Revolution belge

Revolution belge

Révolution belge

Épisode des journées de septembre 1830, Gustave Wappers (1834), musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

La révolution belge de 1830 est la révolte des provinces du sud du Royaume des Pays-Bas contre le roi Guillaume Ier. Elle mena à l'indépendance de la Belgique.

Sommaire

Contexte

Le traité de Vienne

Caricature anglaise représentant le mariage de la Belgique et des Pays-Bas. La légende dit : « Troisièmement le mariage. L'Autriche la conduit à l'autel ; Metternich, l'archiprêtre de la Sainte-Alliance la marie ; le sacristain Castlereagh crie « amen » ; le Russe danse à son mariage et John Bull paie les frais. – Fin de l'acte premier. »

Au Congrès de Vienne (1815), le Royaume-Uni, soucieux d'assurer sa propre sécurité par un équilibre européen, avait convaincu les autres puissances (l'Autriche, la Prusse et la Russie) de réunir les Pays-Bas méridionaux et les Provinces-Unies dans un même royaume (royaume des Pays-Bas), qui serait confié à la maison d'Orange-Nassau. Cet État tampon devrait faire obstacle à toute nouvelle tentative hégémonique de la France. L'empereur François Ier d'Autriche, qui jugeait ces provinces, sur lesquelles il avait régné avant l'invasion française, trop éloignées et cherchait à les échanger[1], souscrivit immédiatement à cette proposition et reçut la Vénétie en compensation. Sur le plan des principes, la Belgique est donnée au royaume des Pays-Bas comme compensation de la perte de la colonie du cap de Bonne-Espérance et de comptoirs indien définitivement accordés, eux, au Royaume-Uni[2]. De même, le nouveau roi, Guillaume Ier des Pays-Bas, reçut le grand-duché de Luxembourg en compensation de la perte de domaines familiaux en Allemagne.

Ce transfert de territoire se fit sans tenir compte de l'avis de la population[3]. D'après Jacques Logie et Jean Stengers, les Belges considéraient les Habsbourg comme leurs souverains légitimes[4]. Ils se réjouirent de la fin du régime napoléonien, qui s'était traduit en Belgique par la guerre, la conscription, de lourds impôts et des troubles religieux[5], mais n'étaient pas favorables à la réunion avec les provinces du nord, car elles étaient protestantes et lourdement endettées[6]. L'idée d'une Belgique indépendante était absente selon Logie[7]. Jean Stengers affirme que la majorité des Belges souhaitaient obtenir un régime d'autonomie nationale (similaire à celui qu'ils connaissaient sous la maison d'Autriche), mais il insiste sur le peu d'effort entrepris par la population pour atteindre cet objectif. La population resta en effet résignée et apathique. Seule la minorité qui souhaitait le rattachement à la France se fit quelque peu entendre[8]. Dans l'ancienne principauté de Liège, le souhait général était d'être réuni à la Belgique[9].

La Loi fondamentale

Guillaume Ier en 1819.

Guillaume Ier était pénétré par les conceptions politiques allemandes, telles qu'elles s'exprimaient dans la plupart des États de la Confédération germanique et en particulier en Prusse. Sa mère, Wilhelmine, était la sœur du roi de Prusse Frédéric Guillaume II et eut jusqu'à sa mort une grande influence sur lui. D'autre part, il fut en grande partie éduqué par un militaire prussien, le baron De Stamford, et eut ses premières expériences politiques en tant que prince de Fulda (1802-1806) et en tant que propriétaire terrien en Prusse-Orientale. Logiquement, Guillaume Ier entendait se comporter en tant que roi comme un despote éclairé[10].

La Loi fondamentale qu'il proposa en 1815 aux provinces du Sud fut rejetée par un collège de mille six cent trois notables belges, mais le roi appliqua au résultat du scrutin l'« arithmétique hollandaise » : il supposa que les abstentionnistes soutenaient le projet et exclut du décompte ceux qui avaient voté contre pour des raisons religieuses[11]. La Loi fondamentale fut donc imposée au Sud.

C'était une des constitutions les plus libérales de l'époque[12], bien qu'elle paraisse aujourd'hui très conservatrice :

  • Le principe de la séparation des pouvoirs n'était pas reconnu : le roi et ses ministres détenaient le pouvoir législatif comme le pouvoir exécutif[13].
  • Les ministres n'étaient pas responsables devant les états généraux[14] et n'étaient que les instruments du souverain.
  • Le roi avait des pouvoirs très étendus[15]. Il se réservait notamment le droit de décider seul des politiques étrangère et monétaire.
  • Les états généraux détenaient pouvoir législatif conjointement avec le souverain et avaient la compétence de voter le budget[16].
  • Les membres des états généraux étaient désignés de manière très conservatrice. La première chambre, sur le modèle de la chambre des Lords britannique, était composée de nobles nommés par le roi[17]. La seconde chambre étaient élue par les États provinciaux, eux-mêmes élus par un suffrage censitaire très complexe[18].

Les griefs des provinces du Sud

Les griefs des provinces du Sud portaient sur plusieurs points.

  • Bien que le Sud comptât 3,5 millions (62 %) d'habitants et le Nord seulement 2 millions, les Belges ne représentaient que 50 % des sièges aux états généraux[19]. Notons cependant que le Nord, surtout la Hollande, payait plus d'impôts.
  • La dette publique des anciens États avait été rassemblée et était maintenant supportée par l'ensemble du royaume[20]. Or elle était au départ de 1,25 milliard de florins pour les Provinces-Unies et de seulement 100 millions pour le Sud.
  • L'action de Guillaume Ier dans le domaine de l'enseignement (construction d'écoles, contrôle des compétences des enseignants et des créations de nouveaux établissements, création de trois universités d'État) le plaça sous le contrôle total de l'État, ce qui mécontenta l'opinion catholique[21]. Cependant, le 27 mai 1827, le roi abrogea les dispositions les plus critiquées[22].
  • La plupart des institutions avaient leur siège dans le Nord et les charges publiques étaient réparties inéquitablement. Seul un ministre sur quatre était belge. Il y avait dans l'administration quatre fois plus de Hollandais que de Belges. Cela était néanmoins en partie dû à l'opposition des catholiques à la Loi fondamentale. Maurice de Broglie, évêque de Gand d'origine française, menaça même d'excommunication ceux qui y prêtaient serment[23].
  • Le contingent imposé à la Belgique par le recrutement de miliciens était proportionnellement élevé, alors que la proportion de Belges parmi les officiers était faible : seul un officier sur six était originaire du Sud et encore étaient-ils surtout représentés dans les grades les plus bas, notamment dans la cavalerie et l'infanterie. Dans l'artillerie et le génie, où une formation spécialisée était nécessaire, le nombre de Belges était vraiment réduit. La plupart des soldats belges étaient donc commandés par des officiers du Nord. De plus, la langue néerlandaise devient l'unique langue de l'armée batave en 1823[24], ce qui constitue un grief supplémentaire de la part des francophones.
  • L'application insatisfaisante de la liberté de la presse et de la liberté de réunion étaient considérée par les intellectuels belges comme un moyen de contrôle du Sud par le Nord.
  • En 1823, une réforme linguistique consacra le néerlandais comme langue officielle dans les provinces flamandes, y compris le Brabant méridional (sauf Nivelles). Cette législation souleva l'opposition des classes francophones. Les classes populaires flamandes n'y étaient pas favorables non plus, car elles ne parlaient pas et comprenaient à peine le néerlandais standard. Le 4 juin 1830, la liberté linguistique fut rétablie[25].
  • Les conservateurs des Pays-Bas du Nord faisaient pression pour que seuls les fidèles de l'ancienne Église d'État (protestante) puissent être nommés au gouvernement, alors que les conservateurs belges voulaient rétablir le catholicisme comme religion d'État en Belgique. La coexistence de deux religions d'État sur l'ensemble du royaume était inacceptable par les deux camps. Jusqu'en 1821 le gouvernement se servit de l'opposition des catholiques à la Loi fondamentale pour conserver le caractère protestant de l'appareil d'État par le biais des nominations de fonctionnaires. Guillaume Ier lui-même était un partisan de la tradition luthérienne allemande, selon laquelle le souverain est le chef de l'Église. Il voulait contrer l'autorité du pape sur l'Église catholique. Il souhaitait pouvoir influencer la nomination des évêques[26]. Pour contrôler les futurs prêtres et leur donner une formation appropriée, il obligea les séminaristes à suivre d'abord deux ans de cours au Collège philosophique de Louvain[27], que ses fonctionnaires créèrent dans les bâtiments qui avaient abrité le séminaire central de Joseph II. Finalement un concordat fut conclu en 1827, aux termes duquel Guillaume Ier obtenait un droit de regard sur la nomination des évêques et la fréquentation du Collège philosophique devenait facultative[28]. Conscient du fait que son nouveau royaume était majoritairement catholique (3,8 millions de catholiques pour 1,2 million de protestants), il prit des dispositions pour qu'il soit possible qu'un roi catholique accède au trône.
  • Les commerçants et les industriels belges se plaignaient de la politique de libre-échange menée à partir de 1827. La séparation de la France avait fait perdre à l'industrie du Sud une grande partie de son chiffre d'affaires. D'autre part, la colonie des Indes orientales connaissait une longue période de révolte et les produits britanniques concurrençaient la production belge. Avec la fin du blocus continental, le continent était envahi par des produits britanniques bon marché, appréciés par le Nord, encore surtout agricole, mais qui excluaient les productions du Sud.

L’union des oppositions

Article détaillé : Unionisme (Belgique).
Louis De Potter

Les libéraux étaient initialement anticléricaux. À partir de la fin des années 1820, un groupe de jeunes libéraux commença à accorder plus d'importance aux libertés politiques qu'à l'anticléricalisme[29]. On les appela les libéraux radicaux (par opposition aux libéraux voltairiens). Ces jeunes n'avaient pas connu la position privilégiée de l'Église d'avant la Révolution française. Ils étaient également sous l'influence des libéraux français, qui luttaient aux côtés de l'Église contre le régime absolutiste de Charles X. Dans le cadre de la liberté de pensée, la liberté de foi et donc même la foi catholique devenaient acceptables[30]. Ces jeunes libéraux, tels que le Brugeois Louis De Potter, les Liégeois Charles Rogier et Joseph Lebeau[31] et le Luxembourgeois Jean-Baptiste Nothomb, étaient influencés par le philosophe franco-suisse Benjamin Constant.

Les catholiques, mécontents de la politique scolaire, étaient à la même époque influencés par le prêtre français Félicité de Lamennais, qui introduisit le concept de catholicisme libéral. Il prônait un État libéral et une stricte séparation de l'Église et de l'État. Selon lui, la liberté ne pouvait qu'être bénéfique à l'Église, comme à l'économie.

En décembre 1825, le Liégeois Étienne de Gerlache lança un appel à la Seconde Chambre des États généraux pour une union des oppositions[32]. Il liait la liberté d'enseignement, que l'Église réclamait, aux libertés de religion et de la presse garanties par la Loi fondamentale. Il appela les libéraux à défendre la liberté sur tous les terrains.

En 1828, catholiques et libéraux publièrent une liste commune de griefs contre le régime de Guillaume Ier. Par la suite, ils développèrent leurs critiques ensemble dans la presse[33]. Ils organisèrent également des « pétitionnements » pour le redressement des griefs, le premier entre novembre 1828 et mars 1829, le second à partir d'octobre 1829[34]. Cette union des oppositions fut un facteur clé de la réussite de la révolution de 1830. Il explique notamment la rapidité avec laquelle la constitution a été écrite[35].

Parallèlement, le régime devenait de plus en plus autoritaire. Le roi déclara que sa souveraineté était antérieure à la Loi fondamentale et que cette dernière ne pouvait donc la limiter. En mai 1829, en pleine crise politique, il nomma son fils, le prince d'Orange, président du Conseil des ministres et vice-président du Conseil d'État, signe clair que la responsabilité des ministres devant le Parlement ne serait jamais accordée. Ainsi, les critiques contre la gouvernance de l'État ou contre le gouvernement devenaient également des critiques contre la dynastie. En décembre 1829, le message royal fut à la fois une apologie de l'œuvre accomplie par le régime et un avertissement pour l'opposition[36]. Début 1830, trois éminents journalistes des provinces du Sud (Louis De Potter, Jean-François Tielemans et Adolphe Bartels) furent condamnés à l'exil[37].

La radicalisation de l'opposition belge causa aussi l'affaiblissement de l'opposition libérale des provinces du Nord et renforça le réflexe antidémocratique. La souveraineté populaire dans un royaume des Pays-Bas unitaire aurait en effet inévitablement causé une prédominance des Belges (qui représentaient 62 % de la population) et des catholiques sur le Nord protestant. La surreprésentation des Néerlandais dans l'administration, l'armée et la diplomatie aurait aussi pris fin. Ceci explique pourquoi les élus des provinces du Nord formaient un bloc derrière le gouvernement et la dynastie des Nassau[38] (après l'indépendance de la Belgique, le pouvoir du roi restera intact jusqu'à la Loi fondamentale de 1848).

La pression de l'opposition poussa néanmoins le roi Guillaume à faire des concessions. Suite à l'entrée en vigueur du concordat le 20 juin 1829, la fréquentation du Collège philosophique devint facultative[39]. Le souverain assouplit la réglementation en matière d'emploi des langues le 28 août 1829[40]. En 1829, il fit voter une nouvelle loi sur la presse, beaucoup moins répressive. Au début de 1830 le souverain donna encore des gages à l'opposition : il fit voter une nouvelle loi sur la presse (2 juin), retira un projet de loi sur l'instruction, abrogea les arrêtés de 1825 en matière d'enseignement secondaire, rétablit la liberté linguistique (4 juin) et reconnut le principe de l'inamovibilité des magistrats (7 juillet)[41]. Ces mesures firent taire la plupart des critiques de l'opposition[42]. Ces reculs de « l'adversaire » ont pu contribuer à augmenter l'estime que les Belges avaient d'eux-mêmes et expliquer en partie le succès de la révolution[43].

Jean Stengers note que l'audace des Belges de 1830 s'explique aussi par les espaces accordés par le régime hollandais pour l'expression des oppositions : liberté de presse assez large pour l'époque, représentation politique des Belges aux États généraux, lutte des opposants devant les tribunaux, pétitionnements[44].

Notons au passage, qu'en Hollande, surtout dans le port d'Amsterdam, il existait depuis un certain temps un mouvement prônant le retour aux Provinces-Unies.

La révolte d’août 1830

Les causes immédiates

La révolution de Juillet qui éclata en France le 27 juillet 1830 contre Charles X, porta en trois jours le roi-bourgeois Louis-Philippe au pouvoir, dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle. Le roi devint le « roi des Français par la volonté nationale ». Cette révolution libérale échauffa les esprits en Belgique[45]. Entre 1829 et 1831, d'autres révolutions éclatèrent en Europe. Elles avaient plutôt un caractère nationaliste, inspiré par les idéaux du romantisme, qui voulaient que chaque peuple avait droit à une nation et à l'autonomie (principe d'autodétermination des peuples).

D'autre part, les facteurs économiques favorisaient les troubles. Le chômage parmi les travailleurs manuels causé par les débuts de la mécanisation et la hausse des prix des denrées alimentaires causée par la mauvaise récolte de 1829[46] seront un terrain fertile pour les soulèvements populaires. En effet, s'ils n'avaient pas de travail, les ouvriers étaient en proie à de sérieuses difficultés financières, or en 1830 le chômage augmentait dangereusement ainsi que le risque de vol et de pillage[47].

La Muette de Portici

Les semaines qui suivirent les Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830) furent émaillées en Belgique d'incidents mineurs (lecture publique des journaux français, agitation lors de la représentation de l'opéra d'Auber La Muette de Portici, tracts, affiches et grafittis antigouvernementaux, trouble de l'ordre public par des groupes isolés, port de rubans tricolores, rumeurs à propos de projets séditieux)[48]. Les autorités gouvernementales prirent diverses mesures de prudence (interdiction de La Muette de Portici, renforcement des garnisons, annulation de l'exercice de la garde communale de Bruxelles, du feu d'artifice et des illuminations prévus pour l'anniversaire du roi)[49].

Le 25 août 1830 (jour du cinquante-neuvième anniversaire du roi), on autorisa à Bruxelles la représentation de l'opéra romantique d'Auber, La Muette de Portici au théâtre de la Monnaie[50]. À la fin de la représentation, certains spectateurs continuèrent de crier « Vive la liberté ! ». À la sortie du spectacle, une foule s'était formée sur la place de la Monnaie[51]. Bientôt, elle se dirigea vers la demeure du publiciste Georges Libri-Bagnano, qui fut pillée[52]. Deux piquets d'infanterie arrivèrent sur les lieux après le pillage de cette demeure. Leur commandant, le commissaire de police F.P. de Wageneer, fut atteint par un meuble à la tête avant d'avoir donné l'ordre d'intervenir. Sans instruction, les piquets n'osèrent s'engager[53].

La foule s'en prit à d'autres bâtiments : une armurerie, un magasin de jouets (pour obtenir des tambours), la librairie polymathique, les Grandes Messageries[54]. Le groupe de pillards s'était grossi de gens du petit peuple[55]. Plus tard, un groupe se dirigea vers l'immeuble du directeur de la police, Pierre De Knyff de Gontrœuil, qui fut également mis à sac. Là, les tirs des services d'ordre feront des victimes, dont deux morts, parmi les émeutiers, ce qui mit fin à l'agitation[56]. Un autre groupe s'était porté vers la maison du procureur du roi Henry-Joseph Schuermans, dans laquelle il ne parvint pas à pénétrer. Il se déplaça alors vers l'hôtel du ministre de la Justice Cornelis Van Maanen (au Petit Sablon), où d'autres émeutiers le rejoignirent. L'immeuble fut pillé puis incendié vers deux heures du matin[57]. Après avoir échoué à mettre fin à l'incendie, les autorités rassemblèrent les troupes disponibles sur la Grand-Place vers six heures et demie[58]. De là, une partie alla défendre les palais du roi et du prince d'Orange, menacés par les émeutiers. Une autre regagna l'hôtel de Van Maanen, qui était déjà presque détruit. Au Grand Sablon, les tirs contre les émeutiers firent une vingtaine de morts[59].

Création d'une garde bourgeoise à Bruxelles

La matinée du lendemain, les troubles se poursuivirent : plusieurs hôtels d'agents gouvernementaux furent à leur tour pillés et des bandes attaquaient les boutiques[60]. La bourgeoisie, réalisant que les autorités légales étaient dépassées et se sentant menacée, créa une garde bourgeoise, afin de rétablir l'ordre[61]. Le 26 août au soir, c'était presque chose faite au centre de Bruxelles, mais les émeutiers se déplacèrent vers la périphérie, où ils attaquèrent des fabriques et y détruisirent des machines (accusées d'être la cause du chômage)[62]. La matinée du 27 fut calme, mais vers dix heures, la foule brûla les décoration du parc[63]. Ce jour-là, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst prit la tête de la garde bourgeoise[64]. Au soir, lors d'un incident à la place Royale, la garde bourgeoise tira sur les émeutiers[65].

La bourgeoisie, qui assurait à présent le maintien de l'ordre dans Bruxelles, désirait que le roi fît quelques concessions aux provinces du Sud afin de calmer les esprits. Le 28 août, elle envoya donc une délégation auprès du roi, avec pour mission de lui demander la convocation immédiate des États généraux afin d'aborder la question du redressement des griefs[66].

Apparition du drapeau belge

Article détaillé : Drapeau de la Belgique.
Le drapeau originel de la Belgique, tel que Lucien Jottrand et Édouard Ducpétiaux le conçurent.

Lorsque les troubles éclatèrent à Bruxelles, les premières couleurs arborées par les émeutiers furent celles du drapeau français. Jacques Logie explique que « l'adoption des couleurs françaises par les ouvriers et les sans-travail ne reflétait [...] pas des sentiments francophiles, mais représentait une aspiration vers la liberté et un certain progressisme, dont les trois couleurs n'étaient que le symbole[67]. » Édouard Ducpétiaux raconte :

« En 1830, dès le premier jour des troubles et lorsque les troupes néerlandaises étaient refoulées vers le haut de la ville, on arbora, à Bruxelles, sur plusieurs points, le drapeau tricolore français. Mais cette manifestation, due aux agents français qui essayaient alors d'entraîner la population, fut répudiée par un cri unanime de réprobation.[68] »

La garde communale arbora quant à elle un drapeau et des cocardes aux couleurs brabançonnes, guidée par un souci de différenciation par rapport au gouvernement et par un sentiment national[69]. Ce drapeau avait été conçu le 26 août par l'avocat Lucien Jottrand, rédacteur du Courrier des Pays-Bas, et le journaliste Édouard Ducpétiaux. Une commerçante, Marie Abts, en confectionna quelques exemplaires, comme le rappelle une plaque commémorative au coin des rues de la Colline et du Marché aux herbes. Le premier fut placé par Jottrand et Ducpétiaux à l'hôtel de ville de Bruxelles, alors que les suivants furent promenés dans les rues par Theodore Van Hulst, un employé du ministère de la Guerre.

Emmanuel d'Hooghvorst déclara au prince d'Orange le 31 août que la garde avait adopté les couleurs brabançonnes pour contrer l'apparition çà et là des couleurs françaises et pour éloigner toute idée de rattachement à la France[70].

Pour se distinguer clairement du drapeau néerlandais, les bandes furent placées verticalement sur les exemplaires suivants, avec le rouge du côté de la hampe. En effet, les couleurs des lignes horizontales des drapeaux belges et hollandais pouvaient se confondre. En conflit avec les Hollandais, il n'était pas question sur un champ de bataille enfumé de se tromper de couleurs. C'est donc pour des raisons militaires qu'on inversa le drapeau belge. Plus tard, le 23 janvier 1831, il fut décidé de reconnaître officiellement ce drapeau comme celui de la Belgique indépendante dans la Constitution. L'article 125 (aujourd'hui article 193) apparut le 7 février. Dès le 12 février le drapeau fut inversé : la bande noire fut placée à la hampe.

Dans le pays

Charles Rogier quitte Liège à la tête des volontaires liégeois. Tableau de Charles Soubre (1878).

Apprenant les événements de Bruxelles, le peuple gronda un peu partout dans le pays, dans les villes comme dans les campagnes. Souvent, une garde bourgeoise (à Liège, Verviers, Namur, Dinant, Mons, Tournai, Charleroi, Bruges, Courtrai, Gand, Grammont, Anvers, Geel, Tongres, Hasselt, Saint-Trond, Louvain) ou une commission de sûreté (à Liège, Verviers, Huy et Namur) fut créée, parfois avant même que n'éclatent les troubles. Parfois, des volontaires décidèrent de partir pour Bruxelles pour contrer une éventuelle attaque hollandaise. Les Liégeois s'organisèrent ainsi et c'est derrière le drapeau rouge et jaune de la principauté de Liège[71], brandi par Charles Rogier que, le 4 septembre 1830, les volontaires quittèrent Liège pour Bruxelles.

Les princes à Bruxelles

Le 30 août, les princes Guillaume et Frédéric, qui était le commandant en chef de l'armée, arrivèrent à Anvers, puis il gagnèrent Vilvorde, avec une troupe de six mille hommes.

Le 31 août, Guillaume Ier reçut, contre l'avis de son ministre de la Justice, les délégations liégeoises et bruxelloises. Les Bruxellois exposèrent les griefs des provinces du Sud et le roi ne céda sur rien, renvoyant toute décision à la session extraordinaire des États généraux, qu'il avait convoqué pour le 13 septembre. La délégation bruxelloise dut faire face à une foule hostile dans les rues de La Haye[72].

Le même jour, le prince d'Orange convoqua à Vilvorde les personnalités présentes à Bruxelles, ainsi qu'Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst, qui se fit accompagner de cinq membres du conseil de la garde bourgeoise. Le prince fit savoir qu'il exigeait l'abandon immédiat des couleurs brabançonnes et qu'il entrerait le lendemain dans Bruxelles avec son armée[73]. En apprenant la nouvelle, le peuple de Bruxelles commença à dresser des barricades dans les rues. Le soir, la garde bourgeoise envoya une nouvelle délégation auprès des princes, pour les convaincre de renoncer à leur projet. Guillaume d'Orange décida finalement de rentrer dans Bruxelles sans ses troupes, accompagné uniquement de son état-major, sous la protection de la garde bourgeoise[74]. Le lendemain, le prince constata l'hostilité du peuple de Bruxelles à la dynastie et se laissa convaincre par la garde bourgeoise de plaider auprès de son père la cause de la séparation administrative de la Belgique et des Provinces Unies. Il retourna donc aux Pays-Bas. Guillaume Ier ne réagit pas pendant plusieurs semaines.

Évolution de la situation début septembre

Début septembre, la presse belge (Le Politique, Le Courrier de la Meuse, Le Courrier des Pays-Bas), qui traduisait l'opinion des leaders de la révolution, ne réclamait pas l'indépendance de la Belgique, mais uniquement la séparation entre la Belgique et la « Hollande »[75].

Tandis que les membres belges des États généraux se rendirent le 13 septembre 1830 à La Haye, les incidents de Bruxelles reprirent un caractère violent, surtout après l'arrivée de renforts armés venus de Liège. Spontanément apparurent des corps francs, dirigés par des chefs élus ou autoproclamés.

Les Journées de septembre

Le gouvernement provisoire

Les actions hésitantes et maladroites de Guillaume Ier et de ses fils menèrent en septembre 1830 à une rupture définitive.

Le 23 septembre, l'armée du gouvernement, forte de douze mille hommes (dont deux tiers étaient originaires des Pays-Bas du Sud) et commandée par le prince Frédéric, entra dans Bruxelles. La plupart des leaders de la garde bourgeoise fuirent Bruxelles, croyant que tout était perdu et craignant d'être sévèrement punis pour leur infidélité à la dynastie. L'armée hollandaise se heurta cependant à une vive résistance des corps francs formés par le peuple de Bruxelles et par les volontaires venus de province. Elle ne put aller au-delà du parc de Bruxelles, où elle devint la cible des patriotes. Le 24 septembre, les principaux leaders politiques revinrent à Bruxelles et une commission administrative s'installa à l'hôtel de ville. Ce noyau de pouvoir comprendra Emmanuel van der Linden d'Hooghvorst, André Jolly et Charles Rogier. Il nommera don Juan Van Halen commandant en chef des patriotes. Elle deviendra ensuite le gouvernement provisoire. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, l'armée gouvernementale se retira hors de la ville.

Qui étaient ces révolutionnaires belges ?

Patrouille de volontaires belges dans les rues de Bruxelles, Jean-Baptiste Madou, 1830

John W. Rooney Jr. de l’Université Marquette a réalisé une étude quantitative[76] qui tente de dresser le profil des personnes ayant pris part aux événements de Bruxelles. Cette enquête est basée sur quatre listes distinctes des participants aux journées de septembre : une liste établie par le révolutionnaire belge Auguste de Wargny[77], la liste des combattants décorés de la croix de fer, la liste des blessés soignés dans les hôpitaux Saint-Jean et Saint-Pierre et une liste établie par les autorités bruxelloises en 1862. Ces différents documents donnent des données spécifiques sur les combattants : leur âge, leur lieu de naissance, leur domicile, leur occupation, leur état civil, le nombre de leurs enfants, leurs blessures, l'hôpital où ils furent soignés et leur indemnisation.

John W. Rooney Jr. signale d'abord que l'immense majorité des combattants étaient bruxellois. En effet, on compte selon selon lui entre 73 et 88 % de personnes domiciliées à Bruxelles parmi les morts et les blessés et 91 et 95 % de Brabançons[78]. Jean Stengers[79], qui se base sur la liste de Wargny, arrive à une conclusion proche : selon lui, les 1 200 blessés et les 450 tués de Bruxelles sont composés de 76 % de Bruxellois (ville de Bruxelles et de Saint-Josse-ten-Noode), de 12 % de combattants venus des villes et communes flamandes et de 12 % de personnes issues de Wallonie[80]. En outre, il compte une vingtaine de combattants domiciliés hors de Belgique, notamment à Paris[81]. En effet, des volontaires étrangers participèrent également aux opérations, ainsi la Légion belge parisienne (financée notamment par Félix et Frédéric de Mérode), qui fournit deux bataillons de quatre cents hommes.[réf. nécessaire] Par contre, si on examine le lieu de naissance des révolutionnaires donné par les recensements, le nombre de Bruxellois retombe entre 50 et 60 %[82]. Selon Rooney, cela montre que beaucoup de révolutionnaires étaient des personnes installées de fraîche date dans la capitale[83]. En effet, entre 1800 et 1830 la population de la capitale passa de 75 000 à 103 000 habitants. Cette croissance importante est due à la désignation en 1815 de Bruxelles comme deuxième capitale du Royaume des Pays-Bas[84]. Une des principales régions d'origine de ces migrants étaient les provinces de Flandre orientale et de Flandre occidentale, qui furent durement touchées par la crise du textile de 1826-1830[85].

L'étude de Rooney montre également que les révolutionnaires étaient pour la plupart des journaliers (ceux-ci étaient souvent des manœuvres, qui offraient leurs services pour un jour de salaire) ou des ouvriers du bâtiment[86]. Parmi ces deux groupes de travailleurs manuels, la moitié n'était pas originaire de Bruxelles. 52 % d'entre eux étaient célibataires ; parmi les hommes mariés, 70 % n'avaient pas d'enfant ; 60 % parlaient flamand[87]. Ces travailleurs étaient touchés par la crise économique et menacés par le chômage[88]. D'après l'étude de Rooney, les bourgeois ne représentaient que 5 % des révolutionnaires[89].

Selon Jean Stengers, parmi les combattants domiciliés à Bruxelles, environ 60 % habitaient les quartiers populaires, dans lesquels on comptait, selon les sections, de 35 à 87 % de néerlandophones[90]. Dans ces quartiers, les conditions de vie étaient mauvaises : l'hygiène était inconnue ; les familles bruxelloises vivaient souvent dans une seule pièce piètrement chauffée où régnait la puanteur et que l’on n’osait pas aérer par peur des vols et des agressions[91].

L'estimation du nombre total des participants varie très largement : selon le chef d’état-major hollandais toute la ville était entrée en rébellion ; le général Valazé, ambassadeur de France, n’estimait pas à plus de cinq cents le nombres des insurgés. John W. Rooney Jr., en se basant sur les registres qui visaient à consigner le nom de tous les combattants morts, blessés ou décorés, estime à 1 700 le nombre de révoltés pour une ville de 103 000 habitants à l'époque, soit 1,6 % de la population bruxelloise[92].

Ces révoltés bruxellois n'ont exposé qu’en de rares occasions leurs motivations, mais les témoignages de quelques observateurs, notamment ceux de Valazé, ambassadeur de France, et d'Augustus Beaumont, un aventurier américain qui prit part à la révolution, permettent de se faire une idée de ces émeutiers. Augustus Beaumont décrit les révolutionnaires comme des hommes sans formation militaire, souvent affamés, partageant leur temps entre les barricades et les estaminets, ne reconnaissant aucune autorité, se battant sans but précis, détestant les Hollandais mais ne se livrant pas au pillage[93].

Les listes indiquent que l'âge moyen des combattants était d'environ trente ans. Le niveau le plus élevé de mortalité se trouve chez les hommes plus âgés que la moyenne, mariés et pères de famille, ce que Rooney interprète comme une plus grande combativité et une plus grande révolte de la part de ces hommes incapables de subvenir au besoin de leur famille[94]. Rooney suggère qu'outre les difficultés économiques la présence d’une armée attaquant la ville provoqua une réaction spontanée de résistance envers cette armée d'envahisseurs[95].

Octobre : la révolution prend le contrôle du territoire

Le 29 septembre, les États généraux acceptent le principe de séparation administrative, mais il est trop tard : les Journées de septembre ont définitivement détourné les Belges de Guillaume Ier. L'opinion majoritaire était qu'un roi qui avait fait couler le sang de son peuple ne pouvait plus régner[96]. Le 4 octobre 1830, le Gouvernement provisoire proclame l'indépendance de la Belgique. Il annonce la rédaction d'un projet de constitution et la convocation prochaine d'un Congrès national[97].

Le 5 octobre, le prince d'Orange arriva à Anvers. Il y restera jusqu'au 25-26 octobre et négociera avec les autorités belges en vue d'accéder au trône de Belgique. En effet, une bonne partie des leaders (Charles de Brouckère, Joseph Lebeau, Lucien Jottrand) et de la presse révolutionnaires considérait que donner le trône de Belgique au prince d'Orange était la seule solution pour obtenir l'assentiment des puissances à l'indépendance de la Belgique. Cette solution avait également l'avantage de préserver l'industrie belge du risque de fermeture des marchés hollandais et indonésien. Charles de Brouckère rencontre le prince le 8 octobre[98].

Grâce à leur contact constant avec la population locale, les soldats gouvernementaux, généralement stationnés dans les régions dont ils étaient originaires, se montrèrent très sensibles aux idées révolutionnaires. Les troupes se mutinèrent, refusèrent d'obéir aux ordres et désertèrent massivement. Dans certaines garnisons, les officiers hollandais furent emprisonnés par leurs soldats. À partir du 16 octobre, la déliquescence de l'armée s'accéléra encore quand le prince Guillaume, en imitation du Gouvernement provisoire, proclama l'indépendance des provinces méridionales (en-deçà du Rhin) et déclara son intention de scinder l'armée en divisions nordistes et sudistes.

Malgré leur composition et leur encadrement hétéroclite (on comptait parmi ses dirigeants l'aventurier espagnol don Juan Van Halen et des officiers français), les brigades volontaires belges réussirent à prendre presque partout la place des troupes régulières. Ainsi, celles-ci furent refoulés sur la Nèthe (bataille de Waelhem), puis sur Anvers (batailles de Berchem et de Borgerhout).

Le 26 octobre, peu après le départ du prince d'Orange, les volontaires belges entrent dans la ville d'Anvers. Le général Chassé, commandant des troupes gouvernementales ordonne à ses troupes de se replier dans la forteresse pour éviter les combats de rue et conclut un cessez-le-feu avec le commandement belge[99].

Fin octobre, tout le territoire était libéré des troupes du Nord, même les actuels Limbourg néerlandais et grand-duché de Luxembourg, puisqu'il n'existe alors qu'un seul Limbourg et un seul Luxembourg (ces provinces seront coupées en deux en 1839). Seules les citadelles d'Anvers, de Maastricht et de Luxembourg (cette dernière étant occupée par une garnison prussienne) restaient aux mains du gouvernement de Guillaume Ier.

À Anvers, les volontaires belges, peu disciplinés, ne respectèrent pas le cessez-le-feu et continuèrent à tirer sur les « Hollandais ». En représailles, le duc de Saxe-Weimar ordonna à Chassé de bombarder la ville depuis la citadelle et les navires ancrés dans l'Escaut. Le bombardement du 27 octobre dura six heures et fit quatre-vingt-cinq morts et beaucoup de dégats. Cet événement eut un grand retentissement dans le pays et compromit définitivement la maison d'Orange[100].

Cessez-le-feu et Congrès national en novembre

À partir de novembre, les positions militaires se consolident et on tente de parvenir à un cessez-le-feu. Le 3 novembre se tiennent déjà des élections pour le Congrès national. Celui-ci siège pour la première fois le 10 novembre et confirme huit jours plus tard la déclaration d'indépendance « à l'exception des relations du Luxembourg avec la Confédération germanique ». L'indépendance nationale est votée à l'unanimité[101]. Le 22 novembre, le Congrès opte pour la monarchie comme forme de gouvernement et discute de l'opportunité de choisir ou non un Nassau comme souverain. Les députés décident ensuite de l'exclusion des membres de la maison d'Orange-Nassau au trône de Belgique. Cette décision est la conséquence du bombardement du 27 octobre 1830 contre la ville d'Anvers par les troupes hollandaises[102].

Réactions internationales

Caricature d'Honoré Daumier parue en 1832 représentant la conférence de Londres.
Le roi Louis-Philippe refuse la couronne offerte par le Congrès national belge au duc de Nemours le 17 février 1831, toile de Nicolas Gosse, 1836.

Lorsque la Belgique déclare son indépendance en 1830, Guillaume Ier des Pays-Bas fait appel aux puissances coalisées pour maintenir ses prérogatives sur les territoires rebelles. Les grandes puissances conservatrices (Prusse, Autriche, Russie) sont favorables au maintien, par la force s’il le faut, de la Belgique à l’intérieur du Royaume des Pays-Bas. Seule la Russie offre une aide militaire aux Pays-Bas, mais à partir du 29 novembre 1830 une insurrection éclate en Pologne et elle ne peut envoyer de troupes à Guillaume Ier. Par ailleurs, le Royaume-Uni craignait que la France annexe la Belgique.

Le 20 janvier 1831, les grandes puissances réunies à Londres publient le protocole de la conférence de Londres. Celui-ci jette la base d'une séparation de la Belgique des Pays-Bas, en laissant à ces derniers une partie du Limbourg et le Luxembourg tout entier[103]. Le Congrès national rejette ce protocole[104].

Lorsque le Congrès national belge choisit le 3 février 1831 par une faible majorité[105] le duc de Nemours Louis d'Orléans, un des fils du roi des Français, pour devenir roi des Belges, son père Louis-Philippe refuse l'offre, craignant de déclencher une guerre européenne dans laquelle la France serait isolée[106]. Le refus français avait également des motivations économiques : le député Laurent Cunin-Gridaine avait prononcé devant la Chambre le 28 janvier 1830 un discours dans lequel il dénonçait le danger que ferait courir à l'industrie nationale l'absence de barrière douanière entre la Belgique et la France[107].

Suite au refus de Louis-Philippe, le Congrès élit un régent : Surlet de Chokier. Celui-ci forme un premier gouvernement, formé exclusivement de personnalités libérales, à l'exception de son chef de cabinet, le catholique Étienne de Gerlache. Ce dernier, attaqué par les libéraux, démissionne après quelques jours. Surlet de Chokier fait alors appel à Étienne de Sauvage pour former un nouveau gouvernement. Celui-ci fait appel à Joseph Lebeau et Paul Devaux, deux personnalités qui s'étaient distinguées par leur combat contre la candidature du duc de Nemours, donc contre une politique extérieure exclusivement française[108]. Ce sera Lebeau qui assurera la direction effective de la politique de la jeune Belgique jusqu'au 21 juillet.

Comme il s'agit toujours de trouver un roi, Paul Devaux suggère Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha[109], un prince anglo-allemand[110]. Ce choix recueillit immédiatement les faveurs de Lord Palmerston, alors secrétaire d'État au Foreign Office. Celui-ci fait alors savoir à Lebeau que la Belgique pourrait peut-être racheter le Luxembourg si Léopold est élu roi des Belges[111]. Joseph Lebeau obtiendra alors facilement du Congrès l'élection du prince de Saxe-Cobourg-Gotha (il fut élu avec 152 votes sur 196), malgré sa méconnaissance de la langue nationale[112] et sa religion protestante[113]. Léopold n'accepta pas immédiatement la couronne. Il exigea que la Belgique trouve d'abord un compromis au sujet du Limbourg et du Luxembourg avec les puissances réunies au sein de la conférence de Londres. Lebeau envoie alors une délégation à Londres chargée d'offrir officiellement la couronne à Léopold Ier et de négocier avec les puissances une révision du protocole de Londres[114]. Suite à ces négociations, celles-ci publièrent le 26 juin 1831 le traité des XVIII articles, plus avantageux pour la Belgique que le protocole de Londres[115]. Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha réclama que le Congrès national ratifie le traité. Joseph Lebeau défendit longuement la ratification devant l'assemblée et l'obtint le 9 juillet[116]. Léopold accepta alors la couronne, rejoignit la Belgique et le 21 juillet 1831, il devint le premier roi des Belges sous le nom de Léopold Ier en prêtant serment à la place Royale. Un ministère rassemblant catholiques et libéraux, présidé par Félix De Muelenaere, fut constitué.

Le gouvernement britannique, mené par Lord Palmerston, après avoir été rassuré sur la pérennité de l'indépendance de la Belgique (notamment grâce à l'élection de Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha comme roi des Belges), devient favorable au maintien de la Belgique comme État indépendant et perpétuellement neutre. Les autres grandes puissances se rallieront progressivement à cette position.

Guillaume Ier n'accepte pas cette situation. En août 1831, l'armée néerlandaise avance vers Bruxelles sans rencontrer beaucoup de résistance (campagne des Dix-Jours). Après qu'une armée française a franchi la frontière, Guillaume retire ses troupes, qui se trouvaient déjà devant Louvain.

Les Pays-Bas ne reconnaîtront l'indépendance de la Belgique qu'en 1839, par le traité des XXIV articles.

Conséquences de la scission

Conséquences économiques

La scission fut une catastrophe économique pour l'industrie textile gantoise. En 1832, elle ne traitait plus que deux millions de kilos de coton, contre 7,5 millions de kilos en 1829. Beaucoup de travailleurs se retrouvèrent au chômage et les autres ne gagnaient plus que 30 % de leur salaire de 1829.

Dans la ville portuaire d'Anvers le trafic maritime diminua drastiquement. En 1829 le trafic s'élevait à 1 028 navires et 129 000 tonnes. Cette année-là, on déchargea à Anvers deux fois plus de biens qu'à Rotterdam et à Amsterdam réunis. En 1831, le nombre de navires tomba à 398 et le commerce avec les colonies réduit à néant.

Ceci nourrit un sentiment orangiste dans les classes aisées, particulièrement parmi le patronat textile gantois. Malgré leur puissance financière, cette tendance resta cependant minoritaire, face à la volonté d'indépendance qui animait l'immense majorité des Belges[117].

Conséquences culturelles

Sous le gouvernement de Guillaume Ier le nombre d'enfants scolarisés dans le primaire passa de 150 000 à 300 000 grâce à la création de mille cinq cents nouvelles écoles. Cet enseignement était dispensé en néerlandais dans toute la Flandre et à Bruxelles. Après la Révolution, très peu d'écoles publiques furent créées, à cause des moyens financiers limités dont disposait le gouvernement, vu les importantes dépenses militaires. Par contre, grâce à la liberté d'enseignement garantie par la constitution, on créa de nombreuses écoles catholiques. Les jésuites fondèrent notamment de nombreux collèges.

D'autre part, l'État belge mena une politique de francisation, notamment à Bruxelles. Toute la fonction publique devint francophone, y compris en Flandre et à Bruxelles. Cet impérialisme linguistique donnera plus tard naissance au mouvement flamand.

Répression

Peu après la révolution, certaines protestations s'élevèrent contre le nouveau régime, notamment à Gand, où l'industrie textile était durement touchée par la nouvelles situation politique. Gita Deneckere décrit dans son ouvrage De plundering van de orangistische adel[118] des « actions collectives antiorangistes à Bruxelles, Anvers, Gand et Liège dont [elle] a trouvé des traces dans les archives policières, juridiques, et politiques. Il s'agit de trente-deux actions au total dans les années 1831-1834, qui étaient de morphologie, de durée, d'étendue, d'intensité, de violence et de destructivité variable. » L'incident le plus représentatif est le pillage qui eut lieu à Bruxelles en 1834.

Interprétations

De nombreuses interprétations ont été faites de la révolution belge et en particulier des journées de septembre.

Une révolution nationaliste

La première interprétation qui a été faite est la lecture nationaliste de l'événement, qui voit dans ces émeutes un soulèvement national où un peuple tout entier, guidé par une conscience commune, se porte au secours d’une capitale révoltée. Cette interprétation fut, longtemps, la seule portée par les historiographes de la Belgique. Par exemple, Henri Pirenne y voit une insurrection d’envergure nationale.

Jean Stengers y voit aussi clairement une révolution nationale : « [La Révolution de 1830] est, essentiellement, une révolution nationale. Elle dresse les Belges contre les Hollandais, dont on secoue le « joug » – l'expression « joug hollandais » traverse toute la révolution. L'indépendance de la Belgique est apparue très vite comme l'idéal à atteindre, et que l'on a réalisé. Le patriotisme, en 1830, est partout présent, et il est ardent[119]. » Jean Stengers trouve des signes de ce caractère national dans les textes et les paroles de l'époque, dans l'importance des dons patriotiques, les chants, les poèmes. Il note que chez les acteurs de l'époque, la patrie passe avant tout (notamment avant la religion)[120]. Pour Jean Stengers, cette description « claire » de la révolution (nationale, mais aussi libérale, affirmant le droit à la nationalité belge, traversant toutes les provinces du pays et essentiellement menée par les gens du peuple) sera attaquée en trois temps[121] :

  1. Par les partisans du mouvement wallon, qui vont exagérer le rôle des Wallons et complémentairement par le mouvement flamand, qui va à l'inverse minimiser le rôle des Flamands.
  2. Par des historiens marxistes qui attribueront à la révolution une cause exclusivement économique et sociale.
  3. Par tous ceux qui projetteront dans le passé leurs doutes sur la solidité de la Belgique.

Jacques Logie défend également la thèse « nationale » : « Le succès du mouvement révolutionnaire ne peut être attribué qu'à l'élan nationaliste qui, dans toute la Belgique, souleva l'enthousiasme populaire, déborda la bourgeoisie loyaliste et entraîna les attentistes. On en remarquera quelques manifestations caractéristiques : les émeutes populaires spontanées, dirigées contre la présence des garnisons gouvernementales, les dons patriotiques offerts un peu partout dans le pays au Gouvernement provisoire, et les mutineries des garnisons belges combinées avec le refus des officiers originaires de nos provinces de tirer l'épée contre leurs compatriotes[122]. »

On attaque souvent cette thèse nationaliste en citant des témoins de l'époque. Ainsi, Charles Rogier affirme qu’il n’y avait en 1830 ni nation ni sentiment national belge au sein de la population. Le révolutionnaire Jean-Baptiste Nothomb assure que « le sentiment de l’unité nationale est né de nos jours ». Quant à Joseph Lebeau, il déclare que « le patriotisme belge est le fils de la révolution de 1830. »[123]. Ce n’est que dans les années suivantes que les révolutionnaires bourgeois se mettront à « légitimer idéologiquement le pouvoir de l’État »[124]. L'écrivain Patrick Roegiers va dans le même sens, en affirmant que pour les Belges de 1830 la Belgique n'avait ni identité ni viabilité et est destinée à être réunie ou divisée tôt ou tard entre la France et les Pays-Bas[125]. Rooney critique également l'interprétation nationaliste en insistant sur le rôle minime joué par les non-Bruxellois durant les journées de septembre[126]. Dans son étude sur les combattants des journées de septembre, il insiste sur les facteurs socio-économiques qui ont mené à la révolte.

Une révolution wallonne

Affichette de 1912 des Ligues wallonnes dénonçant le déséquilibre entre le pourcentage de volontaires wallons en 1830 et les dépenses publiques consenties pour la Flandre.

Au début du XXe siècle, les partisans du mouvement wallon vont faire l'analogie entre le combat de 1830 contre les Hollandais et le combat wallon contre les flamingants. Ceux-ci vont alors magnifier le rôle des Wallons dans la révolution, au point que l'anniversaire des journées de septembre fut choisi en 1913 comme « fête nationale de la Wallonie ». Progressivement, un autre aspect de 1830 va être mis en avant par le mouvement wallon, le réunionisme. En 1838, Francis Dumont défend la thèse que le réunionisme était un mouvement important en 1830, qui représentait un secteur non négligeable de l'opinion wallonne dans L'Irrédentisme français de Wallonie de 1814 à 1831[127].

Le mouvement flamand va embrayer dans le même sens, car il était tenté de voir en 1830 la catastrophe qui mènera à la domination sans partage du français en Flandre. Arnoldus Smits exprimera cette tendance dans son ouvrage 1830. Scheuring in de Nederlanden (1951). Ce travail a été sévèrement critiqué par Jan Dhondt[128].

Jean Stengers rappelle à ce propos que tous le pays a participé à la révolution et que si le mouvement a parfois été moins intense en Flandre, c'est que les forces militaires gouvernementales y étaient plus nombreuses. Il souligne également que la majorité des combattants des journées de septembre étaient des Bruxellois qui parlaient le flamand et que l'orangisme, s'il était répandu à Gand et à Anvers, était le fait des classes supérieures francisées[129].

Une révolution prolétarienne

En se basant sur la liste des combattants dressée par Auguste de Wargny, Maurice Bologne avança la théorie que la révolution belge était prolétarienne et qu'elle avait été confisquée par la bourgeoisie et la noblesse. C'est notamment cette théorie qu'on retrouve dans son ouvrage L'Insurrection prolétarienne de 1830 en Belgique, publié en 1929. Frans van Kalken et Robert Demoulin, entre autres, ont sévèrement critiqué cette théorie[130].

En effet, absolument rien n'indique que les gens du peuple aient eu des objectifs de classe. D'après Rooney, le combattant de 1830 était dépourvu de toute conscience politique : il ne s'attaqua pas aux biens des bourgeois de Bruxelles et aucune affiche à caractère contestataire ne fut trouvée à Bruxelles[131]. En outre, après le triomphe de la révolution, il ne se trouvera personne pour dénoncer la confiscation des résultats de la révolution par la bourgeoisie. Au contraire le peuple semble satisfait de voir son objectif, le départ des Hollandais, accompli[132].

Un complot français

En 1873, Victor de Bavay avança la thèse que la révolution belge était le fruit d'un complot ourdi depuis Paris dans son ouvrage Histoire de la révolution belge de 1830. Cette thèse a été reprise par Maurits Josson dans De Belgische Omwenteling van 1830 (1930) et André Monteyne dans België : een Misverstand (1979)[133]. Jacques Logie juge cette argumentation peu vraisemblable, car elle repose uniquement sur le témoignage peu objectif de certains agents gouvernementaux (le gouverneur Hyacinthe-Charles Van der Fosse et le procureur du roi Henry-Joseph Schuermans) et certains faits la contredisent (l'absence de Français parmi les pillards arrêtés, une lettre d'Alexandre Gendebien dans laquelle il explique qu'il n'a pu obtenir l'intervention du gouvernement de Louis-Philippe, etc.)[134].

La Belgique : une construction artificielle ?

D'après Jean Stengers, on trouve fréquemment dans la presse belge ou étrangère des déclarations qui présentent la Belgique comme une « création artificielle », comme un « mariage forcé » entre les Flamands et les Wallons. Ces visions ne sont pas défendues par des historiens, mais elles sont présentées au grand public, par la voix d'un très large éventail de personnalités (principalement des hommes politiques et des journalistes), bien plus souvent que l'histoire authentique[135]. Jean Stengers affirme que soutenir que les Flamands et les Wallons ont été unis contre leur gré en 1830 ou que, même si le mariage a été consenti, les Flamands et les Wallons étaient deux peuples différents en 1830 relève du mythe, car en 1830, les notions de « peuple flamand » et de « peuple wallon » n'existaient pas[136].

La même opinion est défendue par Jacques Logie, pour qui considérer la Belgique comme une « création artificielle » revient à « bafouer la réalité historique[137] ».

Notes

  1. Jacques Logie, De la régionalisation à l'indépendance, 1830, éditions Duculot, Paris-Gembloux, 1980, 248 p. (ISBN 2-8011-0332-2), p. 11 
  2. Jacques Logie, op. cit., p. 11.
  3. Patrick Roegiers, La Spectaculaire Histoire des rois des Belges, Perrin, Paris, 2007, p. 23
  4. Jacques Logie, op. cit., p. 11 et Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 168.
  5. Jacques Logie, op. cit., p. 11.
  6. Jacques Logie, op. cit., p. 11-12.
  7. Jacques Logie, op. cit., p. 11.
  8. Jean Stengers, op. cit., p. 168-170.
  9. Jean Stengers, op. cit., p. 185.
  10. Jacques Logie, op. cit., p. 22.
  11. Lode Wils (trad. Chantal Kesteloot), Histoire des nations belges [« Garant uitgevers »], Labor, Bruxelles, 2005, p. 136  et Jacques Logie, op. cit., p. 13.
  12. Jacques Logie, op. cit., p. 13.
  13. Jacques Logie, op. cit., p. 12.
  14. Jacques Logie, op. cit., p. 12.
  15. Jacques Logie, op. cit., p. 12.
  16. Jacques Logie, op. cit., p. 12-13.
  17. Jacques Logie, op. cit., p. 12.
  18. Jacques Logie, op. cit., p. 12-13.
  19. Jacques Logie, op. cit., p. 13.
  20. Jacques Logie, op. cit., p. 12.
  21. Jacques Logie, op. cit., p. 14-15.
  22. Jacques Logie, op. cit., p. 15.
  23. Jacques Logie, op. cit., p. 12 et Jean Stengers, op. cit., p. 181.
  24. Patrick Roegiers, op. cit., p. 23.
  25. Jacques Logie, op. cit., p. 21 et Jean Stengers, op. cit., p. 177-178.
  26. Jacques Logie, op. cit., p. 16.
  27. Jacques Logie, op. cit., p. 15.
  28. Jacques Logie, op. cit., p. 16.
  29. Jacques Logie, op. cit., p. 17-18.
  30. Jacques Logie, op. cit., p. 17-18.
  31. Jacques Logie, op. cit., p. 18.
  32. Jacques Logie, op. cit., p. 18.
  33. Jacques Logie, op. cit., p. 18.
  34. Jacques Logie, op. cit., p. 19.
  35. Jean Stengers, op. cit., p. 205.
  36. Jacques Logie, op. cit., p. 20.
  37. Jacques Logie, op. cit., p. 20.
  38. Jacques Logie, op. cit., p. 18.
  39. Jacques Logie, op. cit., p. 19.
  40. Jacques Logie, op. cit., p. 20.
  41. Jacques Logie, op. cit., p. 21.
  42. Jacques Logie, op. cit., p. 21.
  43. Jean Stengers, op. cit., p. 188
  44. Jean Stengers, op. cit., p. 186-188
  45. Jacques Logie, op. cit., p. 26-27.
  46. Jacques Logie, op. cit., p. 25.
  47. John W. Rooney Jr., « Profil du combattant de 1830 », dans Revue belge d'histoire contemporaine, T. 12, 1981 [lire en ligne], p. 489-490.
  48. Jacques Logie, op. cit., p. 27-33.
  49. Jacques Logie, op. cit., p. 27-30.
  50. Jacques Logie, op. cit., p. 34.
  51. Jacques Logie, op. cit., p. 35.
  52. Jacques Logie, op. cit., p. 35.
  53. Jacques Logie, op. cit., p. 35.
  54. Jacques Logie, op. cit., p. 36.
  55. Jacques Logie, op. cit., p. 36.
  56. Jacques Logie, op. cit., p. 36-37.
  57. Jacques Logie, op. cit., p. 37.
  58. Jacques Logie, op. cit., p. 39.
  59. Jacques Logie, op. cit., p. 39-40.
  60. Jacques Logie, op. cit., p. 40.
  61. Jacques Logie, op. cit., p. 40-42.
  62. Jacques Logie, op. cit., p. 43-44.
  63. Jacques Logie, op. cit., p. 44.
  64. Jacques Logie, op. cit., p. 45.
  65. Jacques Logie, op. cit., p. 45.
  66. Jacques Logie, op. cit., p. 46-48.
  67. Jacques Logie, op. cit., p. 207.
  68. Jo Gérard, Oui ! La Belgique existe, je l'ai rencontrée., Éd. J.-M. Collet, Bruxelles, 1988, p. 229.
  69. Jacques Logie, op. cit., p. 207.
  70. Jacques Logie, op. cit., p. 65.
  71. Jean Stengers, op. cit., p. 185, note 147.
  72. Jacques Logie, op. cit., p. 58-63.
  73. Jacques Logie, op. cit., p. 64-65.
  74. Jacques Logie, op. cit., p. 66-67.
  75. Jean Stengers, op. cit., p. 192-194.
  76. John W. Rooney Jr., op. cit.
  77. Auguste de Wargny, Supplément aux esquisses historiques de la première époque de la Révolution de la Belgique en 1830, Bruxelles, 1831, p. 20-47.
  78. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 486-487.
  79. Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X), p. 140 et n. 1.
  80. Jean Stengers, op. cit., p. 140 et n. 1.
  81. Jean Stengers, op. cit., p. 140 n. 1.
  82. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 487.
  83. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 487.
  84. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 487.
  85. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 489.
  86. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 488.
  87. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 488.
  88. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 490.
  89. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 486.
  90. Jean Stengers, op. cit., p. 140 n. 1.
  91. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 490-491.
  92. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 492.
  93. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 490-491, d'après Augustus Beaumont, Adventures of Two Brother at the Siege of Brussels, Cornhill, 1831.
  94. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 493
  95. John W. Rooney Jr., op. cit., p.487.
  96. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 194-195.
  97. Philippe Raxhon, « Mémoire de la Révolution française de 1789 et Congrès national belge (1830-31) », dans Revue belge d'histoire contemporaine, XXVI, 1-2, p. 33-83, 1996, [lire en ligne], p. 36.
  98. Jean Stengers, op. cit., p. 198-199.
  99. Jean Stengers, op. cit., p. 199-200.
  100. Jean Stengers, op. cit., p. 199-201.
  101. Jean Stengers, op. cit., p. 206.
  102. Jean Stengers, op. cit., p. 201.
  103. Jean Bartelous, Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1983, Bruxelles, éd. J.M. Collet, p. 11.
  104. Jean Bartelous, op. cit., p. 45.
  105. Quatre-vingt-neuf votes au premier tour et quatre-vingt-dix-sept votes au second sur cent quatre-vingt-onze voix.
  106. Jean Bartelous, op. cit., p. 11.
  107. Henri-Thierry Deschamps, La Belgique devant la France de Juillet, librairie Droz, Genève, 1956 (ISBN 2-251-66137-9), p. 198 et Léon Faucher, « L’Union commerciale entre la France et la Belgique », dans Revue des deux mondes, T. 32, 1842 [lire en ligne].
  108. Jean Bartelous, op. cit., p. 11-12
  109. Jean Bartelous, op. cit., p. 15
  110. Il vivait en Angleterre et avait obtenu la nationalité anglaise en 1816 (Patrick Roegiers, op. cit., p.19-20).
  111. Jean Bartelous, op. cit., p. 15
  112. Patrick Roegiers, op. cit., p. 15.
  113. Patrick Roegiers, op. cit., p. 30.
  114. Jean Bartelous, op. cit., p. 46
  115. Il permettait le rachat du Luxembourg et l'échange du Limbourg contre des enclaves en territoire néerlandais.
  116. Jean Bartelous, op. cit., p. 15-16
  117. Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X), p. 140-141.
  118. Gita Deneckere, De plundering van de orangistische adel in april 1834, [lire en ligne].
  119. Jean Stengers, op. cit., p. 139.
  120. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 189-192
  121. Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X), p. 141.
  122. Jacques Logie, De la régionalisation à l'indépendance, 1830, éditions Duculot, Paris-Gembloux, 1980, 248 p. (ISBN 2-8011-0332-2), p. 215 
  123. Els Witte, Jean Pierre Nadrin, Eliane Gubin et Gita Deneckere, La Nouvelle Histoire de Belgique, éditions Complexe, 2005, p. 101.
  124. Els Witte, Jean Pierre Nadrin, Eliane Gubin et Gita Deneckere, op. cit., p. 100.
  125. Patrick Roegiers, op. cit., p. 34-35.
  126. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 487.
  127. Jean Stengers, op. cit., p.141-143
  128. Jean Stengers, op. cit., p.142
  129. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 202-203.
  130. Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X), p. 144 et John W. Rooney Jr., op. cit., p. 482-484.
  131. John W. Rooney Jr., op. cit., p. 493.
  132. Jean Stengers, op. cit., p. 140.
  133. Jacques Logie, op. cit., p. 206.
  134. Jacques Logie, op. cit., p. 206-208.
  135. Jean Stengers, op. cit., p. 144-146.
  136. Jean Stengers, op. cit., p. 146.
  137. Jacques Logie, op. cit., p. 216.

Bibliographie

  • Sébastien Dubois L'Invention de la Belgique. Genèse d'un Etat-nation (1648-1830), Bruxelles, Editions Racine, 2005.
  • Jacques Logie, De la régionalisation à l'indépendance, 1830, Duculot, 1980, Paris-Gembloux.
  • John W. Rooney Jr., « Profil du combattant de 1830 », dans Revue belge d'histoire contemporaine, T. 12, 1981 [lire en ligne].
  • Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X).

Voir aussi

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