UNEF-ID. Le même processus attend les poperénistes de toute façon en rupture de ban avec leur mentor depuis que celui-ci a pris parti pour la guerre du Golfe.

Début 1993, une nouvelle recomposition se dessine dans l'opposition. En effet, une scission éclate dans la majorité en janvier 1993 avec la fondation de la Tendance indépendance et action. Cela entraîne rapidement une bipolarisation de l'UNEF-ID entre majorité et opposition. Cette dernière se regroupe dans la Tendance indépendance et démocratie (TID) qui reprend l'idée chère à la TUPI, l'union de l'ensemble des forces de l'opposition. Mais cette fois le rassemblement se fait sur la base d’un accord de fond plus solide. La plupart des héritiers de la TUPI se retrouvent donc dans la TID notamment le CERES (chevènementiste) et la PGS. De leurs coté, les fabiusiens, regroupés au sein de DEMOS rejoignent dans un premier temps la majorité, avant de s'en détacher en 1994 pour rejoindre la TID.

Notes et références

  1. Gérard, Courtois. Les mutants de l'UNEF-ID Taraudé par ses divisions politiques, le principal syndicat étudiant a bien du mal à aborder sereinement les mutations de l'Université. Le Monde du 28 mars 1991, p. 16
  2. Raphaelle Rerolle. Réunis en congrès à la Mutualité les étudiants de l'UNEF-ID veulent renouer avec l'action syndicale . Le Monde du 3 avril 1991, p. 10
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