Politis

Politis
Politis
Pays Drapeau de France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Généraliste
Prix au numéro 3 €
Diffusion 30 000 ex. (2009)
Fondateur Bernard Langlois
Date de fondation 1988
Éditeur Paris

Propriétaire Politis SAS
Directeur de publication Denis Sieffert
Directeur de la rédaction Denis Sieffert
Rédacteur en chef Denis Sieffert. Adjoints : Thierry Brun ; Christophe Kantcheff ; Michel Soudais
ISSN 1290-5550
Site web politis.fr

Politis est un hebdomadaire français fondé en 1988 par Bernard Langlois et d'autres journalistes parmi lesquels Jean-Paul Besset, Michel Naudy, Rémy Galland. Il traite d'actualité politique et sociale et se revendique de la gauche antilibérale et écologiste[1]. Ce journal est membre fondateur de l'association Attac-France. Par ailleurs, Politis se dit attaché à la « défense des services publics et des biens communs de la société » » et refuse le « marché omnipotent où tout s'achète et tout se vend » ainsi que l'idéologie du choc des civilisations[2].

Sommaire

Historique

En gestation dès le début de l'année 1987, une équipe de journalistes (Raja Nasrallah, Rémy Galland, Jean-Paul Besset, Michel Naudy, etc.) autour de Bernard Langlois fonde Politis, Le Citoyen. Son premier numéro paraît le 21 janvier 1988. Sa « une » proclame « La France manque d'immigrés ». Dans le courant de l'année 1988, d'autres journalistes rejoignent l'équipe, parmi lesquels Fabrice Nicolino, dès janvier, Paul Moreira, Jean-Michel Aphatie, Ahmed Boubaker. A la fin du mois de janvier 2010, Bernard Langlois cesse la parution de son Bloc-notes dans Politis et met un terme à sa collaboration avec l'hebdomadaire dont il fut le fondateur[3].

En novembre 2000, Politis inaugure une nouvelle formule qui sera modifiée légèrement en janvier 2007. Cette dernière subit un changement graphique à partir du numéro du 22 janvier 2009[4].

Depuis 2004, Politis édite deux hors-série par an, consacrés au commerce bio et équitable, à l'économie sociale et solidaire, et à l'écologie et l'environnement[5]. Lors de l'été 2009, Politis passe au papier labellisé PEFC conformément à ses engagements écologiques et environnementaux[6].

En janvier 2006, le nouveau site Internet (V2) du journal voit le jour[7]. La version actuelle (V3), qui héberge sous sa bannière les blogs de la rédaction et ses invités, est apparue en janvier 2007.

Les combats de Politis

Journal d'opinion à l' « engagement humaniste, social et écologiste »[8], Politis a défendu de nombreux combats. En ce sens, l'hebdomadaire lance depuis 2009 des campagnes d'abonnement double engagement afin d'aider des association à mener leur action (Droit au logement en 2009, la Cimade en 2010).

Résolument antistalinien lors de sa fondation, Politis crée dès 1989 l'une des premières rubriques Écologie de la presse française, et développe des thèmes écologiques - déchets, eau, zones humides, forêts - rarement traités ailleurs. Le scandale de la décharge de Montchanin, révélé par l'hebdomadaire en décembre 1989, et repris par la presse nationale et internationale, marque un tournant. Jean-Paul Besset et Fabrice Nicolino sont les deux responsables de cette évolution. Le journal se fait ensuite le porte voix de l'écologie politique. Refusant « l'idée d'une écologie abâtardie »[2], le journal soutient en 1994 le virage à gauche des Verts qui se démarque alors de la logique « ni droite, ni gauche » qui était la sienne lors de sa fondation.

Membre fondateur d'Attac, Politis combat pour une Europe sociale. Le journal fait campagne pour le « Non » lors du référendum de mai 2005 relatif au Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dans la lignée, Politis soutient les initiatives pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale lors de l'élection présidentielle de 2007. Une partie de la rédaction du journal - notamment Bernard Langlois[9] - soutiendra la candidature de José Bové à cette élection présidentielle. Pour les élections européennes de 2009, Politis lance un appel à la constitution de listes unitaires « pour une autre Europe »[10].

Le 15 mai 2008, Politis initie dans ses colonnes un appel pour « l'Alternative à gauche»[11]. Denis Sieffert assume le « rôle particulier » - « qui n'est pas dans [la] vocation première, mais n'est nullement contradictoire avec [le] combat » - de Politis pour cet appel dont l'objectif est la création d'un cadre permanent d'action et de réflexion pour l'ensemble des courants politique de la gauche sociale et écologiste[12].

Politis ouvre ses colonnes à plusieurs sensibilités de la gauche de la gauche : gauche du PS, LCR,Les Verts, PCF, Attac, MRC, le MARS, Les Alternatifs, etc. Les pages « Résistances » du journal se font l'écho des combats de la gauche antilibérale et son site Internet propose un « Agenda militant »[13]. En outre, Politis « rencontre et interroge des chercheurs et des intellectuels souvent boudés par les autres médias »[2]. Ainsi, chaque semaine, la rubrique « À contre-courant » accueille l'une de ces analyses sur l'actualité.

Après l'élection de Nicolas Sarkozy comme Président de la République française en 2007, Politis crée l'observatoire du 6 mai. Regroupant huit personnalités « reconnues pour leur compétence dans leur domaine d’activité et leur engagement citoyen »[14], cet observatoire est conçu comme un « système d’alerte démocratique » face à « toute mesure susceptible de porter atteinte aux libertés ou à la dignité humaine, d’enfreindre l’esprit de justice, d’aggraver les inégalités sociales, ou les déséquilibres environnementaux » que prendrait le nouveau gouvernement au pouvoir[15]. Dans la même logique, Politis lance à la fin septembre 2010 un appel pour un référendum sur la question des retraites afin de « contraindre le président de la République à ouvrir un débat qu'il n'a cessé d'entraver » qui recueille plus de 420 000 signatures[16].

Enfin, le journal organise des colloques comme celui de novembre 2010 sur le thème Science et démocratie avec Geneviève Azam, Benjamin Dessus ou Jacques Testart[17].

Situation financière

Politis, Le Citoyen est né d'un appel public à l'épargne portant sur 6 millions de francs à souscrire par actions nominatives de 500 francs[18]. Les premières difficultés du journal sont dues à sa sous-capitalisation. Dès 1988, c'est la générosité de Pierre Bergé qui lui permet de continuer d'exister[19].

Au début de l'année 1990, un montage financier associant la MACIF, le promoteur Pellerin et l’entreprise Spie Batignolles ne verra finalement pas le jour suite à la publication en juin dans Politis d'un article de Fabrice Nicolino intitulé « Brioude, une bombe au cœur de la ville ? ». Cette enquête dénonçant la manipulation de produits chimiques dans la ville d'Auvergne par un laboratoire de solvants industriels, la Speichim, appartenant à Spie Batignolles, les investisseurs abandonnèrent ce projet[20].

L'hebdomadaire continue à être confronté à une situation financière délicate. Le capital du journal s'ouvre à Thierry Wilhelm (1998) puis au Monde diplomatique (2000)[21]. Ce dernier possède 34% du capital, lui apportant également une aide technique et administrative. Politis est alors édité par SAS Politis, une société par actions simplifiée au capital de 300 000 euros. Ses principaux actionnaires sont l'Association pour la défense de la pluralité de la presse, Doxa SAS et Le Monde diplomatique.

Le 8 août 2006, le journal a été placé en redressement judiciaire. Thierry Wilhelm, l’actionnaire pressenti pour la mise en place du plan de reprise s'étant désisté le 1er octobre 2006, le personnel de Politis lance un appel pour récolter un million d'euros afin de sauver l'hebdomadaire[22]. Denis Sieffert affirme que cette crise est due aux « négligences répétées » en matière de gestion et l' « absentéisme chronique » du directeur général de l'époque, Jean-Pierre Beauvais[21]. En filigrane, cette crise révèle aussi les tensions entre une rédaction soucieuse de son indépendance éditoriale et une équipe dirigeante autour de Beauvais qui prend fait et cause pour le président d'Attac, Jacques Nikonoff[23].

L'association « Pour Politis » s'est créée afin de sauver le journal[24]. L'association compte 1 500 lecteurs adhérents[25]. Elle a permis de recueillir 941 000 € auprès de lecteurs et ainsi de sauver le journal[26]. Le tribunal de commerce de Paris a jugé le 15 novembre 2006 que le plan de reprise déposé par le personnel de l'hebdomadaire était viable[27].

Le journal est désormais édité par la SAS Politis, une société par actions simplifiée au capital de 446 000 euros. Parmi ses actionnaires, on retrouve l'association « Pour Politis » (65% du capital), ainsi que Christophe Kantcheff, Denis Sieffert, Pascal Boniface, Laurent Chemla, Valentin Lacambre et Jean-Louis Gueydon de Dives.

Parution chaque jeudi. En 2011, la diffusion de Politis est de 30.000 exemplaires. Les ventes au numéro sont de 4.000 exemplaires. Le nombre d'abonnés est d'environ 11.000.

Le site Internet de l'hebdomadaire et les blogs génèrent chaque mois 100,000 visiteurs uniques. La version web de Politis compte 150 abonnés. Par ailleurs, chaque abonné « papier » bénéficie, depuis la V2 du site, de l'accès intégral au contenu de Politis.fr, notamment les archives.

Les rubriques de Politis

  • Éditorial

Par Denis Sieffert

  • La semaine

Ensemble de plusieurs pages consacrées à l'actualité. Elles démarrent par une double page de brèves avec le dessin d'Aurel et la photo de la semaine.

  • Nouvelle rubrique Clivage

Deux regards contradictoires sur une actualité qui fait polémique.

  • Le geste utile

Une demi page tenue par les journaliste de la rédaction pour soutenir une démarche respectueuse de l'environnement et du développement durable.

  • Dossier.

Entre 5 et 6 pages sont consacrées au dossier de la semaine (avec analyse, décryptages, entretiens et tribunes).

  • Culture.

Ensemble de 4 pages dédiées (cinéma, littérature, bande dessinée, musique, théâtre, photo) "À flux détendu" Par Christophe Kantcheff

  • Idées

Réflexions autour d'un thème d'actualité ou d'un ouvrage récent. Il y a également la publication de tribunes libres d'acteurs politiques, sociaux ou militants. Politis propose également "L’essai de la semaine"

  • De bonne humeur.

Billet de Sébastien Fontenelle au ton satirique. Le thème est lié à l'actualité de la semaine.

  • Disgression.

Une page confiée à un écrivain, un historien, un scientique, sous forme de journal de bord.

Notes et références.

  1. Denis Sieffert, « Politis : nos projets pour 2007 », Politis, 21 décembre 2006.
  2. a, b et c D’après les thèses de Samuel Huntington, auteur de Le Choc des civilisations. « Qui sommes-nous ? » ; site Web de Politis, le 23 janvier 2007.
  3. Bernard Langlois, "Révérence", p.34-35, Politis, 28 janvier 2010. Il met en avant sa lassitude et son pessimisme envers les combats que soutient Politis (refondation de la gauche de la gauche, combat social et syndical, etc.).
  4. Cette nouvelle maquette du journal a été élaboré par Sophie Guéroult (« Nouvelle formule de Politis », site Internet de Politis, le 15 janvier 2009.
  5. Le hors-série ; site Web de Politis
  6. Patrick Piro, « Notre papier se fait label », Politis, n°1062-1064, 23 juillet 2009.
  7. Xavier Frison, « Politis tisse sa toile », p. 23, Politis, n°986, 24 janvier 2008.
  8. Denis Sieffert, « Avec une certaine constance... », p. 16-17, Politis, n°986, 24 janvier 2008.
  9. Bernard Langlois, « Le brouillard », Politis, 19 avril 2007.
  10. Parmi les premiers signataires : Patrick Braouezec (PCF), Marc Dolez (PG), Christian Picquet (LCR), Michel Onfray, Susan George, ou Robert Guédiguian (« Signez l’Appel pour une autre Europe ! », Politis, 10 décembre 2008)
  11. « L'alternative à gauche : consultez, signez l'appel et débattez ! » ; site Web de Politis, le 15 mai 2008.
  12. Denis Sieffert, « Cap sur le 11 octobre ! », p. 10, Politis, n°1012-1014, 24 juillet 2008.
  13. « L'agenda militant » ; site Web de Politis.
  14. Il s'agit de : Annick Coupé, syndicaliste, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ; Bernard Dréano, président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), Éric Fassin, sociologue, enseignant à l’École normale supérieure ; Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature ; Didier Ménard, président du Syndicat de la médecine générale ; [[Dominique Rousseau (juriste)|]], professeur de droit public à Montpellier-I, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature (2002-2006) ; Pierre Tartakowsky, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, rédacteur en chef de la revue Hommes et Libertés ; Jacques Testart, biologiste, directeur de recherches à l’Inserm.
  15. « Politis crée l'Observatoire du 6 mai » ; site Web de Politis, le 7 mai 2007.
  16. A ce sujet, voir le Site en ligne de l'appel : http://www.referendumretraites.org/
  17. Noëlle Guillon, « L'expert et le citoyen, couple conflictuel », Politis, n°1128, 25 novembre 2010.
  18. « Politis, 1987-2006 » ; site Web du Monde Citoyen, le 17 octobre 2006.
  19. Bernard Langlois, « Raconte, grand-père… », p. 30-31, Politis, n°986, 24 janvier 2008.
  20. « Comment faire pour couler un journal » ; billet publié sur le blog Planète sans Visa, 15 février 2008. Selon Fabrice Nicolino, ce montage financier est dû à l'amitié entre Bernard Langlois et Michel Rocard, alors premier ministre.
  21. a et b Denis Sieffert, « Politis, l'histoire d'une crise », Politis, 23 novembre 2006.
  22. « Sauvons Politis ! » ; Site Web d'Acrimed, 13 octobre 2006
  23. Sébastien Homer, « Politis en dépôt de bilan », l'Humanité, 31 août 2006.
  24. « Un mois, un million d’euros » ; Politis le 5 octobre 2006
  25. Patrick Piro, « Association de bienfaiteurs », p. 28, Politis, n°986, 24 janvier 2008.
  26. « C'EST FAIT ! » ; billet publié sur le site de l'association « Pour Politis » le 15 novembre 2006.
  27. Denis Sieffert, « Politis sauvé », p. 3, Politis, 23 novembre 2006.

Voir aussi

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Politis de Wikipédia en français (auteurs)

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