Louis Eugene Walcott

Louis Eugene Walcott

Louis Farrakhan

Louis Farrakhan

Louis Farrakhan, né Louis Eugene Walcott le 11 mai 1933 dans le Bronx à New York, est le dirigeant de l'organisation politique et religieuse Nation of Islam depuis 1981.

Sommaire

Enfance

Louis Farrakhan a grandi au sein de la communauté antillaise du quartier Roxbury de Boston, dans le Massachusetts. Sa mère a émigré de Saint-Christophe-et-Niévès dans les années 1920 ; son père, d'origine jamaïcaine et chauffeur de taxi à New York ne s'est pas investi dans l'éducation de son fils.

Il reçoit une formation de violoniste. À l'âge de six ans, il possède déjà son premier violon et à l'âge de 13 ans, il joue dans l'orchestre de l'université de Boston et le Boston Civic Symphony. Un an plus tard, il remporte des concours nationaux, ainsi qu'un concours télévisé de l'époque, Original Amateur Hour présenté par l'animateur américain Ted Mack, une émission précurseur des futurs American Idol aux États-Unis ou À la recherche de la nouvelle star en France. Il est d'ailleurs l'un des premiers Noirs à apparaître dans cette émission très populaire.

À Boston, Louis Farrakhan passe sa scolarité dans les prestigieuses Boston Latin School et English High School, dont il sera diplômé[1]. Il poursuivra durant deux ans ses études à l'université, mais abandonnera pour poursuivre une carrière d'artiste.

Conversion

Dans les années 1950, il enregistre plusieurs albums de calypso sous le nom de The Charmer. C'est en 1955, alors qu'il donne un spectacle intitulé Calypso Follies à Chicago, qu'il prend ses premiers contacts avec la Nation of Islam, une organisation religieuse et nationaliste noire américaine.

Il se convertit en 1955[2], alors qu'il est âgé de 22 ans, sous l'influence de Malcolm X, et prend le nom de Louis X (le « X » signifiant que le nom originel - africain - du nouveau converti est inconnu à cause de l'esclavage). Après l'édiction par Elijah Muhammad, chef de la la N.O.I., d'une règle interdisant la musique, il abandonne celle-ci[2]. Elijah Muhammad lui donne alors son nom de Louis Farrakhan.

En 1964, Malcolm X se convertit à l'islam sunnite, et quitta Nation of Islam. Farrakhan se livre alors à de violentes attaques contre lui au nom de l'organisation. La tension entre Malik El-Shabazz (nouveau nom de Malcolm X) et Nation of Islam ne cessa de croître. Le 14 février 1965, sa maison fut incendiée, et il fut assassiné de quinze balles le 21 février 1965. Deux mois auparavant, Louis Farrakhan avait écrit « un tel homme mérite la mort[3] » ( « such a man is worthy of death » ) .

Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. L’organisation elle-même niera toute participation à l’assassinat. « Betty Shabazz, l'épouse de Malcolm X, a publiquement accusé Farrakhan d'un rôle dans le meurtre[3]  ». Celui-ci a admis au début 2007 « j'ai pu être complice en mots », tout en niant une implication directe de l'organisation[3].

Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet d’assassinat et l’ait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la N.O.I.[4].

Scission

Après la mort d'Elijah Muhammad en 1975, la N.O.I. prend un virage religieux important en se rapprochant du sunnisme et en abandonnant son nom historique. En 1978, un groupe de membres de la Nation de l'Islam, dirigé par Louis Farrakhan, décide de se réorganiser autour des enseignements de Elijah Muhammad. En 1981, Louis Farrakhan proclame officiellement la restauration de la Nation de l'Islam, et la fidélité aux dogmes de Elijah Muhammad. La « nouvelle » N.O.I. s'affirme comme la légitime continuatrice de l'organisation créé par Elijah Muhammad, tant sur le plan religieux que sur le plan du nationalisme afro-américain.

Chef de la nouvelle N.O.I., « l'honorable Louis Farrakhan » développe celle-ci.

Louis Farrakhan a prêté une attention particulière à l'Afrique, et y a effectué plusieurs voyages[5]. En 1986, par exemple, Farrakhan organise un voyage de cinq jours au Nigéria[6], provoquant certaines réactions négatives dans le pays[7].

En mai 1993, Farrakhan se rend à Libreville, au Gabon, pour participer au second sommet africain - afro-américain. En octobre 1994, Farrakhan emmena 2 000 Afro-américains vers Accra, au Ghana, pour le premier international Saviour's Day de Nation of Islam, journée internationale du sauveur - la fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad. Le président ghanéen Jerry Rawlings ouvrit et clôtura officiellement cette convention de cinq jours[2].

Parmi de nombreux autres déplacements, on peut aussi citer la participation du dirigeant de la N.O.I. (dans l'assistance) à la cérémonie inaugurale de l'Union africaine de 2002. Le journal de la N.O.I. a mis en valeur ses rencontres avec « le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan ; le vice-président du Libéria ; Amara Essy, Secrétaire général de l'Union africaine ; et le Secrétaire général de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest[8] ».

En 1996, Farrakhan s'est rendu en Libye, à l'époque sous sanction des Nations unies, pour recevoir le Prix Kadhafi des droits de l'homme, assorti d'une somme de 250 000 dollars[9]. Depuis, il a été souvent reproché à la Nation de l'Islam d'être financée par la Libye.[réf. nécessaire]

Ces voyages renforcent la visibilité médiatique de la N.O.I., et réaffirment les liens entre l'Afrique et « les fils et les filles de l'Afrique aux États-Unis d'Amérique, dans les Caraïbes, en Amérique Centrale et du Sud, ainsi qu'au Canada[8] ». Ils entretiennent également certaines polémiques aux États-Unis, autour des liens de l'organisation avec des régimes ou des organisations considérés comme hostiles aux États-Unis, ainsi qu'autour des sources de financement de l'organisation.

Polémiques

  • Les détracteurs de Louis Farrakhan l'accusent régulièrement de racisme, d'antisémitisme, d'homophobie. S'en prenant aux producteurs d'Hollywood.
  • Dans la campagne présidentielle américaine, Louis Farrakhan a apporté son soutien à Barak Obama, soutien que celui-ci a rejeté mais qui a été maintenu par Louis Farrakhan.

Liens

Notes et références

  1. John B. Judis, Maximum Leader, The New York Times, 18 août 1996, consulté le 19 mai 2006
  2. a , b  et c Bio Sketch of the Honorable Minister Louis Farrakhan.
  3. a , b  et c Voir, sur le site de CBS, le compte rendu de son émission « 60 Minutes » de janvier 2007, au cours de laquelle Farrakhan a admis pour s'en excuser : « ce que j'ai dit a causé la perte de la vie d'un être humain »
  4. An historical look at the honorable Elijah Muhammad.
  5. Voir plusieurs exemples de ces voyages sur le site de la N.O.I. : [1].
  6. D'après une dépêche de l'agence Associated Press du 9 février 1986, reproduite dans The New York Times [2].
  7. D'après une dépêche de l'agence Reuter du 10 février 1986, reproduite dans The New York Times [3].
  8. a  et b Askia Muhammad, « Birth of the African Union », Finall Call (hebdomadaire de la NoI), 17 Juillet 2002.
  9. D'après The New York Times du 30 août 1996 [4].
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