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Histoire économique du microprocesseur

Dès 1975, le marché s'était rendu compte qu'être tributaire d'un seul fournisseur sur un composant aussi vital qu'un microprocesseur aurait été une démarche suicidaire quand on devait faire tourner de façon fluide des chaînes de production en consommant plusieurs dizaines de milliers par mois. Les clients se mirent donc à ne commander de microprocesseurs que dans les modèles que plusieurs usines de fondeurs différents pouvaient leur procurer.

Bon gré, mal gré, des firmes comme Motorola, Intel, NEC, Fairchild, Thomson ou Zilog s'accommodèrent des licences croisées pour la fabrication de leurs modèles, avec ou sans variations mineures (la NEC V20 était une amélioration importante, par exemple, du 8086), et ne firent presque plus de développement propres en architecture Intel (le logiciel des PC les empêchait d'ailleurs d'ajouter des instructions de leur cru dont celui-ci n'aurait pas tiré parti).

Le succès du PC habitua les autres fondeurs à se remettre à l'habitude d'Intel de fournir des accords de licence pour fabriquer ses 8086, 8088, 80186 et 80286. La surprise fut grande quand à la sortie du 80386 la firme Intel, consciente de ses supériorités qualitatives (mémoire virtuelle, mode superviseur bien mieux conçu, adressage 32 bits) annonça qu'elle ne fournirait pas de licences de seconde source pour ce processeur ni pour les suivants. Or le modèle avait changé : il était exclu de boycotter les 80386 d'Intel, plus rapides et plus compatibles avec les nouveaux OS annoncés, si la concurrence les adoptait. Le modèle du dilemme du prisonnier fonctionna a plein et ce coup de poker d'Intel marqua le début pour cette firme d'un quasi-monopole. On peut donc dire qu'Intel avait réussi avec son 386 l'opération qu'IBM avait ratée avec son PS/2, qui s'articulait sur le même principe.

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