Rançon (prix)

Rançon (prix)

Rançon au Moyen Âge

Une rançon, est un prix exigé pour la délivrance d’un captif ou d’un prisonnier de guerre.
Au Moyen-Age, et pendant la guerre de cent ans en particulier, la rançon, outre un enrichissement personnel, fait partie de intégrante de l’économie d’un pays ou d’une région.
Selon Kenneth Bruce McFarlane « il est probable que nous ayons là l’une des raisons principales non seulement de la guerre de cent ans mais aussi de toutes celles du Moyen-âge » [1][2].

Sommaire

Historique

Les premières armées médiévales étaient des survivances des bandes tribales guerrières.
Pendant la féodalité la défense du pays est exercée par les vassaux rattachés à un suzerain et de leurs suivants respectifs c'est-à-dire les autorités locales, comtes et riches propriétaires, car le roi n'a pas d'armée.
Tout seigneur d'un fief devait annuellement une période de service militaire. Le vassal était accompagné de soldats professionnels, de mercenaires, dont il avait personnellement la charge, qu’il payait en argent sonnant et trébuchant.
Dans cette société, la guerre était un métier comme un autre et les chevaliers vivaient pour le combat afin d’accéder à la reconnaissance de leur pairs et à la fortune. Les soldats professionnels étaient pour la plupart les fils cadets des familles n’ayant pas ou peu d’héritage [3]. Les paysans, les roturiers, s’enrôlaient, car la solde y était élevée et pour ceux-ci la guerre était tout sauf un honneur.
Un attrait important de l'armée était la possibilité des pillages. Les mercenaires étaient loyaux leur chef et combattaient à ses côtés tant qu'il leur fournissait le gîte, le couvert et la possibilité de participer aux pillages et donc de s’enrichir.
Participer à l'assaut d'une ville, d'un château, était signe d’enrichissement pour les chevaliers de bas lignage et les soldats en particulier quand les places fortes résistaient car elles étaient systématiquement mises à sac. Dans certains cas, le soldat pouvait alors amasser pendant le pillage un butin pouvant représenter plusieurs fois sa paie annuelle. Les batailles rangées, permettaient également de s'enrichir car il pouvaient vendre les armures et les armes des tués et également rançonner les familles des chevaliers fait prisonnier.

Rançon et économie

Si l’on veut se faire une idée du côté économique de cette entreprise qu’était la guerre, il ne faut pas oublier à titre de comparaison, que le commerce de la laine entre la Norvège et l’Angleterre lors de son apogée au XIVe siècle, ne dépassait pas 4 000 livres par an.
A la même époque, les échanges internationaux, totaux, de la laine et des lainages d’Angleterre n’excédait pas 90 000 à 100 000 livres tournois par an.
Dans l’ensemble, on pense que la balance penchait en faveur des anglais, mais ce n’est pas le plus important. Les détenteurs du pouvoir politique y ont énormément gagné alors que les contribuables et les couches populaires des deux pays y perdaient. La guerre était un moyen de transférer des richesses du bas vers le haut de la société.
Entre les années 1419 à 1435 les pays normands ont accordé 350 000 livres pour couvrir les dépenses militaires anglaises.

Le prix des rançons

Les rançons variaient considérablement en fonction de la personne.
Elles pouvaient atteindre 1 000 livres pour un chevalier.
L’exemple extrême est celui du roi de France Jean Le Bon qui dut acquitter la somme de 500 000 livres (sur 4 000 000) [4] quand il fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers (1356) pour lui permettre d’être remplacé par des otages[5].

écu de Louis XII

David II d’Ecosse fut libéré contre, seulement, 67 000 livres.
Lors de cette même bataille de Poitiers, le Prince Noir racheta au nom du roi 14 prisonniers nobles pour 66 000 livres.
En 1415 Charles Ier d'Orléans fait prisonnier à la bataille d’Azincourt, sera libéré en 1440 après le paiement d’une rançon de 220 000 écus.
En 1453, la rançon de lord Moleyn s’éleva à 9 800 livres.

Le Franc à cheval représente le roi Jean le Bon sur un destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant l'épée, avec le terme « Francorum Rex » (Roi des Francs).

Le partage des rançons

La règle du partage des rançons et autre butin voulait que celui qui était pris revienne à celui qui l’avait pris.
Il était cependant courant que le roi prélève de 25 à 33% du gain de ses vassaux, et ceux-ci prélevaient également une part analogue à leurs subordonnés.
En 1412, le duc Charles Ier d'Orléans versa 35 000 livres à Thomas de Lancastre duc de Clarence pour se débarrasser des mercenaires anglais qui ravageaient la région.
La valeur des prises est difficile à estimer, mais on sait que le chevalier John Fastolf gagna 13 400 livres à la seule bataille de Verneuil (1424).

Liens internes

Notes, sources et références

  1. Guerre et société (XIVe-XVIe siècles)
  2. Mémoires du monde volume 6
  3. l'héritage était transféré à l'aîné
  4. Mémoires du monde volume 6
  5. Entre autres : Bonabes IV de Rougé et de Derval, Enguerrand VII de Coucy,


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